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Le bonheur des bergers de l'Astrée est dans le DVD Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
celadonmscLes Amours d'Astrée et de Céladon, le dernier film d'Eric Rohmer, adapté du roman d'Honoré d'Urfé, est sorti sur les écrans le 5 septembre 2007. On se souviendra que certains propos du réalisateur au début du film avaient conduit le Conseil général a engagé une action en justice. En vain. Aujourd'hui, on peut retrouver à la maison les amours bucoliques de nos bergers expatriés.
 
Caractéristiques:

Version : 1 DVD 9/Zone 2
Format vidéo : 4/3
Format image : 1.33 (couleurs)
Format audio : Français (Dolby digital 3.0)
Sous-titres : Aucun

Bonus :
- Bande annonce
- Entretien avec Eric Rohmer sur France Culture

France Télévision éditions 2008 /  21.99   €
Durée film 109 mn.
Classification : Tous publics

Depuis 1950, l'oeuvre de Rohmer (87 ans) se singularise par une fidélité tenace à un style oscillant entre légèreté et sophistication. La mise en scène est épurée et la parole ou verbiage (Rohmer a été professeur de lettres) y joue un rôle important. Mais les images et les évènements viennent contester la suprématie du discours et le montage met en concurrence les corps et les mots. L'exploration des mécanismes des sentiments amoureux et des jeux de séductions (les jeux de l'amour et du hasard comme l'écrivait Marivaux) est son sujet de prédilection. Dans ses films, Eros a été traité de nombreuses manières, avec austérité ou légèreté, par le biais de l'érotisme et le vaudeville.
 
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Le roman pastoral d'Urfé (XVIIe siècle) est la quatrième oeuvre littéraire que Rohmer porte à l'écran après Perceval le Gallois, La Marquise d’O et L’Anglaise et le Duc. L'idée d'adapter au cinéma cette oeuvre monumentale avait été proposée par le réalisateur Pierre Zucca, décédé en 1995. Jugé trop coûteux, le projet a été abandonné avant que Rohmer ne reprenne l'idée, mais en centrant le film sur les amours des deux personnages principaux et en retranchant tout le reste.

L'avertissement au début du film qui fit couler tant d'encre dans le Lignon:
«Malheureusement, nous n'avons pas pu situer cette histoire dans la région où l'avait placé l'auteur, la plaine du Forez étant maintenant défigurée par l'urbanisation, l'élargissement des routes, le rétrécissement des rivières, la plantation de résineux. Nous avons dû choisir ailleurs en France, comme cadre de cette histoire, des paysages ayant conservé l'essentiel de leur poésie sauvage et de leur charme bucolique.»  > Lire l'article

Alors voici dans une contrée merveilleuse (le Forez), au temps des druides, le berger Céladon et la bergère Astrée qui s'aiment d'amour pur. Astrée est-elle promise à Céladon ? Trompée par un prétendant, la belle congédie son amour (l'est-il ?) qui, de désespoir, se jette dans une rivière (le Lignon)... Malheureusement, le film n'a pas été tourné dans le Forez,"trop peuplé et trop abîmé par l’industrialisation " dit le réalisateur, mais en Auvergne et c'est la Sioule qui tient le rôle de la rivière forézienne. Mais revenons à nos bergers. Astrée croit Céladon mort mais il est secrètement sauvé par des nymphes. Fidèle à sa promesse de ne pas réapparaître aux yeux de sa belle, Céladon devra surmonter les épreuver pour briser la malédiction. Fou de désespoir, convoité par les nymphes, entouré de rivaux, contraint de se déguiser en femme pour côtoyer Astrée, saura-t-il se faire reconnaître sans briser son serment ?
 
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Avec Andy Gillet (Céladon), Stéphanie de Crayencour (Astrée), Cécile Cassel (Léonide), Véronique Raymond (Galathée), Rosette (Silvie)... 1h 47

Eric Rohmer a prit le parti de conserver les anachronismes de l'oeuvre et s'est  inspiré des gravures de l’époque, en particulier celles de Michel Lasne, pour habiller les personnages. Pour aider à la bonne compréhension du grand discours syncrétique du Druide Adamas, qui mêle Christianisme et mythologies antiques, il a eu l’idée de recourir à des statues. Concernant l'érotisme du film, il écrit:  "  Quand Honoré d’Urfé écrit que l’une de ses héroïnes dévoile un sein, je le suis à la lettre, sans en rajouter. Mais la nudité n’est pas proscrite chez Honoré d’Urfé, pas plus qu’elle ne l’était dans la peinture du temps. Je n’avais donc aucune raison de la proscrire.Le texte est d’un érotisme délicat et subtil, et il fallait le représenter avec la même légèreté. Et je me suis aperçu que je pouvais montrer au cinéma des choses qui deviendraient peut-être vulgaires, voire graveleuses, si on les racontait avec des mots d’aujourd’hui. La montée du désir, par exemple. Mais « L’Astrée » n’est pas un texte libertin. Ni un texte pervers."
 
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Critique du film de Julie de la Patellière, relevé sur Evene.fr

" D’abord il faut accepter. Les bergers gaulois qui gambadent dans la campagne vert (Céladon). Les nymphes aux robes antiques qui dévoilent leurs seins. Les cours d’eau, les flûtes, les temples bucoliques. Accepter que des druides s’expriment comme la Princesse de Clèves, et on s’aperçoit alors que ce n’est pas Rohmer qui adapte Honoré d’Urfé mais Honoré d’Urfé qui s’adapte à Rohmer. Mêmes marivaudages que dans les ‘Contes d’été’, de printemps, d’automne et d’hiver, mêmes discussions existentielles mêlées de jeux d’amour et de hasard, mêmes poursuites sentimentales au gré de promenades changeantes. ‘Pauline à la plage’, Astrée dans les prés : même combat. Au Moyen Age avec Perceval, chez des Romains teintés de Grand Siècle comme ici, on badine, on se cache, on se retrouve. Céladon et sa bergère sont des adolescents qui ont peur de la concrétisation de leur amour. Alors ils se déguisent, ils fuient, ils parlent à n’en plus pouvoir et s’inventent des obstacles. Pourtant Rohmer ne simplifie pas les problématiques liées aux époques en mettant tout dans le même sac. Il met en valeur au contraire ce français classique qui fait de l’amour un parcours géographique dans la carte du Tendre, et glisse habilement une réflexion sur le polythéisme face à la Sainte-Trinité. On comprend aussi la richesse du texte d’Urfé contenant tous les prémices du XVIIIe ; à la fois le romantisme rousseauiste, sa campagne idyllique et ses amours contrariées, mais aussi les déguisements et les changements de sexe du théâtre de Marivaux. Car surtout, ce film est drôle. Sous les dehors de l’intellectualisme, il ne se prend pas au sérieux. Les scènes où Céladon travesti en vestale drapée de blanc parvient à séduire Astrée sont d’une grande liberté de ton et pleines d’humour. Rohmer est léger, spirituel. D’un vert tendre, un vert… céladon."
 
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Critique d'Olivier Pélisson sur, sur, sur....

" La Gaule vue par le XVIIe siècle et revue par Rohmer, ça déménage. Des costumes mi-romains mi-empire, des postures précieuses, et des situations parfois loufoques, tout cela au service d’une histoire d’amour pure comme de l’eau de roche. Et bien, ça marche ! Astrée et Céladon s’aiment envers et contre tout, et n’ont rien à envier à Roméo et Juliette ni à Tristan et Yseult. Leurs aventures romanesques retiennent toute l’attention du spectateur, car le cinéaste s’amuse avec les anachronismes et les mots savoureux d’Honoré d’Urfé, qui résonnent avec pertinence en 2007. Fuyant la carte postale historique et les décors carton-pâte, le spectacle s’avère une charmante ode bucolique au sentiment, mais aussi une peinture sans concession de la détermination amoureuse. Car Rohmer est resté maître dans l’art de saisir les respirations de l’être aimant. Pour incarner ses damoiseaux et donzelles au pays des druides, il a choisi des acteurs à la plastique lisse et pourtant sans fadeur. Andy Gillet réussit ainsi à transcender la farce du travestissement amoureux, et Stéphanie Crayencour offre son intégrité ingénue à la caméra du cinéaste. Au final, ce récit de la passion classique s’avère un conte délicieusement décalé. Et Rohmer n’a pas perdu de sa verdeur !"
 
Écrit par FI