" On a donné, par extension, le nom de momies à tous les corps qu'on a retrouvés dans un état à peu près satisfaisant de conservation, bien qu'ils n'aient subi aucune des préparations savantes que leur faisait subir l'ancienne Egypte. Il en existe, en l'espèce, quelques spécimens fort curieux, au pays de Forez, dans une crypte de l'église Saint-Bonnet, à Saint-Bonnet-le-Château (Loire)". Ces fameuses momies dont nous parlait James Condamin au crépuscule du XIXe siècle, les visiteurs de la collégiale ne peuvent déjà plus les regarder en face. Et ne le pourront plus.
A la fin du chantier, c'est à dire fin mai 2012, d'après le maire, elles pourront être aperçues à travers un vitrage transparent les surplombant. Il remplacera la trappe qui donnait accès à leur tombeau. " L'échelle sera déplacée mais restera dans le caveau, pour l'histoire et en cas de besoin", précise Roger Violante. L'objectif étant de préserver ces corps desséchés, mystérieux qui baignent dans un milieu propice à leur conservation en raison de la présence dans le sol d'arsenic et d'alun. Le caveau était, il n'y a pas si longtemps, encore ouvert à la visite mais depuis de nombreuses années déjà, la Direction régionale des affaires culturelles alertait sur le risque d'altération encouru par les corps.
" Il est demandé aussi, comme partout, de pouvoir donner accès au public handicapé et là il aurait fallu mettre en place un ascenseur. Une opération bien trop compliquée", poursuit le maire. La meilleure solution est donc de fermer le caveau hermétiquement. Par le passé, un jeu de miroirs avait été imaginé et plus récemment la mise en place d'un système de caméra qu'aurait pu actionner le visiteur en surface. " Finalement, nous allons faire un film qui sera projeté sur un écran et grâce auquel le visiteur découvrira plus largement les étapes de la construction et l'histoire du lieu, la démolition du château, Anne Dauphine..."
Il y a aussi dans la collégiale, fermée cinq mois dans l'année, l'oratoire d'Anne Dauphine, une merveille, et la bibliothèque contenant 2200 volumes (pour moitié des ouvrages de liturgie mais aussi de médecine et pharmacopées, des registres de jugement) dont de nombreux incunables. "Nous avons le projet de déménager toute la bibliothèque dans une médiathèque dont l'ouverture est prévue en 2014", souligne le maire. Et d'ajouter, concernant les ruelles alentours: "Il y a beaucoup de travail à faire. D'ici cinq ou six ans, tout sera beaucoup plus accueillant que ça ne l'est actuellement."
Les derniers travaux, portant sur les chapelles, ont débuté en juin 2011. Leur montant: 130 000 euros (DRAC, Département et fonds divers).

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