
Paroles et Musiques, cuvée 2008, a débuté sur des chapeaux de roue avec Mano Solo et Flow. Des seconds on ne savait rien, pas même le sexe du chanteur, qui se révèlera être une chanteuse. Du premier, on connaissait surtout... le nom. Une première fois donc, et sans déception aucune.
De Flow, on retiendra d'abord l'énergie du petit bout de femme, tenant cranement la scène, casquette vissée au crane. Une sorte de petite Patti Smith qui chante de sa voix esquintée des textes souvent durs sur des sujets graves, ou pas, ou moins, avec l'air de dire qu'elle s'en bat... mais pas tant que ça. La musique est entraînante, les textes parfois mystérieux, comme dans toute poésie. On se souvient des vieux de Brel, on y trouve encore la "sombritude" des anars, entre tendresse et violence. Faut-il aussi déterrer Piaf ? En y accolant un truc alors, punk ou trash, par exemple, à cause de certaines vulgarités et ce côté faussement gamin ou con de certaines chansons.
Mano Solo, "la groupie" en parlera mieux que nous. Même très brièvement. Parce qu'on ne fait pas parler facilement la groupie. Depuis que
Libé l'a saqué (Mano Solo, pas la groupie) elle se méfie des carnets Rhodia. Deux mots quand même,
"unique" et
"vrai", et une redondance:
"authentique". Elle est bien sûr ravie du concert de ce soir. Même "à trous";
"parce que "Mano Solo, on lui pardonne tout".
On pardonnera à la groupie d'autant plus facilement que l'expérience fut assez intense. On a cru voir sur scène le corps hybride d'un félin, d'un boxeur et d'un danseur de flamenco, armé d'une voix qui vante la vie. Quand tant d'autres débitent comme un juke-boxe pour vendre leur m....
"Un homme humain", résume simplement la groupie.