Nous inaugurons une petite série consacrée à quelques commerces stéphanois. Rencontre avec Georges Thomas et son fils Tristan. Leur confiserie des Arcades, pour nombre de clients sans doute, mériterait bien de s'appeler "A la Madeleine de Proust".
Pouvez-vous évoquer un peu l'histoire de la boutique ? Je crois savoir qu'elle est déjà ancienne...
G.T.: Mes parents ont créé l'affaire en 1956. Je l'ai reprise en 1983. A l'origine, la confiserie était située rue Wilson mais à l'emplacement de l'actuelle boutique "Valérie". Ils ont déménagé ici en 1961 pour créer un magasin en forme de supérette. Il y avait toujours un rayon confiserie mais aussi des produits alimentaires en libre service tels que sucre, biscuits, huile, vins, etc. Même de la droguerie. A l'époque, c'était assez novateur. En 1974, mes parents, face à la concurrence des grandes et moyennes surfaces, ont renoncé au rayon alimentaire pour se recentrer sur leur métier d'origine: les bonbons, confiseries et chocolats.
Quels produits vendez-vous et quels sont ceux qui ont le plus de succès ?
G.T.: Des calissons d'Aix, des terrines du Morvan, biscuits, cafés, spiritueux... On a au total 2000 références environ, d'une quarantaine de marques. On pourrait faire le tour de France avec tout ça ! On peut citer le Nougat de Montélimar, les Bêtises de Cambrai, la dragée de Verdun... Nous proposons aussi des produits de François Doucet, un confiseur des Hautes-Alpes spécialisé dans la pâte de fruits. Une qualité exceptionnelle ! Ce rayon s'est beaucoup développé depuis cinq ou six ans même si tout se vend bien finalement. On propose aussi des blocs de pate de coing, que les pâtissiers ont plus ou moins renoncé à fabriquer car son élaboration demande beaucoup de temps. On s'aperçoit quand même que la vente de chocolat est en constante progression. Pas seulement sous la forme de tablettes mais aussi de bonbons de chocolat, les Nougastelles de chez Weiss, ou les Grêlons du Pilat et l'Anthracite du Chocolat des Princes. L'Anthracite se vend bien dans sa boîte avec le chevalement du Puits Couriot. Mais le Coussin de Lyon, de chez Voisin, se vend bien aussi à Saint-Etienne. De couleur verte mais bien lyonnais !
Y-a-t-il d'autres gourmandises de la Loire, hormis celles de Weiss et du Chocolat des Princes ?
G.T.: Les produits de la Chocolaterie du Val Janon à Terrenoire pour les fêtes de fin d'année.
Que pensez-vous de "Coeur de Ville" ?
G.T.: Il est trop tôt pour présumer d'un impact sur le commerce. L'avenir nous dira...
Tristan, vous êtes le successeur désigné, d'ici un ou deux ans, avez-vous des projets ?
T.T.: Je travaille sur un projet de site internet, pas pour vendre mais pour faire la promotion de la boutique, lui donner plus de visibilité. L'idée c'est aussi de développer un peu ce que l'on fait déjà pendant la Fête du Livre, des dégustations de café et de chocolat, ce genre de choses, avec des partenaires. Pour les produits, j'ai envie de développer l'offre en bio. On a déjà commencé. Mais attention, pas pour céder à une mode. On vend d'abord du goût, des saveurs, de la texture... [Il plonge la main dans les caramels hollandais enveloppés de papier ciré] On vend du rêve aussi quelque part, du partage, de la célébration et des souvenirs..."
