C'est en 1989 qu'une convention fut signée entre l'association la Diana (société historique et archéologique du Forez) et le Département permettant au profit de la Bâtie du lancement d' un chantier de restauration de grande ampleur. Le 4 Janvier 2007, la Diana et le Conseil général ont convenu que le Département aurait désormais la jouissance de ce joyau de la Renaissance et qu’il assurerait les programme d’activités et d’animations culturelles. Il en deviendra propriétaire au 1er janvier 2039, pour un euro symbolique. Mais avant d’évoquer brièvement les restaurations les plus récentes, un petit retour en arrière s’impose :

La Diana a été fondée le 1er avril 1862. Elle a été reconnue d’utilité publique par décret impérial en 1869 (sous Napoléon III). C’est en mai 1909 que sur proposition du Conseil, alors composé du maire de Montbrison (c’est toujours le cas aujourd’hui) et diverses personnalités dont Joseph Déchelette, Philippe Testenoire-Lafayette, le Vicomte Camille de Meaux (président), pour ne citer que les plus célèbres, que les membres de la Diana, réunis en assemblée, décidèrent à l’unanimité l’acquisition du château. Ceci de peur de voir la demeure de Claude d’Urfé tomber aux mains de quelque propriétaire inconscient qui aurait pu la mutiler ou la démolir.


Il était temps ! La demeure rêvée d'un gentilhomme forézien du XVIe siècle avait déjà beaucoup supporté. Au XVIIIe siècle, elle était tombée entre les mains d’un avocat sans scrupules, le sieur Verdolin qui, de mèche avec un antiquaire, dépeça la chapelle, qui passait en son temps pour une des plus belles du royaume, et dispersa ses richesses. La Cène par exemple, un tableau de marqueterie qui ornait la chapelle et qui se trouve aujourd’hui au Metropolitan Museum de New York. Verdolin ayant fait faillite, le domaine changea plusieurs fois de propriétaire et le château continua à payer le prix fort. Sous la garde de la Diana, un groupe se constitua alors, le Comité Diana-La Bastie, qui n’aura de cesse de faire valoir l’intérêt de la Bastie de Claude d’Urfé et de retrouver son mobilier. Trois ans plus tard, le château est classé au titre des MH.


Depuis le début des années 1990, plusieurs campagnes de restauration ont été conduites en parallèle d’opérations archéologiques sur le sol et le bâti. Avec l’aide de l’Etat, le corps de logis fut le premier a faire une cure de jouvence, avec la réfection de sa charpente, couverture et façades. En 1994 et 1995, c’est l’aile ouest, puis les communs est, jusqu’en 1998. Suivirent le jardin, la fontaine, le bief… La pergola qui s’appuyait, à l’ouest, sur le mur de clôture, a été en partie reconsituée.

/Archives

Dernier chantier en date (2008), un important travail dans la grotte de fraîcheur, nommée parfois salle des rocailles ou nymphée (c’est plus joli) pour lui permettre de retrouver ses couleurs et ses jeux d’eau. Claude d’Urfé a ramené l’idée d’Italie. Sauf que celle-ci, éclairée par quatre baies garnies de treilles à feuilles de vignes, introduit à la chapelle. Ses parois sont recouvertes d’une multitude de graviers, sables colorés, coquillages, moules, galets, perles… assemblés à la colle de poisson il y a plusieurs siècles et qui dessinent dans des teintes brunes, ocres et grises une infinité de motifs géométriques, des guirlandes, des végétaux (vigne) ou des fleurs. On peut admirer sur les piliers qui délimitent les alvéoles des figures mythologiques, pour certaines identifiables (Neptune ou triton armé d’un trident, Pan) et des personnages qui le sont moins, féminins (femme enceinte/déesse nourricière) ou masculins (satyres ?). Et encore plus mystérieux des corps démembrés et un… chien qui semble monter la garde. S’y trouve aussi une grande statue de Dyonisos. Le chantier, coûteux  (303 000 euros) et d’une extrême minutie pour les deux restauratrices qui s’y sont employées, aura duré une année.


Et ce n’est pas fini. On lit sur le site internet du Conseil général que « de nouveaux aménagements sont en projet, comme la création du labyrinthe ou la reconstitution de la promenade autour du jardin ». L'aventure continue.

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