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C'était Mardi-Gras le 5 février et carnaval à Saint-Etienne.
Quelques centaines de petits et grands, selon les organisateurs, des
milliers selon Spiderman (pour plagier l'édition locale de France 3)
ont suivi dans le centre-ville les déambulations des farfadets, knofils
et autres échoués. Les repris de justesse ont assuré l'ambiance
musicale.
Pas de boeuf gras, ni les commis bouchers d'antan, mais un grand coq gaulois, borné et orgueilleux comme il se doit, monté par un Jules sans peur et tout enclin - carimentran ! - à lutiner des filles qui ont déjà le leur.
Pas de "menée sur l'âne" non plus, d'époux infidèles ou battus, mais une grande limace emmenée par un couple de gais lurons. Ce n'est pas que vient le jour des " Brandons" et le "mai" des jeunes mariés à côté du fouga. Et puis c'est cendres demain, Carême ! Non, à tout ça pas le temps de penser; ils sont polissons, vivants s'entend, et ils s'aiment.
Après cette envolée poétique (d'autruche ? Dieu que vous êtes durs !) qui dénature un peu, je le concède, l'objet même de cette sympathique manifestation destinée aux garagnats, une petite explication de texte.
Dans le Forez, comme ailleurs, le carnaval portait le nom de "carimentran", c'est à dire le "Bonhomme hiver". A Mardi gras, bugnes et beignets étaient engloutis et les curés et les vieilles filles étaient la cible des railleries (rite génésique). Soit le Mardi-Gras, soit le jour des "Brandons" (le premier dimanche suivant), des "fougas", "brandes", "rallé" ou "caramentrans", de grands feux de bois, étaient allumés. Sont encore allumés d'ailleurs puisque dans certains villages et familles paysannes de la plaine et des montagnes, la pratique s'est perpétuée.
Est-ce encore le cas de "l'arbre de mariage" ? La coutume consistait dans le Roannais à planter un sapin ébranché près de la demeure des couples mariés dans l'année, lequel "mai" était décoré de biberons et petits sabots. En d'autres lieux du département, le "mai" était planté dans le fouga autour duquel les participants dansaient. Les cendres étaient ensuite conservées pour protéger les troupeaux.

Feu de carnaval à Saint-Etienne près de la Grand' Eglise
fusain de Pierre Chapelon (XIXe)
Mais revenons à la couleur:
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Écrit par FI
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