Environ 1300 équipages en France et 55 dans la Loire, chacun composé de 5 à 10 membres avec à leur tête un "maître d'équipage" détenteur d'un certificat de vénerie. Rien à voir avec la Marine. Il s'agit, d'après Daniel Thomas, des effectifs des équipages de Vénerie sous-terre. Daniel Thomas est le président de l'Association départementale des équipages de Vénerie sous terre, délégué de l'Association Française des Equipages de Vénerie Sous Terre (AFEVST).
La vénerie sous terre est un mode de chasse particulier. On l'appelle aussi "chasse sous terre". Daniel Thomas nous explique de quoi il retourne: " Nous chassons avec une meute. Les chiens, ce sont des petits chiens de terriers, fox-terriers, teckels, doivent chasser l'animal dans son terrier; le faire descendre au fond et le maintenir à l'accule. En surface, le chasseur essaie de situer où jappe le chien. Avec une pelle et une pioche, on creuse une fosse pour parvenir au chien. Ensuite, on capture l'animal. Certains équipages mettent un point d'honneur à prendre les bêtes à la main. D'autres utilisent une paire de pinces. Dans tous les cas, l'animal doit être pris vivant, sans être blessé." Quels animaux ? Les blaireaux, les renards et la ragondins dont les terriers, pour le premiers, peuvent atteindre les 4,50 mètres de profondeur (2,50 en moyenne) contre 1,50 à 2 mètres pour les seconds. Un blaireau peut peser jusqu'à 15 kilos. Le chien, un teckel par exemple, pèse approximativement 7-8 kilos. "On fait confiance à l'intelligence du chien qui ne doit pas attaquer." Le blaireau, qui est un gibier mais dont la chair est peu consommée, est ensuite tué. Ce peut être en temps de chasse (en période autorisée donc) ou dans un cas de surpopulation. L'animal peut être aussi relâché sur des terrains avec l'accord du propriétaire. Le renard, nuisible, est pour sa part "régulable" toute l'année. Dans ce cas, on parlera plutôt de "déterrage" (destruction). Dans un cas comme dans l'autre, l'abattage, au couteau, se fait après la prise. "On ne peut pas tirer au fusil un animal qui réussirait à s'enfuir, souligne Daniel Thomas. Notre éthique nous l'interdit."

Environ 2000 renards sont déterrés par an dans la Loire. Et 400 blaireaux dont un tiers sont relâchés. Renards et ragondins peuvent aussi être piégés, comme d'autres animaux nuisibles tels que fouines et oiseaux divers (corbeaux freux, corneilles noires...). " Le piégeage obéit aussi à un cadre légal strict", rappelle Bertrand Paupier, président de l'Association des piégeurs agréés de la Loire. L'association existe depuis 1996 et regroupe actuellement 200 membres, des chasseurs, des pêcheurs... qui ont obtenu leur agrément au terme d'une formation. Toute personne qui utilise des pièges doit en effet être agréée par le préfet de son département. Les pièges utilisés, qu'ils soient à lacet, à cage ou autre, répartis en six catégories, doivent être homologués et porter le n° d'agrément du piégeur. Et celui-ci doit notamment tenir un relevé quotidien de ses prises.

