(article 2010)

"Pour rester jeune et beau, buvez de la Couzan Brault !" Le slogan fait sourire. Dans le bistrot où s'affichent encore les belles plaques émaillées vantant la célèbre eau minérale gazeuse, un autre habitant est moins jovial. " C'est la honte de la commune ", dit-il à propos des bâtiments de l'ancienne usine d'embouteillage, situés à deux pas. Ses murs en pierres ont pourtant fière allure, le long de la rivière. Mais derrière la façade, tout est délabré et ce qu'il reste des toitures achève de s'effondrer.  

"Telle qu'elle jaillit" lit-on encore sur les murs. Le slogan est repris en allemand et en neerlandais. L'eau minérale gazeuse naturelle Couzan, source Brault, "l'eau des bonnes tables" est d'une limpidité et d'une conservation constante sous tous les climats, donnant aux vins, sans les troubler, un piquant délicieux. C'est écrit sur d' anciennes étiquettes de la Société Nouvelle des Eaux de Couzan. On en trouve encore quelques-unes qui traînent par terre. L'exploitation de la source avait été autorisée par arrêté ministériel du 13 août 1900. Elle fut déclarée d'intérêt public par décret du 22 avril 1908. A l'époque, il existait d'autres exploitations; les plus célèbres étant celles de la source Gatier (les bâtiments, privés ceux-là, sont en face de l'usine Brault, séparés par la route de Saint-Just-en-Bas) et la source l'Astrée. L'exploitation de la source Brault s'est achevée en 1993.

 


La commune a fait le nécessaire pour réhabiliter le local du dernier forage, "Brault 3 nouveau", et préserver celui-ci de tout risque sanitaire. Le coût ? Il était estimé à 1 million de francs en 2001. Le double depuis. L'eau est analysée tous les deux mois par la DDASS et tous les jours un élu relève un certain nombre de données. La pompe - elle doit être changée tous les 18 mois - tire en continu, à 45 mètres de profondeur, 1700 litres d'eau gazeuse par heure maximum, ce qui n'est pas beaucoup, conformément à l'arrêté de 2005. Le volume est rejeté dans la rivière. "On sait qu'on peut tirer davantage, assure le maire. Il y a un vrai potentiel.  Si un jour il y a un exploitant, il fera les démarches pour augmenter le débit." La municipalité planche sur ce dossier depuis 1995.


"Après avoir lancé deux appels d'offre infructueux, nous sommes depuis 2008 dans une phase de négociation, directement avec différents porteurs de projet qui souhaitent garder l'anonymat", nous dit Ludovic Buisson. Garde-t-il encore espoir ? "Des jours oui, d'autres moins", avoue-t-il. La commune entend garder son forage, qui serait concédé pour une durée à définir, et en contrepartie du versement d'une redevance. La future unité de d'exploitation, si elle était construite sur le site actuel, pourrait aussi garder une partie des façades. De quoi lui donner un beau cachet. Puisque la commune, pour l'heure, n'a pas souhaité se séparer de tout son patrimoine. "J'était partisan de ne pas tout raser et tout le monde a été unanime", dit le maire. La déconstruction de la friche, confiée à EPORA, devrait débuter en mai. Le chantier durera 4 à 5 mois.

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