37 jeunes apprentis en situation de handicap se sont vu remettre ce 16 septembre, à la Chambre de Commerce, Industrie et Services de Saint-Etienne-Montbrison, une charte de réussite du parcours de formation professionnelle. La petite cérémonie distinguait ainsi, et encourageait, ces jeunes hommes et femmes qui ont suivi durant deux ans une formation sanctionnée par un certificat d'aptitude professionnelle, pour 19 d'entre eux, ou un certificat d'aptitude professionnelle agricole. Quelques-uns ont fait une année supplémentaire.Â
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Au micro se sont succédés André Mounier, Yves Bruchon, président de l'Association Départementale des Pupilles de l'Enseignement Public de la Loire (ADPEP 42), Régis Marcon et Jean-Michel Joyeux. Ce dernier étant le directeur du Pôle Adultes de l'ADPEP 42 et du Service d’Accompagnement à la Vie Professionnelle et Employabilité des Personnes Handicapées (SAVPEPh).
Il s'agit d'un des établissements du pôle adulte plus spécifiquement en charge de l'insertion professionnelle via l'alternance avec lequel la CCI s'est engagée, depuis 2007, dans le cadre d'une opération baptisée " Apprentissage et Handicap" en faveur de l'insertion de travailleurs handicapés. Yves Bruchon avait réaffirmé préalablement la volonté de l'ADPEP 42, spécialisée dans le domaine de l'enfance et de l'adolescence, de développer ce pôle adulte au travers de la formation, le travail et l'autonomie dans le logement. "L'ambition, nous explique Jean-Michel Joyeux, est de trouver des solutions pour ce public handicapé mal accompagné, les jeunes adultes qui sortent des instituts éducatif, donc du milieu scolaire, et qui ne sont pas entrés dans la vie active."Â

Les 37 jeunes mis à l'honneur ce soir souffrent de déficiences intellectuelles ou de troubles du comportement (dépressifs, hyperactifs...). Ils ont effectué leur formation dans trois secteurs professionnels: agroalimentaire, horticulture et restauration. "Sur l'ensemble des promotions, on a un taux de placement définitif, en CDI, à l'issue de cette période d'alternance, qui varie entre 70 et 80 % suivant les filières", nous dit Jean-Michel Joyeux. Chaque année, le SAVPEPh assure le suivi d'une cinquantaine de jeunes, âgés de 16 à 25 ans. L'Agroalimentaire, la Propreté et l'hygiène, la grande distribution sont des filières de placement courantes pour ces personnels de faible qualification. " 97% des entreprises de 250 salariés et plus se disent satisfaites de leurs salariés handicapés et 93% parmi celles celles de moins de 250 salariés", a rappelé André Mounier. L'emploi de personnes handicapées n'est donc nullement incompatible avec les considérations économiques. Deux groupes de jeunes, une vingtaine de personnes, travaillent aussi aujourd'hui dans des collèges et lycées en vue d'un diplôme et la possible intégration dans une collectivité publique.
Pour l'instant, les apprentis sont formés en région stéphanoise mais une promotion pourrait voir le jour dans le Roannais en 2011. Une opération lourde qui nécessite de prendre contact avec la CCI du Roannais, les Centres de formation du territoire, mais aussi les services médicaux. " Notre rôle, poursuit Jean-Michel Joyeux, est de coordonner les intervenants et d'accompagner les centres de formation et les entreprises sur la spécificité de l'accueil de personnes en situation de handicap."

Yves Brunon, Régis Marcon et André Mounier. Le restaurateur, chargé de mission national formation professionnelle et alternance, était le parrain de cette promotion.
Chaque apprenti, sur son lieu de travail, est encadré par un maître d'apprentissage, un tuteur. Philippe travaille dans le secteur de la restauration, dans une maison de retraite. Il a pris sous sa coupe Aurélie, 23 ans, trisomique. Visiblement, l'expérience l'a ravi. " J'avais une certaine crainte au début. Je craignais de ne pas réussir à gérer mais tout s'est bien passé. Elle a pris son autonomie progressivement. La difficulté c'était quand il y avait des changements dans l'organisation du travail. Le soucis de s'adapter à de nouvelles situations.... Aujourd'hui, elle travaille et c'est vraiment ça l'important, le but. L'emploi. Elle travaille dans une autre maison et vit une autre expérience, intégrée dans un groupe..."Â
 José Cintas est responsable du secteur épicerie dans une grande surface. "Sa présence, dit-il de son apprentie, nous a apporté une dimension humaine. Dans le commerce, ça va vite. Il faut que ça "déroule". Avec son intégration, on a pris le temps de se poser, de s'organiser..." Quant à Nathalie, la jeune diplômée, elle explique que ça lui a donné en confiance en elle. Et que ça l'a fait "mûrir".