Jusqu'au 31 août, l'office de tourisme du Grand Roanne propose de découvrir les secrets du centre ancien de la cité. Au programme de cette visite guidée (compter une bonne heure, voire plus): les fours de potiers gallo-romains du IIème siècle, les baptistères, le château et son donjon.

Inscription préalable conseillée, nombre de places limité. Chaque vendredi à 10h30.

8, Place du Maréchal de Lattre de Tassigny
Tél : 04 77 71 51 77

(article publié en août 2011) En revanche, l'église Saint-Etienne, qui a subi des dégradations, indique notre guide, n'est plus au programme. Elle contient, entre autres, plusieurs vitraux intéressants, dont un du XVIe siècle, Le martyre de saint Sébastien, et d'autres, plus proches de nous, réalisés par Hanssen, ainsi qu'un monument du sculpteur Belloni en mémoire du passage du curé d'Ars en 1810.

La visite débute sous terre, à deux pas de l'église, là même - c'est à dire en périphérie des habitations de l'antique Rodumna - où dans la première moitié des années 1960 des fours de potiers gallo-romains ont été mis à jour. Quatre sont conservés in situ - ce qui constitue une rareté - dont un entièrement. Ils produisaient de la poterie utilitaire, de la vaisselle, cruches, etc., dont le célèbre "bol de type Roanne", en céramique peinte.


Les fouilles ont aussi révélé une cinquantaine de sépultures du haut Moyen-Age. Une nécropole existait ici, sur la butte du château. A côté des fours est conservé un demi sarcophage en pierre qui porte une inscription. A-t-il été taillé dans la pierre à Roanne même ? En surface, devant la serrurerie, un pavement matérialise sur le sol les restes d'un bâtiment, découverts lors de fouilles réalisées en 2004/2005. Il s'agit d'un baptistère du haut Moyen-Age, dans lequel on pratiquait le baptême par immersion dans un bassin. Ce qui pose question car Roanne n'avait pas l'importance religieuse qui s'attache généralement à ce type d'édifice. De nombreuses autres tombes ont aussi été mises à jour.

Dernière étape de la balade, le château et son donjon carré, ouvert à la visite uniquement en été. D'une hauteur de vingt mètres, surmonté d'une "guette" restaurée en 2009, il a été terminé en 1225. Mais il existait sans doute un premier château qui n'a pas laissé de traces. Que de mystères décidément. 


Il doit à sa salle héraldique d'être inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Sur la voûte sont peints 113 blasons, tous différents, et sur les murs des décors néo-gothiques en trompe l'oeil. On reconnaît les armes de Couzan, de Rochebaron, des Levis, le gonfanon d'Auvergne,... On songe à la salle de la Diana, à Montbrison, le kitsch en plus et l'âge en moins. C'est un des propriétaires du château, le fantasque chevalier Jean-Etienne de Saint-Thomas, qui l'a fait réaliser au XIXe siècle. Lequel a fait partie de la société d'archéologie, fondée par le duc de Persigny, natif de Saint-Germain Lespinasse.

Le château de 800 mètres carrés, une bonne part en mauvais état, acheté par la Ville en 1997 accueille, dans sa partie basse, la Maison du tourisme. Des prisonniers y étaient autrefois détenus. Ils ont laissé un souvenir étonnant, conservé dans les anciens cachots, aujourd'hui... les toilettes pour hommes de l'office de tourisme. Au premier étage du corps de logis, affublée par Saint-Thomas d'une façade de style Renaissance, se trouve une autre curiosité. Un portrait d'une servante au faciès d'homme, les pieds dans d'aristocratiques chaussures. Il s'agirait d'un pastiche, Saint-Thomas se moquant ici de Louis XVIII.

Visage de femme dessiné par un prisonnier

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