Au 21 de la rue d'Arcole, dans le quartier Jacquard où intervient l'EPA de Saint-Etienne, l'immeuble de la Condition des soies (2 260 m² de surface) est l'emblème de l'aventure de la soie stéphanoise. Inoccupé depuis 1997, il a été acquis par le groupe Créquy en 2009 après avoir appartenu au Conseil général de la Loire. La commercialisation de quelque 26 appartements et 300 mètres carrés de bureau sera lancée au 1er juillet. Le chantier doit démarrer en avril 2012 pour une livraison envisagée dès décembre 2013.

Des duplex de 47,5 mètres carrés à 97 mètres carrés et des appartements/terrasse au premier étage; quatre autres avec terrasse au second et six haut de gamme au dernier étage, Hervé Tillier, Président du groupe Créquy, évoque "un projet un peu pharaonique qui doit relancer le bâtiment dans la durée". L'idée étant de proposer un autre type de logement, de niveau supérieur, "qu'on a du mal à produire dans les quartiers anciens". Depuis 2003, Créquy intervient à Saint-Etienne sur les quartiers Crêt de Roc et Beaubrun.
Le bâtiment étant inscrit à l'inventaire des Monuments historiques - c'est d'ailleurs le seul sur le quartier Jacquard (toiture, façade et montée d'escalier), il est appelé à devenir, sinon le premier, tout du moins un des premiers bâtiments (historiques) basse consommation. Des panneaux seront intégrés dans la toiture pour produire de l'eau chaude solaire. Chaque appartement sera par ailleurs équipé de domotique. Prix à la vente: entre 3500 et 4000 euros le mètre carré.

Vue depuis le 1er étage. Le lustre est porté disparu. A droite et gauche, non visibles sur la photo, sont représentées les Armes de Saint-Chamond (et non Jarez comme précédemment indiqué) et de Saint-Etienne.
Un ascenseur desservira les étages et l'accès des voitures se fera rue Elisée Reclus. L’accès principal par le perron célèbre, situé à l’angle des rues Reclus et d’Arcole, sera conservé. Les oeils de boeuf devraient être refaits à l'ancienne sur les toitures, de même que les parties en zinc qui les coiffaient en façade. Rue Reclus, les menuiseries d'origine des fenêtres seront refaites. Il sera fait appel à des entreprises spécialisées et des compagnons dans chaque métier, forgerons d'art par exemple pour refaire les ferronneries de la montée d'escalier en forme de feuilles de mûre. " Le jeu entre le décor et le reste, plus contemporain, fera un bâtiment exceptionnel", nous assure-t-on.

La cour intérieure sera arborée
_
La Condition des soies, histoire:
Le chantier qu'avait prévu le département, d' un montant de 5 200 000 euros HT, devait être achevé à l’automne 2009. Le projet consistait à réhabiliter le bâtiment principal et à démolir puis reconstruire, sur la cour intérieure, un bâtiment sans intérêt architectural, non visible depuis la rue, permettant ainsi l’harmonisation des niveaux entre les différentes ailes de l’ensemble. Un petit parking souterrain à destination des véhicules de services était également prévu. L’ensemble représentant environ 5.000 m² de SHON répartis sur cinq niveaux. A terme, le site devait héberger les bureaux de la Délégation au Développement Durable, à l’Aménagement du Territoire et à l’Agriculture (soit environ 80 personnes), mais également une crèche d’entreprise pouvant recevoir une quarantaine d' enfants. Cette dernière devait disposer d’un petit jardin végétalisé aménagé dans la cour intérieure. Le mandataire était le cabinet SARM (Jérôme Tardy), une entreprise qui avait déjà effectué de nombreux travaux dans la Loire, notamment l'extension du Centre des congrès à Saint-Etienne. Y figuraient également Aline Duverger et l’atelier Waterlot d’Yvoire.

Vue du "pigeonnier". Une mezzanine avec verrière est prévue ici.
En remontant plus loin dans le temps, la Condition des Soies relevait de la Chambre de Commerce de Lyon. Elle a été instituée en 1808. Son rôle était de peser les ballots de soie en provenance de l'étranger et d'évaluer l'humidité qu'elle contenait. Laquelle soie transitait entre les marchands et les négociants. Elle vérifiait aussi la résistance et l'élasticité des fils de soie et la qualité des tissus qu'elles recevait en retour, façonnés par les tisseurs. La première Condition des soies, construite par Jean-Michel Dalgabio, était située rue de la Bourse, dans l'actuelle Maison des avocats, (rue de la Résistance aujourd'hui) mais en 1909 la Chambre de Commerce chargea les Lamaizière de bâtir un nouveau bâtiment, plus spacieux, rue d'Arcole.
Avant d'être rachetée par le Conseil général, elle était occupée par l'Ecole supérieure de Commerce.

L’entrée principale du bâtiment constitue un avant-corps de caractère, très riche qui est délicatement rattaché aux façades latérales beaucoup plus communes, par un jeu de courbes. Le rez de chaussée est précédé d’un escalier à rampes courbes qui mène à un vestibule où la clef de l’archivolte, très ornée, est un cartouche avec l’inscription « Chambre de Commerce, Condition des Soies ». Les travées des fenêtres, du côté de la rue d'Arcole, sont décorées de chutes florales et de guirlandes.
A l’étage, se trouve une large baie encadrée de deux plus étroites, surmontées par les trois parties vitrées en renfoncement.
