(màj) Place Jean Jaurès, les Roms furent les premiers au rendez-vous. Des femmes et des enfants surtout tandis qu'un membre de la Ligue des Droits de l'Homme, un autre du NPA et un militant de la CFDT accrochaient une banderole. " Contre la xénophobie", lisons-nous. Y figure aussi la devise de la République. Les Roms de leur côté dressent la leur : " On reste ici Nous sommes Stéphanois !" D'autres personnes arrivent, membres du Réseau de Solidarité avec les Roms. De petites pancartes en carton sont distribuées.
Celle-ci proclame: " Saint-Etienne, une ville pour tous. Aussi pour les Roms." Et celle-là: "Mes enfants sont scolarisés ici. Je reste ici." Peu a à peu, la foule devient plus nombreuse autour du buste de Jaurès. Les drapeaux sont ceux de la CNT, du NPA, du PCF... On distingue aussi les Jeunes du MoDem à leurs écharpes oranges. Tout le monde n'affiche pas la couleur non plus. Et de nombreuses associations, organisations et partis avaient signé l'appel: de SOS Racisme au Parti de Gauche, en passant par Sud-Education et Les Verts/Europe Ecologie.
On entame une collection de tracts et on ne compte plus les slogans : " Expulsons les politiciens"; "Xénophobie Basta !"... Mélanie, 19 ans, n'appartient à aucune chapelle. Elle est là parce que c'est "important", "parce que ce qui se passe, les expulsions, ça [lui] fait penser aux débuts du fascisme". Il y a aussi Jean et Michelle, des quinquagénaires: " C'est une réaction humaine. On ne traite pas les gens comme ça. On n'expulse pas à tout va. On ne trimballe pas des gamins comme ça ! Et dire que nous espérions une Europe sociale !"
Ce devait être une manifestation sans cortège mais les organisateurs auraient souhaité qu'une délégation soit reçue en Préfecture. " Le Préfet a refusé de nous recevoir" a indiqué Bruno Vennin, de la LDH Saint-Etienne. Les manifestants ont donc rejoint la place de l'hôtel de ville. " Guerre au chômage, guerre à la misère, pas aux immigrés, pas aux sans papiers !" entendait-on dans les rangs du NPA. Et la Ville de Saint-Etienne était parfois assimilée à une ville d'eau célèbre qui, bientôt, pourrait avoir pour maire l'actuel ministre de l'Intérieur. Le cortège a ensuite pris la direction de la Préfecture.

