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Joseph Lamberton Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

A l’Hôtel de Ville de Saint-Etienne, ce n’est pas seulement sous le regard de Marianne que les couples écoutent l’adjoint au maire déclamer « conformément à la loi, les articles 212, 213, 214 et 215 du Code civil ». C’est aussi sous celui de Joseph Lamberton… 

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Lamberton et son Quasimodo
Cette sculpture ornait le fronton d'un immeuble de la place Jean Jaurès mais il fut enlevé car il effrayait les clientes d'un gynécologue qui craignaient de faire des fausses couches.
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Cette figure étonnante et puissante de l’art stéphanois, née il y aura bientôt 140 ans, est évoquée en détail dans le dernier bulletin des Amis du Vieux Saint-Etienne. Après l’hommage rendu l’an dernier à Bobichon, ils ont publié le résultat des vingt années de recherches de Philippe Tillon. Dentiste montbrisonnais « mordu de peinture », Philippe Tillon est depuis son jeune âge un familier de l’œuvre de Lamberton. C’est grâce à lui que le Musée d’Allard a consacré une grande exposition à l’artiste en 1988-1989 (95 toiles réunies !) et que la Salle des Mariages de l’Hôtel de Ville de Saint-Etienne (décorée de scènes symbolistes et d’un autoportrait) a été rénovée.
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L'étonnant dragon à corps d'homme du 6 avenue de la Libération

On retrouve encore le Montbrisonnais dans la dernière réalisation d'André Picon et de Jean-Claude Monneret. Pétri d'un flegme qu'on dit en France l'apanage des seuls vieux sages, le chantre des Films du Hibou est aussi un passionné. A son actif, plus d'une centaine de films dont un certain nombre s'attachent à exhumer de l'oubli ou de l'indifférence des figures du patrimoine et de l'histoire locale. Jean-Claude Monneret pour sa part, ex professeur d'Université connait bien l'artiste notamment pour avoir épousé sa petite-nièce et lui avoir consacré des recherches.

Joseph-Louis Lamberton, peintre et sculpteur 1867-1943 (60 minutes) nous invite à reconsidérer l'artiste et dévoile son empreinte dans le paysage stéphanois. Une empreinte qui dépasse de loin la seule petite Muse de Massenet. Et si Saint-Etienne est une Ville d'Art et d'Histoire, nous dit le film en substance, c'est en partie grâce à Lamberton. On considèrera pourtant, devant son visage écrabouillé(1), dans la grand'rue, que la ville se montre bien ingrate. Ce qui n'a pas empêché son Service culture d'apporter son soutien à la réalisation. Il est des contradictions étonnantes.

L'artiste et son épouse Adrienne, elle-même artiste de talent qui joua un grand rôle dans sa vie.

De notre Vinci stéphanois, « artiste protée - sculpteur, peintre, modeleur, dessinateur, afficheur, ouvreur de plomb -»(2) , le grand public connaît surtout la Muse de Massenet, à Saint-Etienne, et la statue de Michel Rondet à la Ricamarie. Mais biens d’autres œuvres dans la Loire portent sa signature. Citons notamment, pour n’évoquer que celles, de toutes natures qui sont accessibles au public : le Monument du Souvenir Français au cimetière du Crêt-de-Roch (Saint-Etienne, 1910), les Monuments aux morts de la Collégiale de Montbrison et de l’église Saint-Louis (Saint-Etienne), la Cène de l’église de La Fouillouse (1941), les Atlantes du 34, rue du 11 Novembre (Saint-Etienne), la plaque commémorative en bronze, sur la maison natale du compositeur Jules Massenet (Saint-Etienne - La Terrasse)… Rare exemple d’un artiste, qui devint prophète en son pays d’origine. A l'instar de son "pays" Beauverie, sans doute aurait-il bénéficié d’une renommée bien plus grande s’il était resté à Paris après avoir suivi les cours de Falguière. Tant pis pour lui. Mais c’est tant mieux pour nous !
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N° 8, avenue de la Libération (anciennement du Président Faure), un des « deux chats jouant avec une pelote de laine » que l’on doit pouvoir attribuer aussi à Lamberton. 21, rue Henri Barbusse, siège de l’entreprise Zavattero, spécialisée dans la fabrication des armes de luxe. Le modèle est un ancien contremaître, Etienne Durand. L’œuvre a été réalisée entre 1914 et 1920.
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Riches d’anecdotes (Lamberton est célèbre aussi pour ses facéties; n'a-til pas supprimé en 1909 l'escalier menant à son atelier qu'il remplaça par une corde pour ne plus être dérangé ?), la lecture de ce numéro des AMVSE et le film d'André Picon sont particulièrement recommandés à tous ceux qui s’intéressent au patrimoine stéphanois.
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1- Il s'agit d'un des quatres Atlantes. Le sculpteur s'est représenté en victime et le commanditaire prend les traits d'un bourreau !
2- Le Mémorial, 15 décembre 1904, à propos de l’Exposition des Beaux-arts et Arts décoratifs à l’Hôtel de Ville de Saint-Etienne.
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Détail de la Cène, La Fouillouse
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Écrit par Hervé