Le
Syndicat mixte des Pays du Forez a été créé fin 2004 et regroupe 136
communes. Un de ses objectifs est d’animer et développer le label «
Pays d’art et d’histoire ». Des visites commentées par des guides
conférenciers agréés, la mise en place d’expositions temporaires et des
visites de structures professionelles partenaires participent de cette
idée. Actuellement, Pays du Forez planche sur un autre projet d’envergure. Il
s’agit de l’élaboration d’un réseau thématique axé sur une spécificité
patrimoniale et touristique majeure de notre région : l’Armorial de Revel.
Saint-Romain-le-Puy,
Saint-Bonnet-le-Château, Cleppé, Montbrison, Feurs, Cervières… autant
de sites foréziens qui peuvent paraître différents les uns des autres.
Prenons les trois premiers. Ainsi que l’indique Mme Anne-Christine
Ferrand, animatrice de l'architecture et du patrimoine, « l’un se
résume à une église prieurale romane, l’autre à une cité fortifiée
presque complète, le dernier correspond à un élément défensif isolé
dans un coin du village. » Mais tous ces sites ont en commun d’avoir été « croqués » par Guillaume de Revel ou un de ses assistants.
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Dernier souvenir du château de Lavieu qui n'existe plus de nos jours.
La Diana conserve à Montbrison une copie de l'Armorial de Revel.
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Ci-contre: les armes des Levis de Couzan, seigneurs du nid d'aigle de Couzan
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Rappelons
brièvement ce qu’est ce document historique exceptionnel. Vers 1450,
Charles Ier, duc de Bourbon est le maître de l’Auvergne, du
Bourbonnais… et du Forez qu’il a reçu de son aieule Anne Dauphine,
comtesse de Forez. Désireux d’afficher sa puissance à la face du monde,
à Moulins sa capitale il passe commande d’un armorial à Guillaume de
Revel. Il s’agit d’une sorte d’inventaire des terres lui appartenant
avec d’une part la représentation des armoiries des familles nobles
implantées sur ses possessions, et d’autre part une vue architecturale
des fiefs, villes et châteaux recensés. Un projet très ambitieux qui ne
fut pas achevé. Le recueil dont l’original est aujourd’hui gardé à la
BNF comporte 253 pages et seulement une centaine de dessins sur les 400
initialement prévus. Si on constate pour le Forez une carence de la
représentation en armoiries – « aucun grand feudataire forézien n’est représenté. La bourgeoisie et la petite noblesse sont également très mal représentées »
nous dit Anne-Christine Ferrand – en revanche la partie consacrée à
notre région est la plus achevée du point de vue des miniatures
topographiques. Pas moins de 54 dessins qui nous montrent
Saint-Galmier, Valbenoîte, Usson-en-Forez, Marols, Lavieu… au XVe
siècle.
Anne-Christine Ferrand : « Il constitue une source
irremplaçable pour la connaissance des fortifications et de l’urbanisme
au XVe siècle, pour l’étude de l’aristocratie du Massif central. Il
n’existe pas vraiment de document équivalent pour établir une
comparaison. L’Armorial de Revel est le seul armorial connu à proposer
de somptueuses miniatures topographiques dont le sens est très riche.
Revel et ses peintres sont peut-être les premiers à avoir inventé un
genre promis à un immense succès : les vues d’architectures. (…)
Lorsque le syndicat a demandé en 2004 au ministère de la Culture et de
la Communication l’extension du label Pays d’art et d’histoire aux 136
communes du Pays du Forez, il est apparu très clairement que le nombre
important de bourgs castraux –fortifiés- étaient l’une des composantes
fondamentales du paysage de notre région. Ces bourgs, qui ont une
histoire commune et qui sont traités par un document historique commun
sont une réelle opportunité pour développer des actions culturelles
fortes et de les mettre en réseau pour être plus performants. »
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Montbrison (détail)
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La
remarquable Maison de l’Armorial, située à Saint-Marcellin-en-Forez a
été le premier pas concret en ce sens. Ouvert aux visiteurs courant
2005, interactif, l’espace Revel permet via l’Armorial d’appréhender
GRATUITEMENT l’organisation politique et administrative du Forez ainsi
que son architecture civile et militaire médiévale et d’approcher le
noble art de l’Héraldique.
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Quelques villes et villages du futur Réseau Revel:
Saint-Just-Saint-Rambert, Saint-Marcellin en Forez, Cervières
Feurs, Saint-Bonnet-le-Château, Marols
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Il
s’agit maintenant de mettre en place un réseau volontaire des villes et
villages fortifiés du Forez pour continuer d’exploiter au mieux ce
potentiel. Deux réunions (en septembre 2006 et il y a trois semaines)
ont permis d’établir un constat de départ et de poser les premiers
jalons d’un projet qui se veut fédérateur.
« Nous
constatons que des collectivités locales investissent en général de
plus en plus dans la restauration du patrimoine, mènent des politiques
volontaires de préservation (ZPPAUP) avec toutefois des nuances
géographiques selon que le patrimoine historique est ressenti ou non
comme un atout de développement. A côté des collectivités locales, les
associations culturelles viennent en appui de cette politique de
valorisation en jouant le rôle de relais d’animation. L’importance de
l’investissement associatif dans le domaine du patrimoine représente un
moyen de démultiplier la créativité et d’assurer le lien social. Le
profil des associations culturelles animant directement les sites
culturels du Forez présente plutôt des structures de petite taille,
excepté la Diana, Société savante créée en 1862. Elles se caractérisent
souvent par :
- des moyens financiers faibles,
- une implication bénévole fluctuante selon que l’association a la capacité ou non de fédérer ses adhérents autour d’un projet,
-
des activités et des programmations culturelles aléatoires dans le
temps,formant un ensemble souvent sans fil conducteur (pas de thèmes
annuels précis mais plutôt une superposition d’animations sans
véritable concept) et peu porteur de notoriété (à l’exception de la
fête médiévale du château de Montrond-les-Bains qui semble être partie
pour s’installer dans le temps).
Pourtant ajoutés bout à bout,
si on compte le nombre d’animations et d’initiatives proposées par les
sites Revel, on constate qu’elles sont en nombre non négligeable mais
qu’elles restent complètement isolées dans leur coin. »
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" La ville et chatiau de Saint-Bonnet " (document Bnf)
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La
mise en place d’un réseau sur le plan culturel devrait rompre
l’isolement culturel et touristique des sites, créer un espace
d’échanges d’expérience et de rencontres ; mettre en place une
programmation commune pérenne selon un fil directeur commun et une
démarche de qualité et dégager plus de moyens en matière de
communication et de promotion. Sur le plan touristique, il s’agit pour
Pays de Forez de « faire identifier aux professionnels du tourisme
à tous les niveaux (OTSI, CDT, CRT Rhône-Alpes) l’existence de ce
réseau des bourgs fortifiés en tant que caractéristique essentielle du
Forez, afin que cette évidence patrimoniale devienne une image forte. »
Le
réseau unirait des communes qui disposent d’un ensemble patrimonial
conséquent en même temps que des communes dont les vestiges historiques
sont plus modestes. Les premières en retireraient un avantage certain
en terme de promotion touristique. Les autres aussi dans la mesure où
elle sensibiliseraient leurs propres administrés à l’histoire de leur
lieu de vie et pourraient créer des évènements culturels se rapportant
à l’Armorial et à la période médiévale ( ex : programmation spéciale
cinéma, foires artisanales, etc.)
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Une famille paysanne
Armorial de Revel, France (Auvergne), autour de 1456
Paris, Bnf, département des Manuscrits, Français 22997, fol. 344
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Pour
l’heure, le projet se fait à l’échelle du Pays de Forez. Mais à terme,
il pourrait englober tout le département et même les sites auvergnats
et bourbonnais inclus dans l’Armorial de Guillaume Revel. Une « Route
de Guillaume Revel » à l’image de « La route de Jacques Cœur » pourrait
même voir le jour.
Ce serait un bien bel hommage à ce mystérieux héros-héraut qui au Forez a offert en dot un si beau joyau.
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