Il y a trois ans, presque jour pour jour, la journaliste russe Anna Politkovskaïa était assassinée à Moscou. " Un millier de personnes à peine ont manifesté à l'époque, dans une ville gigantesque", a rappelé Zoïa Svetova ce 8 octobre à Saint-Etienne. "En Russie, les gens ne s'intéressent aux droits de l'homme que quand ils sont touchés." Et les autres, ceux qui ont un peu trop d'état d'âme, prennent de gros risques. C'est ce qu'est venue dire la journaliste, qui connaît bien le système judiciaire de son pays, la question des droits de l'homme et l'impunité dont jouissent ceux qui les bafouent.

La Moscovite répondait à l'invitation de diverses organisations dont l'Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) et Amnesty International qui demandent inlassablement aux autorités russes de respecter les engagements auxquels a souscrit la Fédération de Russie comme membre du Conseil de l’Europe:
- prendre des mesures concrètes de protection et de soutien des défenseurs des droits de l’Homme ;
- garantir l’intégrité physique et psychologique des détenus et leur permettre d’avoir accès à un médecin et à un avocat de leur choix ;
- mettre fin à l’impunité en menant des enquêtes impartiales sur les assassinats de défenseurs des droits de l’Homme et de journalistes, et sur les allégations de tortures, afin que les responsables soient traduits en justice ;
- coopérer sans réserve avec les mécanismes internationaux contre la torture, en autorisant immédiatement la publication des rapports du Comité européen pour la prévention de la torture, et en facilitant sans délai la visite du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture dans tous les centres de détention, y compris dans le Caucase nord.
* Lire cet article du monde.fr (1er octobre)