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Jean Rouppert à l'honneur dans 4 musées Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
rouppertmsc.jpgToute sa vie, Jean Rouppert a sculpté, peint et dessiné. Son oeuvre est à découvrir dans quatre musées foréziens.



Jean Rouppert est né en Lorraine à la fin du XIXe siècle. Venu du monde ouvrier et citadin, l'autodidacte (décédé à l'âge de 92 ans dans notre département, à Bussières) était toutefois très proche de la nature et il connaissait bien la campagne. Cette facette de son oeuvre est à découvrir à l’Ecomusée des monts du Forez (Usson-en-Forez) où sont présentées quelques «Scènes paysannes».

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Le Musée d’Allard (Montbrison) présente les «Etudes naturalistes» de l'artiste, en particulier l’aspect animalier de son oeuvre. Peintures, dessins au crayon et sculptures en bois nous montrent un bestaire bien connu (canards sauvages, chouettes, écureuils...) ou plus exotique (tigres, bisons, hippocampe...).  Elles sont parfois tristes, grinçantes, comiques ou cyniques les oeuvres de Rouppert. "Chasse à courre", par exemple (1931), où c'est le chasseur qui déguerpit, poursuivi par un sanglier. "Le petit poucet", à l'encre de Chine, prend la forme d'un petit oiseau et même le loup qui l'attend au tournant est attendri. Comme s'il regrettait sa nature. Rien à voir avec cet autre loup, dans "Lutte des classes ou le bénéfice de la domestication" (1930), et le regard cruel qu'il porte sur le lièvre qu'il domine. Il y a encore de drôle de créatures, comme ce crapeau monté sur des pattes d'autruche ("Fantastique III") et ce Merlin inquiétant, bien loin du mage majestueux et romantique. Plutôt un avorton humanoide ou la bestialité est encore à l'oeuvre. La satire enfin avec de belles caricatures. L'Autruche a l'air d'une dinde et le pachyderme, cigare en bouche, porte la trompe à son front. Comme s'il faiblissait sous le poids des responsabilités. Le cheval est bonnard, en chemisette, toutes dents dehors et la "chienne" (1954) est vénale...

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Pour «visages et expressions», le musée des Civilisations (Saint-Just-Saint-Rambert) expose les dessins réalisés lors de son séjour militaire au Sénégal (1908-1910). L'artiste était également talentueux dans l’expression humaine et la caricature. Ainsi, sont exposés de très nombreux portraits, toujours d’une précision et d’une expression étonnantes.

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Les émigrants (1930)

C’est enfin son oeuvre liée à la guerre de 1914-1918 qui est abordée au musée d’histoire du 20e siècle (Estivareilles). Mobilisé en juillet 1914, malgré la dureté vécue sur le front (il sera blessé et hospitalisé à plusieurs reprises) Jean Rouppert essaie de maintenir une activité artistique. Une lettre du 1er janvier 1915 dévoile : « Sais-tu à quoi j’occupe mes loisirs présentement ? J’ai pris un morceau de noyer dans un bois de lit, détruit par les obus et je te sculpte une petite statuette, une dame, avec un bourrichon et un grand manteau moderne avec d’affreuses emmanchures à la mode… ».

D’autres statuettes ont été exécutées avec un couteau de poche et des épingles ordinaires à partir du bois de chêne provenant des charpentes des maisons bombardées. Un service à thé est embouti dans du cuivre jaune pris dans des douilles, de vieux clairons et décoré de guirlandes de fruits et feuilles en cuivre rouge. Comme objets significatifs, on retrouve aussi un obus de 58 cm en laiton, décoré de libellules et de cornouillers ou un coffret en noyer, orné d’un dragon menaçant. Ces dernières œuvres sont marquées par le style Art Nouveau de l’École de Nancy.

Sur le front, dans son gourbi ou à l’arrière, il fait des croquis et des dessins de ses camarades au crayon et parfois à l’encre de Chine.

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Fusillé pour l’exemple ou "Les Martyrs de Vingré".
20 août 1918, plume, encre de Chine, 37cm x 29 cm

Légende de Jean Rouppert sur le dessin :
"La guerre est faite de toutes les faiblesses et n’en admet aucune".

Puis, entre 1919 et 1924, notamment à partir de croquis du front, il dessine de nombreuses caricatures signifiant une critique de la guerre. Plus que les scènes de combat, il exprime d’une manière réflexive, par des thèmes forts et symboliques, l’atrocité de la guerre (la condition dans les tranchées, à l’hôpital), la bêtise humaine (se tuer réciproquement), les phantasmes des poilus sur ce qui se passe à l’arrière (les civils, la légèreté, les femmes, la mode, l’amusement), les intérêts inavoués des uns et des autres et des éléments contextuels de cette période de guerre, c’est à dire : le commerce de l’armement, le progrès, la presse, les dirigeants, Dieu, les religieux, puis, l’après-guerre : la gloire, les bénéficiaires, les ruines, les infirmités, la paix, la justice, la famille, la reconstruction.
 
Ces dessins sont rassemblés en deux albums : « La Hache et le Calumet », et « Au Temps des Vieilles Noix ». Au bas de chaque dessin figure un commentaire bref et interpellant. Nous aimons retrouver chez Jean Rouppert autant un trait personnel qu’une reprise de la tradition des dessinateurs tels Albrecht Dürer, Jacques Callot, Victor Hugo ou Honoré Daumier. Les dessins de Jean Rouppert sont une preuve de son talent de dessinateur critique, d’illustrateur et de caricaturiste. Ils représentent une des caractéristiques de son œuvre artistique.

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Jusqu'en décembre 2008

Contacts:

Musée d'Allard
04.77.96.39.15

Musée des Civilisations
04.77.52.03.11

Ecomusée des monts du Forez
04.77.50.67.97

Musée d’histoire du 20e siècle
Résistance et Déportation
04.77.50.29.20

Écrit par FI