Une petite partie des salariés du CFA Les Mouliniers, personnels administratifs et enseignants, se sont réunis ce 9 juin en assemblée générale. A l'invitation de la CGT, Aimée Muraszko, élue de Saint-Chamond et administratrice (membre du CA), était présente pour apporter son soutien aux salariés. Comme souvent, la réunion a tourné aux règlements de compte entre les syndicats, en l'occurence CGT et CFDT. Egalement présent Jean-Paul Celle, président du CFA. Il a été interpellé par la secrétaire du comité d'entreprise à propos d'un scénario évoqué dans une note en provenance des services de la Région, sur un projet parmi d'autres et qui envisage la fermeture de pas moins de 16 sections (classes). Cette note explique que "l’enjeu réside dans la réduction de la carte des formations proposées, notamment celles qui génèrent des coûts trop importants tout en maintenant à proximité des possibilités de formation sur les métiers concernés. Il s’agit aussi d’étudier la possibilité de conforter l’établissement sur ses points forts."
Le président du CFA a réfuté, assez mollement, qu'autant de sections puissent être fermées. Il a rappelé l'importance du CFA pour le tissu économique local, lequel CFA poursuit en ce moment sa campagne d'inscription pour la rentrée prochaine. "Il y aura forcément des coupes sombres", a-t-il aussi déclaré. Pas de quoi rassurer les salariés, qui ne s'attendaient pas à l'être. Ils ont pris connaissance aupararavant de la décision du tribunal de grande instance. Le CFA a été placé en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois. Un administrateur judiciaire a été désigné en la personne de Me Eric Etienne Martin. Il aura auprès de la direction un rôle d'assistance dans la gestion de l'établissement. Un salarié du CFA représentera le personnel. Un mandataire judiciaire a aussi été désigné. Une seconde audience aura lieu au tribunal le 5 août.
Un article de presse paru il y a peu évoquait la situation du CFA et tentait, ce n’est pas facile, d’expliquer pourquoi l’établissement déclaré en cessation de paiement, connaît une grave crise financière à l'origine de cette procédure en redressement. L’article, qui donnait la parole à l’avocat du CFA, évoquait notamment des “ charges sociales trop élevées par rapport aux recettes ” et des “ avantages acquis par certains salariés dans des périodes plus fastes économiquement ”. Le syndicat CGT du CFA, toujours très virulent - c'est ainsi qu'il se pose comme le seul syndicat opérant du CFA - réagit vivement à cet article, qu'il reprend point par point. Nous n'en donnerons qu'un bref aperçu.
Plutôt que de s'attarder sur les charges sociales - le syndicat rappelle que depuis 2006 les CFA ne sont plus soumis à la taxe sur les salaires - il remet sur le tapis “ les augmentations exorbitantes des salaires de la directrice et de certains cadres, les diverses “ promotions ”, les embauches clientélistes, la rémunération d’une juriste en permanence pour le toilettage de la convention d’entreprise, l’embauche d’une RH que nous n’avons jamais vue… ”
Concernant les avantages acquis par les salariés (mutuelle prise en charge par le CFA, absence de délai de carence lors de congés maladie...) et la question des salaires, il répond sur ce dernier point : " Faux et indécent ! Les salaires “ normaux ” du personnel du CFA évoluent selon la convention CCCA, selon les statuts." De son côté, il s'interroge toujours sur des augmentations “ hors grille ” qu’il dénonce, en visant la directrice notamment, et dont il indique ne pas savoir qui les a validées “ puisqu’elles n’apparaissent dans aucun PV du Conseil d’Administration ! ”
Deux élus communistes des Villes de Saint-Chamond et Saint-Etienne font partie du C.A. Un d'entre eux avait écrit dès juin 2008 à Jean-Jack Queyranne, actuel président d'une Région encore à gauche. Dans cette lettre, il se dit "ébahi" par les méthodes de fonctionnement des dirigeants du CFA. Voici un passage caustique: " (...) j'oserai même dire que jamais je n'ai vu (j'en suis à mon 3e mandat, soit dans l'opposition, soit dans la majorité) une telle remise en cause des principes de base qui doivent guider le fonctionnement d'un tel établissement. Les dirigeants, pour autant, ne semblent pas des novices en affaire, ils sont tous représentants de structures importantes, et plus particulièrement des chambres consulaires. On ne peut pas dire dans le même temps qu'ils soient neutres politiquement tant leurs discours sont orientés à droite."
Le syndicat CGT rappelle aussi que les salariés ont déjà concédé à ce qu'il considère être des "sacrifices" : fin de prime d'intéressement (ce qui semble logique dans un établissement déficitaire), l'augmentation du temps de travail...
Il écrit encore que le plan des dirigeants (licenciements...) est déjà arrêté. " C’est ce plan que le CFA va essayer de faire appliquer par l’Administrateur Judiciaire." Il répond enfin par une envolée à Me Lopez qui déclarait que "si l’ouverture d’une telle procédure génère toujours des peurs, c’est au contraire positif pour l’avenir ”.
"Les salariés n’ont pas peur, car ils ont toujours fait leur travail et honoré leurs obligations et engagements. Ils ne sont absolument pas responsables de cette débâcle, ils n’interviennent pas dans la gestion de l’argent public. Les dirigeants du CFA voudraient tirer un trait sur leur gestion, faire oublier leurs propres dérives, cacher les avantages et les profits qu’ils tirent de cette situation qu’ils ont crée eux-mêmes ! Nous, nous avons confiance en la Justice...."
A suivre
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