Une nouvelle exposition est proposée jusqu'au 31 janvier aux Archives départementales de la Loire, en attendant celle consacrée au marquis de Rostaing . Réalisée par l'Office National des Anciens Combattants en collaboration avec l'association des Anciens Combattants et Prisonniers de Guerre - Combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc et l'association des anciens de Rawa-Ruska (un camp disciplinaire tristement célèbre), elle aborde toutes les phases successives de la captivité des soldats français en Allemagne, de la débâcle de mai-juin 40 jusqu'au retour, dans la plupart des cas cinq ans plus tard. 

Les différents épisodes de l'internement sont présentés : le frontstalag, le transfert en Allemagne, le stalag ou l'oflag pour les officiers, les colis et la correspondance, la situation des familles dans la Loire (13500 Ligériens furent faits prisonniers), les premiers rapatriements et la relève, les évasions réussies ou manquées, les représailles qui en découlent, la résistance des prisonniers et enfin les conditions du retour et les retrouvailles avec les proches.

Est évoquée notamment l'entraide, née en 1942, avec la création du « foyer de l'Absent » à Sorbiers où les enfants de prisonniers étaient accueillis. Elle met aussi l'accent sur certains parcours individuels de prisonniers du département dont celui, très aventureux, d'Aldo Formento. Ce Stéphanois natif de Turin, plusieurs fois décoré, rejoignit Londres pour poursuivre le combat. En Libye, il participa à la célèbre bataille de Bir-Hakeim, contre les Italiens et l'Afrika Korps. Blessé, prisonnier des Italiens, le bateau qui le transférait en Europe fut torpillé. Il se retrouva en Grèce pour un certain temps avant d'être interné à Bergame. Il s'évade en octobre 43, gagne la Suisse d'où il rejoindra à nouveau l'Angleterre.

Le cas de Pierre Rondel, de Saint-Georges-en-Couzan, rappelle aussi la violence des combats de mai-juin 40. Il reçut lors de sa captivité la Croix de Guerre pour avoir défendu "avec un courage magnifique" la lisière sud d'une ville des Ardennes. Combat au cours duquel il fut blessé. Parmi les objets exposés, il y a le meuble à double fond, assez célèbre, confectionné par Mme Mougeot - le magasin existe toujours à Saint-Etienne - destiné à acheminer dans les Vosges des papiers et imprimés nécessaires à l'évasion des prisonniers. A lire aussi une lettre poignante d'une dame Verchey de Palogneux. Cette veuve, le 28 juin 45, demandait désespérément des nouvelles de son fils soutien de famille, interné à Odessa.

Rue Barrouin, Saint-Etienne. Entrée gratuite.

> Lire aussi "La Kartoffe, journal clandestin du stalag III A"

Aldo Formento



Tags: Rawa-Ruska  prisonnier  

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