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0ù vont les Roms ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
rommsctte.jpg Tous les chemins mènent aux Roms, dit l'une des associations membre du Réseau de solidarité-ROMS. Le voyage des Roms (ou Rroms) à Saint-Etienne, depuis 2003, les a menés de caravanes en école désaffectée, de terrains vagues en immeubles insalubres et en squats pourris. Une vraie saga, peut-être héroïque pour celles et ceux qui se la "coltinent" depuis le début mais qui n'a rien de très glorieuse. Et qui s'éternise.

Le réseau de solidarité avec les rroms de St Etienne nous avait donné rendez-vous au 47, rue Roger Salengro. L'immeuble est promis à la réhabilitation dans le cadre de la rénovation urbaine des bas du Crêt-de-Roc. Il comprendra bientôt cinq logements locatifs à loyer modéré (trois F2 et deux F3), "dont un adapté au handicap, avec aménagement d'une terrasse privative" précise le panneau. Pour l'heure, c'est un "nid à Roms"; tout est délabré. Ni eau, ni électricité. Rien de neuf.

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On a eu droit à un "bref historique". Il ne revient pas sur toutes les péripéties roms depuis 2003 mais débute avec l'expulsion du squat de la rue Béraud, à Bellevue. C'était il y a un an environ. Six familles dont 19 enfants, plutôt que de rejoindre l'ancienne école de Montplaisir où vivaient déjà environ 80 personnes, ont préféré s'installer dans une maison appartenant à la SNCF, dans la rue Allemane, toujours à Bellevue. Les conditions de vie y sont déplorables. Ni eau, ni WC, ni électricité, une benne pour les déchets ménagers installée tardivement, une cohabitation forcée avec les rats... Dans une lettre adressée au Maire de Saint-Etienne fin mars 2008, le réseau de solidarité évoquait à son propos "des conditions de vie infra-humaines".

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Vint l'expulsion, "une drôle d'expulsion" qui laisse dubitatifs les membres du réseau. "On pensait que la Préfecture se concerterait avec la mairie. On avait l'espoir que des expulsions dans ces conditions ne se reproduiraient plus", explique Georges Gunther en faisant allusion aux bulldozers qui détruisirent les caravanes du Clapier en 2006. Pas de bulldozers dans ce cas, pas même d'expulsion manu-militari puisque le réseau dénonce des pressions policières à répétition qui auraient obligé les occupants à quitter les lieux d'eux-mêmes, le 23 avril au soir. Mais le résultat est identique: des gens dans la rue, sans aucune solution de relogement. D'où l'installation dans l'immeuble de la rue Salengro. Ce qui choque tout particulièrement les membres du réseau, c'est que contrairement au squat de la rue Béraud, où les familles avaient pu récupérer leurs affaires, elles n'ont pas pu retourner dans leur "domicile" de la rue Allemane, abandonnant médicaments (deux femmes viennent d'accoucher), matelas et matériel. "Tout a été muré trop rapidement, soupire un membre du réseau. A Béraud, avec EDF, il y avait eu discussion, ici non. C'est décourageant." 

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Sara et Sunita

Une réunion avec la nouvelle municipalité est prévue le 7 mai. Le réseau espère la présence des services de la préfecture. Mais à l'en croire ne se fait guère d'illusion. "Pour la Préfecture, ces familles n'ont pas vocation à rester sur le territoire français, le directeur de cabinet du Préfet me l'a dit clairement", affirme Georges Gunther. Il s'agirait non pas d'un départ forcé mais plutôt d'un "retour humanitaire sous pression", selon le réseau, avec l'ANAEM s'entend. En effet, l'Agence Nationale de l’Accueil des Etrangers et des Migrations propose au Roms, ressortissants de l'Union Européenne, quand bien même ils seraient citoyens de seconde zone dans leur pays d'origine, d' y retourner avec 300 euros en poche (100 pour les enfants).

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En théorie, une aide au montage de projet, soutenu financièrement, doit suivre à l'autre bout de l'Europe. "C'est une politique qui favorise toutes les magouilles, une politique imbécile qui ne sert qu'à faire du chiffre ", déclarent les membres du réseau stéphanois, à l'unisson de la plupart des collectifs qui se préoccupent des Roms. "Ils partent, puis reviennent quand l'argent est dépensé. C'est de l'argent foutu en l'air. Il faut des solutions durables !", poursuit le réseau. "Tôt ou tard, il faudra bien que les pouvoirs publics aident le réseau et les familles à trouver des solutions de logement..."

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Nb: Contrairement à ce que pensent encore certains, "Rom" n'est pas le diminutif de "Roumain" mais un mot issu du sanskrit. Les Roms, dont l'origine est à rechercher en Inde, sont aujourd'hui encore très mal considérés par les populations latines et slaves d'Europe orientale.

> A lire cet article édifiant sur axelibre.org
Écrit par FI