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Divers collectifs en France se sont alliés pour lancer jusqu'au 12 avril une campagne nationale contre la biométrie. A S1T, deux séries de chiffres sont à inscrire au stylo au creux de vos petites mains: 27 O3 2OO8/31 O3 2OO8.
Le 27 mars, à 20h, le cinéma Le France vous propose un documentaire, Le temps des biomaîtres, de Pierre Druon, et le film Bienvenue à Gattaca. PAF: 5 euros, avec pot et table de presse.
Le 31 mars, à 20h, rendez-vous au Remue-méninges, rue Désiré Claude pour une
discussion-projection autour de la biométrie. L'entrée est libre mais
il convient de s'acquitter d'une cotisation annuelle de 2 euros.
>> " La biométrie consiste à utiliser la mesure de parties du
corps (iris de l’œil, empreintes digitales, contour de la main, du
visage.. ) ou de comportements (démarche, manière de signer...) pour
reconnaître une personne. Ces parties du corps, réputées uniques pour
chaque individu, sont numérisées, puis enregistrées dans des bases de
données, etréactivées à chaque fois qu’il faut s’identifier. Depuis la
fin des années 90, sous la pression de lobbys industriels et étatiques,
les outils de reconnaissance biométrique, souvent des bornes, se
généralisent et remplacent les clés, les cartes ou tout simplement la
reconnaissance en face-à-face.
Les dispositifs biométriques ont d’abord été installés dans des zones
dites « sensibles » (prisons, aéroports…). Depuis quelques années,
dirigeants et industriels ne reculent devant rien pour en généraliser
l’usage à toutes sortes d’activités quotidiennes. En 2004, le
groupement des industriels de micro-électronique (Gixel) publiaient un
Livre Bleu de préconisations au gouvernement, lui conseillant de
conditionner les plus jeunes pour faire accepter la biométrie à une
population récalcitrante. Ils y prescrivaient une « éducation dès
l’école maternelle », c’est-à-dire l’implantation massive de bornes
biométriques dans les établissements scolaires. Dès 2005, cette
propagande s’est rapidement matérialisée sous forme de systèmes d’accès
des élèves à la cantine et aux entrées. On compterait aujourd’hui 350
établissements scolaires biométriques, contre seulement une vingtaine
en 2005. C’est donc une grande partie de la jeunesse qui, tous les
jours, est priée de trouver normal d’être gérée en silence par le biais
de son anatomie, avec la complicité de prétendus éducateurs.
Le monde de la biométrie est le même que celui du prélèvement massif
d’ADN, de la vidéo-surveilllance et de la pose de bracelets
électroniques sur les nourrissons. C’est un monde où l’on juge que
gérer des corps est finalement plus efficace et rentable que dialoguer
avec des personnes. Derrière la machine, un pouvoir arbitraire et
omniprésent alimente, peut-être plus encore que par le passé,
frustration, impuissance et paranoïa. Grâce à ces technologies, les
dirigeants constituent des fichiers et organisent une surveillance en
temps réel dont auraient rêvé les dirigeants soviétiques. De leur côté,
les industriels se réjouissent d’étendre encore leur conquête des
activités humaines, en les conformant à leurs innovations
technologiques. Tantôt en agitant la peur des terroristes, tantôt pour
nous « simplifier la vie », les bureaucraties, petites et grandes,
étatiques ou marchandes, ne cessent de soumettre les espaces de la vie
commune à leurs propres critères : rien ne doit entraver le flux de
l’économie ; rien ni personne ne doit se déplacer incognito."
Source: panoptique.boum
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