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ImagePendant cinq ans, de la défaite de juin 1940 à la capitulation allemande de mai 1945, les gendarmes furent  les greffiers de ces temps troublés. Rafles et déportations, maquis, sabotages, délations, bavures, marché noir, crimes de guerre ou épuration sauvage : ils ont observé les Français et consignés dans des rapports le drame qui avait cours.  Mais contrairement à la grande majorité de la population qui pouvait essayer de survivre et laisser faire, sans chercher à savoir, les gendarmes expérimentaient sur le terrain la  pièce tragique qui se jouait aux quatre coins du pays. 

Le journal L'Express, en 2005, avait proposé  à ses lecteurs de découvrir quelques-uns de ces rapports confidentiels écrits durant l'Occupation par les officiers de gendarmerie français. Jean-Marie Pontaut, rédacteur en chef à L'Express, et Eric Pelletier, grand reporter, ont rassemblé dans « Chronique d'une France occupée » les plus significatifs d'entre eux, offrant pour la première fois un témoignage saisissant et inédit de la France sous l’Occupation.

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Concernant la déportation, les auteurs rappellent  que "les gendarmes furent sans doute les premiers parmi la population française à remarquer la panique des internés en partance pour l'Allemagne". La Maréchaussée était aux premières loges, pas seulement en qualité de témoin, mais comme rouage essentiel du système mis en place pour se débarrasser des "Israélites". Si les arrestations étaient confiées le plus souvent aux fonctionnaires de police, c'est aux militaires qu'incombait de surveiller et de faire régner l'ordre au Vél'd'Hiv ou dans les camps d'internement de Pithivier ou Drancy, et d'accompagner les convois jusqu'à la frontière.  Dans les rapports, on lit la détresse des déportés, le comportement des populations et  les troubles des gendarmes, écartelés entre conscience humanitaire, honneur militaire et devoir d'obéissance. Certains s'exécutèrent en traînant les pieds, d'autres résistèrent et le payèrent de leur vie, d'autres encore furent de zélés collaborateurs.

Ce livre remarquable (734 pages) est découpé en quelques grands thèmes ("La gendarmerie et la Résistance"...) et les rapports sont classés par régions et départements.  Le département de la Loire y figure en bonne place. Les rapports, signés capitaine G., chef d'escadron B. (les noms figurent en toutes lettres dans le livre) reviennent sur certains évènements, le plus souvent tragiques,  arrestations, assassinats, attentats, qui eurent lieu à Noirétable, Saint-Etienne, Roche-la-Molière ou Saint Martin la Plaine.

Au détour d'une page, le lecteur y lira notamment les circonstances de l'arrestation à Saint-Etienne en janvier 1944 du dénommé Georges Fully. Déporté à Dachau pour actes de Résistance, le docteur Georges Fully fut dans l'après-guerre... Inspecteur général de l’Administration pénitentiaire. Une plaque commémorative, au 25, quai des Grands Augustins à Paris rappelle qu'il a été assassiné. Un colis piégé lui fut adressé par la poste en juin 73. L'affaire, à ce jour, n'a toujours pas été élucidée.

Aux Editions Michel Lafon

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Écrit par FI