La salle de la Maison de quartier de La Métare était bien remplie le 24 avril au soir lors de la séance du Conseil de quartier. Mais ce n'est pas pour entendre les explications des élèves ingénieurs de l'Ecole des Mines sur un projet de compostage en habitat collectif - projet intéressant au demeurant, calqué sur une expérience menée avec succès à Rennes - que beaucoup s'étaient déplacés. C'est à l'ancienne clinique Guinard qu'on doit ce succès populaire.
" Il y a nécessité de consulter la population et c'est exactement ce que nous faisons ce soir...". Bronca dans l'assemblée mais Maurice Vincent ne se démonte pas et poursuit: "... dans un cadre logique de démocratie participative, avant que la décision ne soit prise en Conseil municipal... Développer la démocratie participative, ce n'est pas remplacer les institutions démocratiques...". Il répondait à des critiques - "on est sur un exemple où la Démocratie n'est pas la bienvenue" - ou des interrogations - "pourquoi ne demandez-vous pas l'avis des Stéphanois ?" - après avoir précisé que la question de la clinique Guinard n'était pas celle de son intégrité architecturale, extérieure tout du moins, mais bien celle de sa nouvelle utilisation. Charles Malécot avait ouvert le bal: "Si la décision est déjà prise par la mairie...". C'est que plusieurs hypothèses seront évoquées mais qu'une seule a été présentée, d'où le sentiment d'un projet déjà bien ficelé, et qui ne recueille pas, loin s'en faut, tous les suffrages au sein de la population du quartier. 1300 signatures contre ce "projet imposé" ont été collectées, notamment par Gael Perdriau, conseiller municipal de l'opposition (UMP).

Le projet en question est celui que porte l'Association Rhône-Alpes pour le Logement et l'Insertion Sociale (ARALIS). Son directeur l'a présenté dans les grandes lignes. Il prévoit de faire du bâtiment, situé sur flanc de colline à Villeboeuf, une "résidence sociale" comprenant une cinquantaine de petits logement à destination de publics modestes, personnes isolées, âgées surtout. Il accueillerait aussi les bureaux d'ARALIS Loire. " Des personnes âgées ? interroge Monique Broué, c'est gratiné en haut de la rue Desflaches, et il n'y a pas de commerce...". La suspicion a flotté dans l'air tout au long des débats, quant au profil des futurs résidants, et les questions parfois n'ont pas volé très haut. Des habitants âgés, ils l'étaient pratiquement tous à ce Conseil de quartier, ont évoqué des nuisances causées par les protégés d'ARALIS à l'hébergement d'urgence de Bergson. Rien à voir avec le public envisagé rue Lassaigne et un statut de résidence sociale, protestent en choeur le maire et le directeur d'ARALIS. Maurice Vincent évoque d'ailleurs à Bergson "de petits désagréments".

Concernant la procédure, il répond qu'elle a suivi un cours habituel. " Il y a appel d'offre quand on construit un bâtiment mais pas quand la ville vend un bien immobilier. Ce n'est pas la procédure légale. " Quant à une adjudication, Florent Pigeon évoque le risque de vendre le lieu au plus offrant et de voir s'y établir une discothèque. Parmi les sept propositions définitives qui ont été adressées à la Commission immobilière et foncière après diffusion auprès des professionnels, et une vingtaine de visites sur site, c'est le projet ARALIS qui est le seul, selon Maurice Vincent, "à entrer dans les clous". Il a l'avantage de conserver le parc arboré. Ce qui ne serait pas le cas avec un autre projet, d'hôtel moyen-haut de gamme, nécessitant la création d'un parking et des travaux plus lourds sur le bâtiment. Un projet d'hôtellerie serait d'ailleurs dans les cartons, sur un tènement près de Manufrance. Dans l'assemblée, des voix ont réclamé ici une crèche, là un établissement médicalisé pour personnes âgées. Maurice Vincent rétorque à propos de crèche que ce n'est pas un secteur où le besoin est le plus prégnant. Quant au prix (1,6 millions) il a été fixé, après expertise, par le Service des Domaines. "La proposition d'ARALIS est la seule à le respecter", souligne l'adjoint à l'urbanisme. Les autres propositions seraient largement en dessous.