Décidément, les salariés du CFA Les Mouliniers en auront vu de toutes les couleurs. Depuis quelques semaines, l'établissement est en redressement judiciaire, et le plan proposé par l'administrateur judiciaire prévoirait de supprimer plusieurs filières (fleuristes, peinture, carrosserie) et sections d'apprentissage. Des salariés, enseignants notamment, perdront leur emploi. Plus d'une vingtaine sur une centaine, selon les syndicats. Concernant les sections, ce n'est pas une très grosse surprise. Une note interne des services de la Région (avril 2009) énumérait un certain nombre d'entre elles proposées à la fermeture pour la rentrée 2009 dont: peinture en carrosserie, carrosserie réparation, management des unités commerciales, négociation et relation clients ainsi que le pôle fleuriste... En raison de
"faibles taux de remplissage" et/ou des coûts élevés et avec des
" solutions de proximité envisageables pour les jeunes en recherche de formation dans les sections ainsi fermées au CFA du Ciasem."
Dans un communiqué envoyé à la presse début juin, à peu près au moment où un ancien enseignant de l'établissement (son étiquette syndicale n'était pas mentionnée) réglait ses comptes personnels, prenant pour cible certains de ses ex-collègues et défendant les directions successives, celles-ci (les personnes incriminées dans cet "article", en clair la CGT) tentaient d'alerter une énième fois le grand public, évoquant des apprentis
"mis à la rue", le désarroi à venir des familles, sachant que souvent les apprentis sont issus des milieux défavorisés.
De son côté, l'UD CFDT Loire indique ne pas comprendre la proposition de l'administrateur. "
Ce n’est pas en réduisant les capacités de travail, et donc les recettes du CFA qu’on enrayera son déficit". Le syndicat évoque un projet
"apprenticide" et rappelle que le CFA est "
un outil de travail indispensable pour le bassin d’emploi et notamment pour la réussite professionnelle et personnelle de quelques 1 200 jeunes". Il demande "
à ce qu’une analyse pertinente des raisons du déficit soit faite, ce ne sont pas les quelques avantages salariaux négociés depuis près de 20 ans qui ont pu conduire à un tel déficit mais plutôt une gestion chaotique."
Une manière de faire allusion à toutes les
"décisions incohérentes et les dépenses inconsidérées" que les élus et syndicats de l'établissement, en premier lieu la CGT, dénoncent en vain depuis de nombreuses années. En particulier, pour les plus récentes, l'augmentation supposée du salaire de la directrice et du nombre de cadres. Sans parler de l'installation “ surprise ” de nombreuses caméras de télé- surveillance, l'externalisation du Self...
Par ailleurs, nous avons appris que la direction du CFA venait de
"se débarrasser ", pour reprendre l'expression d'un enseignant, de deux ou trois salariés, administratifs ceux-là, dont un cadre, licenciés pour des motifs autres qu'économiques.
Nous n'avons pas souhaité recueillir l'avis de la direction. Celle-ci d'ailleurs ne s'exprime pas. Laissant le soin de la communication à l'organisme gestionnaire, c'est à dire les chambres consulaires, la CCI surtout.
> Lire aussi "dernières nouvelles du CFA Les Mouliniers" (9 juin)
>> Un administrateur pour le CFA ?
Cet article date du 23 mai. A l'époque, le personnel espérait encore la la nomination d'un Administrateur Provisoire pour qu'il étudie les abus qui ont fait du CFA, c'est un avis qui nous semble partagé par la majeure partie des salariés, "une zone de non droit".