En 2001, en décembre, le Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne rouvrait ses portes après d'importants travaux de rénovation débutés en 1999, conduits par les architectes Jean-Michel Willmotte et Fabrice Drain.

 

Depuis l'ouverture des musées d'Art moderne (1987) et de la Mine (1991), le Musée d'art et d'Industrie, héritier de "l'antique" Musée de Fabrique du XIXe siècle, et du long travail accompli par Marius Vachon, s'était déjà recentré sur les collections d'art industriel: armes, cycles et rubans. Des collections énormes, uniques en France et, pour certaines, uniques au monde. Mais le sous-sol du bâtiment, l'ancienne petite galerie de la mine, n'était pas adapté pour recevoir du public ou exposer des objets. Et dans les étages, absence de climatisation et d’ascenseur, absence de câblage permettant d’accueillir un minimum d’informatique, délabrement général, exiguïté des espaces d’exposition... Bref, l'ancien Palais des Arts, construit dans la seconde moitié du XIXe siècle, modifié plusieurs fois, avait besoin d'une sérieuse restructuration.

Le projet de rénovation, lancé en 1996, a consisté - la liste n'est pas exhaustive - à remodeler l'espace en sous-sol, restaurer les voûtes, percer des baies, etc. Une autre des modifications majeures du bâtiment fut de créer deux escaliers, creusés dans la masse même de ses fondations pour assurer la liaison entre le niveau de l’entrée principale et le niveau d’exposition des cycles, en dessous. Un ascenseur a été aménagé pour desservir tous les niveaux, y compris celui des réserves, et les anciens escaliers latéraux ont été élargis. Sur la façade, la pierre des colonnes et des pilastres, recouverts jusqu'alors d'une peinture grise, a été sablée. Les parquets existants ont été restaurés. Enfin, et bien que réduite par rapport au projet initial, une extension a vu le jour,  donnant au musée les espaces suffisants pour lui permettre de se doter de nouveaux équipements : salle d’accueil pour les groupes avec vestiaire, salle pour les groupes scolaires, salle de conférence avec régie,...

Au niveau des collections, celles-ci furent clairement réparties par l’équipe de la conservation : les cycles sont allés dans l’ancien sous-sol ; les rubans et les métiers à tisser au second niveau ; le troisième niveau étant consacré aux expositions temporaires et à la documentation ; enfin, le dernier niveau est réservé à la collection d' armes, la plus importante de France après celle du musée de l'Armée.

Fabrice Drain, l'architecte responsable du projet, expliquait en 2001: " La rénovation du musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne fut un chantier sortant de l’ordinaire, à beaucoup d’égards.Tout d’abord, au regard de son budget : réaliser un musée de cette ampleur, pour des collections de cette qualité, et dans un bâtiment aussi malmené par son histoire, le tout dans l’enveloppe allouée, relevait du défi. Chacun s’est employé à jouer le jeu. Au regard de la diversité et de la richesse des collections : il convenait de faire un musée, et non trois, et il fallait arriver à montrer l’essentiel dans des espaces trop petits et inadaptés pour le musée d’aujourd’hui."

Et le maire de l'époque, Michel Thiollière, d'écrire dans un édito: "Saint-Etienne est unique. Grâce à ceux qui l’ont construite et grâce à ceux qui vont la perpétuer."

photo/dr
Source: M.A.I

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