altLe Père François Reynard, 62 ans, est depuis le 1er septembre le nouveau vicaire général du diocèse de Saint-Etienne. Il succède à Thierry Magnin.


Pouvez-vous retracer votre parcours ?

J'ai débuté mes études ici, à l'Evêché, dans ce qui était autrefois l'Ecole cléricale Sainte-Thérèse. J'ai poursuivi au petit séminaire de Montbrison avant de faire quatre années en philosophie, à Saint-Etienne et Lyon. Après mon service militaire à Clermont et Nîmes, je suis entré au séminaire Saint-Irénée, à Lyon, pour devenir prêtre et j'ai suivi des cours de théologie. J'ai été ordonné à l'âge de  27 ans.  Depuis ces quinze ou vingt dernière années, ce sont souvent des questions qui maturent au long d'un parcours de vie plus complexe, professionnel, et il est assez rare d'être ordonné avant la trentaine. Je dirais donc que mon  parcours est relativement classique, à la charnière entre deux générations. J'ai pensé à la prêtrise quand j'étais petit. Mon temps passé en fac correspondait à un changement personnel et j'ai ensuite retrouvé cette idée.

Ces dernières années, j'ai exercé mon ministère dans des paroisses rurales essentiellement, et les quatre dernières années à la paroisse Sainte-Marie entre Rhône et Pilat, c'est à dire le canton de Pélussin. J'ai beaucoup aimé être curé de paroisse. En même temps, j'ai toujours été beaucoup intéressé par la marche du diocèse. Aujourd'hui, je fais un peu mon "retour en ville" et je me familiarise avec ma nouvelle fonction, qui est spécifique...

Justement, Vicaire général et modérateur de la Curie... Pouvez-vous nous éclairer ?

Pour comparer avec une mairie ou un gouvernement, le vicaire général, dans un diocèse, est un peu l'équivalent d'un premier adjoint ou premier ministre. La Curie désigne l'ensemble des services, administratifs et tout ce qui fait les orientations, la pastorale, le contenu si vous voulez du travail d'un diocèse. Je veille, en lien avec d'autres personnes, des prêtres et des laïcs, au bon fonctionnement de l'ensemble des activités, au service des paroisses et sous l'autorité de l'évêque.

Vous qui étiez un curé de campagne, est-ce qu'il serait juste de prétendre encore que le monde rural a su rester plus chrétien ? Quel est votre sentiment à ce propos ?

Avant d'être à Pélussin, j'officiais à Saint-Genest-Malifaux, en zone de montagne aussi et j'avais été frappé, effectivement, par la profondeur des racines chrétiennes. C'est une chose mais il reste que le monde rural a subi de profondes mutations dont j'ai été le témoin, la "rurbanisation" comme on dit. On sent encore ces racines; on sent que des choses sont encore possibles, plus faciles peut-être en zone rurale, mais on voit bien aussi, globalement, qu'il n'y a pas de grande différence, chez les jeunes surtout, entre les citadins et les campagnards. Pour beaucoup, la religion chrétienne ne fait pas partie du paysage. C'est ce qui me frappe aussi...

Comment s'est passée la rentrée épiscopale ? Quels points ont été évoqués ?

L'évêque a réuni autour de lui son équipe, composée de moi-même, le vicaire épiscopal et des laïcs, pour parler, notamment, des évènements de l'été. La question des Roms, en particulier, a été abordée et la prise de position de l'évêque bien sûr, pas pour la discuter mais pour essayer de voir dans quelle "mesure" le peuple chrétien adhère à ce qui a été dit. Notre soucis étant d'expliquer, de progresser sur cette question complexe, sous un angle précis, à la lumière de l'Evangile.

On peut résumer ainsi la tonalité d'ensemble : comment aujourd'hui, dans une société pluraliste et dans le respect de ses différentes composantes, on peut tenir notre place, entrer en dialogue et proposer un chemin...  Parmi les autres sujets abordés avec les prêtres responsables: la pastorale des jeunes adultes et celle de la famille. Nous avons aussi dressé le bilan du festival "Terre nouvelle", organisé au printemps dernier. L'idée sur ce dernier point étant de le pérenniser et d'essayer de garder le lien, au niveau des paroisses, avec les différents participants, les artistes...

Une dernière question: y a-t-il des Saints en particulier qui auraient valeur d'exemple, pour vous ?

Je ne m'attendais pas à cette question. Spontanément alors. Je m'appelle François et François d'Assise reste pour moi un peu une référence. Ce n'est pas que je vive comme lui, j'en suis bien loin, mais parce que, dans une période de changement social, il a incarné un retour à l'Evangile à la fois profond, radical et intelligent. Et je citerais aussi Marie, de plus en plus, et Marcellin Champagnat.

 

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