Le Mémorial de la Résistance et de la Déportation de la Loire a été inauguré le 25 avril 1999. De nombreuses personnes ont répondu à l'appel pour commémorer cet anniversaire et se retrouver 10 ans plus tard, jour pour jour, dans les locaux de la rue du Théâtre. "Nous sommes persuadés de l'importance de notre travail. Nous sommes persuadés que nous avons (encore) beaucoup de choses à dire", a déclaré Jean-Michel Blanchardon. De nombreux élus étaient présents dont bien sûr Maurice Vincent qui a évoqué "l'impérieuse nécessité de maintenir vivant le souvenir de ces années historiques et douloureuses". Jean-Michel Blanchardon est le président du Mémorial depuis un an, depuis qu'il a succédé à Joseph Sanguedolce. Il  a répondu à quelques questions.

Quel avenir pour le Mémorial ? Le maire a évoqué au cours de son allocution "une solution immobilière" qui devrait intervenir dans le futur...

Ce que je peux dire, c'est que nous sommes une association et que nous vivons essentiellement des subventions, très majoritairement municipales, qui nous servent à rémunérer, assez mal d'ailleurs,  Sylvain Bissonnier, notre agent de mémoire. C'est un premier soucis et je crois que la municipalité l'a bien pris en compte. Il y a aussi des projets qui m'échappent mais auxquels nous restons attentifs concernant la refonte du quartier des Ursules. Nous sommes aussi en contact avec les Archives Municipales qui ont des soucis de place...

Vos adhérents sont assez âgés je suppose...

La moyenne d'âge baisse parce que les témoins disparaissent. Joseph Sanguedolce était le seul témoin présent lors de notre dernière assemblée générale. Disons que ce sont majoritaire des gens de ma génération, à partir de 50 ans. On a sauté une génération mais c'est quelque chose, je pense, qu'on a su très bien géré, si on compare avec d'autres départements où les associations sont dans une situation de faiblesse plus grande que nous; où il n'y a plus cette idée que des citoyens qui se sentent concernés, pour des raisons familiales, philosophiques..., participent à la vie des lieux de souvenir.


Est-ce que les gens, les jeunes en particulier, vous semblent intéressés par ce travail sur la Mémoire ?

Nous avons des relations presque exclusivement avec des publics jeunes. Ce qui est certain, c'est que les jeunes, eux, se sentent concernés. C'est une approche fondamentale sur les problèmes de racisme, sur la tolérance, sur le vivre ensemble et la liberté qu'ils relient spontanément avec l'actualité et leur quotidien. Ce n'est pas à nous de faire le lien; nous, nous parlons de ce que nous connaissons. Un autre indicateur conforte mon sentiment, c'est le Concours de la Résistance et de la Déportation qui a lieu tous les ans. Nous avons entre 400 et 500 candidats. Ils n'ont pas grand chose à gagner. Donc les jeunes, oui, se sentent concernés. Ils ont envie de comprendre...

Le Mémorial est géré par une association loi 1901 et compte un salarié, Sylvain Bissonnier, docteur en Histoire, attaché de recherche et animateur pédagogique. C'est le bureau de l'association et le Comité scientifique, composé en majorité d'universitaires, qui valide les expositions temporaires et thématiques. Au fil des ans, elles furent nombreuses: "Jean Moulin", N'oublions pas... les Déportés de la Loire", "Les étudiants dans la Résistance", La Presse sous l'Occupation"... Cette dernière exposition pourrait à nouveau être proposée au second trimestre 2009. A la fin de l'année, une exposition retracera l'action des Polonais et de la Pologne dans la Résistance. En 2010, une autre mettra en lumière les réseaux de sauvetage dans la Loire.

Deux expositions permanentes y retracent l'histoire de "La Résistance  dans la Loire" et  de la déportation. Il possède aussi un important centre de documentation sur la Seconde Guerre mondiale. Depuis l'origine, il est membre du groupe de contact régional inter musée de la Résistance et de la Déportation. Outil pédagogique, il a toujours fait des élèves son public privilégié. 3040 enfants et ados furent accueillis dès sa première année d'existence. 4000 en 2008-2009. Il travaille en étroite collaboration avec l'IERP de l'Université Jean Monnet qui doit sortir prochainement un CD Rom entièrement consacré à la seconde guerre mondiale dans notre département.


Au nombre des fondateurs du Mémorial, on compte des enseignants d'Histoire de l'Enseignement secondaire et des témoins. Parmi les résistants, il y eut Violette Maurice, Claudius Volle, disparus il y a peu, et Camille Pradet, décédé en 2006. Un hommage appuyé a été rendu à ces trois personnalités.  "Une grande dame aux qualité étonnantes", a dit Jean-Michel Blanchardon de Violette Maurice. A propos de Camille Pradet, il évoque "une vie extrêmement riche et puissante, exemplaire". Quant à Claudius Volle, "son souvenir nous sert beaucoup pour donner une suite, une fiabilité à notre mode de fonctionnement".

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