
L’Ordre de Malte France continue la lutte contre une pandémie qui s'éternise. Cette pandémie, c'est la lèpre, qui fait encore des centaines de milliers de victimes dans le monde, en Asie du Sud-Est (Cambodge, Laos, Vietnam), en Afrique (Cameroun, Gabon, Guinée, Madagascar, Mauritanie, Sénégal) en Inde et au Brésil... Ces 11 pays étant les plus touchés. Samedi 30 et dimanche 31 janvier 2010, à l'occasion de la 57ème Journée Mondiale des Lépreux, les bénévoles de l’Ordre, appartenant à 80 délégations, seront à nouveau mobilisés pour récolter des fonds. 780 000 € avaient été collectés en France l'année dernière. L'objectif est d'un million d'euros cette année. Ce qui est ambitieux par ces temps de crise sociale et d'urgence humanitaire.
La maladieDue à un bacille, la lèpre est une maladie infectieuse chronique, peu contagieuse, par les voies respiratoires et, plus rarement, par la peau, qui attaque les nerfs, les muqueuses et les yeux. Si le patient est atteint de une à cinq lésions cutanées insensibles, il souffre de lèpre paucibacillaire. S'il a plus de cinq lésions cutanées, on parle alors de lèpre multibacillaire. Chacune avec ses caractéristiques propres, le seconde étant la plus contagieuse et la plus longue à traiter.
Au début, des taches apparaissent sur la peau. Si le patient n'est pas traité, les lésions cutanées (blessures, brûlures) sont rapidement amplifiées et le malade perd progressivement des membres. Née de la misère et du manque d’hygiène, la lèpre est la maladie des exclus par excellence. La victime, souvent invalide, se retrouve rapidement sans ressources et est rejetée. Contre ce terrible fléau venu du fond des âges, il n’existe pas de vaccin. Il n'y a que les soins qu'apporte la polychimiothérapie, mise en place dans les années 80 et qui associe trois antibiotiques, offrant la guérison totale de la maladie, quand il n'y a pas de la part du patient de "rechute", et qui bien sûr ne guérit pas les infirmités.
Les fonds collectés sont destinés à la prévention de la maladie et la réinsertion des victimes par :
- le diagnostic précoce de la maladie
- le soin, la rééducation et l’appareillage des malades
- l’attribution de bourses en recherche fondamentale et clinique. Sur ce dernier point, il s'agit de participer au financement du programme MALTALEP, un des rares programmes de soutien à la recherche contre la lèpre au monde.
L'Ordre de Malte Si l’Ordre de Malte opère dans de nombreux domaines tels que l' assistance médico-sociale, les secours aux victimes de conflits armés ou de catastrophes naturelles, la lèpre a toujours été sa grande affaire, si on peut dire. Son ancêtre, l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (ou ordre de l'Hôpital) créé en Terre Sainte au temps des croisades, accueillait déjà les malades dans les léproseries. L'Ordre, dissout à la fin du XVIIIe siècle, devait renaître quelques décennies plus tard sous le nom d' Ordre souverain de Malte. Il s'agit d'un sujet de droit international fort de 12 500 membres, laics ou religieux, et plusieurs dizaines de milliers de bénévoles à travers le monde. En France, sa mission hospitalière est assurée par l’Ordre de Malte France, association loi 1901, créée en 1927 et reconnue d’utilité publique en 1928. Pour revenir à la lèpre, la journée mondiale des lépreux a été créée en 1954 par Raoul Follereau. André Récipon, héritier et fils spirituel du philanthrope, est d'ailleurs un Stéphanois (
lire notre article). L'Ordre de Malte y participe depuis le début.
La délégation de l’Ordre de Malte pour le diocèse de Saint-EtienneSes membres sont présents notamment lors des collectes nationales, des grands évènements. Tout au long de l'année, ils agissent au service des personnes les plus fragiles. En 2007, ils avaient collecté plusieurs tonnes de médicaments dans les pharmacies, triés et expédiés au centre de l'Ordre à Versailles pour être ensuite envoyés gratuitement partout dans le monde. Plusieurs milliers de paires de lunettes avaient été également récupérées chez les pharmaciens et les opticiens du diocèse. Après avoir été triées, lavées, mesurées et étiquetées par les bénévoles de la délégation, 1 000 paires réutilisables ont été acheminées à Eaubonne (Val d'Oise). Pour améliorer ce service, la délégation a agi en partenariat avec le lycée professionnel Sainte-Thérèse - Le Marais de Saint-Etienne.

/archives
La délégation organise et anime plusieurs sessions de formation de secouriste. Ses membres assurent un point secours lors du pèlerinage de Valfleury, le 15 août. Elle participe parfois à des exercices avec les sapeurs-pompiers du Service départemental d'incendie et de secours. Dans le cadre de la prévention contre les risques liés à la canicule, la délégation s'est engagée en 2008 pour aider les personnes isolées. Elle aide également le patronage Saint-Joseph à distribuer des repas chauds aux personnes démunies au centre Clément-Myonnet lors des fêtes de Noël ou de Pâques. Chaque année, elle collabore à la journée d'action en faveur de la mère et l'enfant des Associations Familiales Catholiques (AFC). En 2007, plus de 4 000 euros avaient été collectés en faveur de la maternité de Bethléem gérée par les Oeuvres Hospitalières françaises de l'Ordre de Malte. Grâce à cette collecte, cet établissement a pu acquérir du matériel pour son service de néonatologie. Le 24 décembre dernier, les bénévoles ont été aussi sollicités en urgence, à Saint Etienne, pour accueillir et héberger les personnes sans abri...
Un peu d'histoire enfinL'Ordre de Malte a une implantation forézienne très ancienne. Ci-dessous, l' ancienne commanderie hospitalière de Verrières, près de Saint-Germain- Laval. Il existe aussi une commanderie à Montbrison, un des plus anciens monuments de la cité (Saint-Jean des Prés). Quant à celle de Chazelles-sur-Lyon, elle n'existe plus mais une rue honore encore la mémoire des chevaliers de Malte.