Portail régional Saint-Etienne Forez depuis 1999
Casino
Accueil

Météo

Saint-Etienne, France
C
+ de détails
+ prévisions à 10 jours

Forums

Le Brahmane du Komintern Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Le Cinéma Le France vous convie le lundi 3 décembre (20h30) à une soirée-débat en compagnie du cinéaste Vladimir Leon. Vous avez rendez-vous avec un fantôme.

Vladimir Leon a raconté qu’il n’avait jamais entendu parler de lui jusqu’au jour où un historien de Calcutta lui montra une photo de l’ouverture du 2e congrès de l’Internationale communiste de Saint-Pétersbourg, en 1920. Sur la photo, un basané à moustache, bien mis au milieu de quelques pères de la Révolution soviétique, pour la plupart promis aux balles d'Oncle Jo, les Lénine, Gorki, Boukharine et autres Zinoviev.

Le basané s'appelait Manabendra Nath Roy.  «J’ai immédiatement fait une recherche sur Internet, a écrit Leon
,  et les informations qu’il était possible de trouver étaient étranges parce que très ténues tout en concernant toujours des événements historiques considérables. J’étais intrigué par ce déséquilibre entre le fracas de la grande histoire et l’effacement de cet homme dont on peine à savoir s’il a occupé une place importante ou marginale.»

brahmadx.jpg


Que son rôle dans la marche de l'histoire fut important ou négligeable au fond importe peu. Au terme de trois années d'enquête et de montage, le film,  évanescent comme son sujet, nous montre que le destin de l'homme fut exceptionnel. Révolutionnaire nationaliste à 14 ans dans les Indes britanniques, étudiant anarcho-syndicaliste aux Etats-Unis, dirigeant du Komintern dans les premières années de la Russie soviétique, envoyé spécial de la Révolution en Chine, antistalinien puis antinazi en Allemagne, fondateur d'un parti communiste mexicain... Manabendra Nath Roy, au siècle des grandes espérances, a traversé comme une étoile filante tous les grands projets de libération. Tous perdus ou vendus. "Je ressens que, dans la vie de Roy, les mondes n’ont cessé de disparaître..." dit 
dans le film une historienne canadienne.

On a pu dire de quelques perdants magnifiques que leurs défaites n'avaient rien montré, sinon qu'ils étaient peu nombreux. Etait-il trop seul
le Brahmane du Komintern
?

brahma.jpg
Cinéma Le France
Saint-Etienne
Rue de la Valse



Écrit par Hervé