Par « pesticides » on désigne les produits utilisés pour la prévention, le contrôle ou l’élimination d’organismes vivants jugés indésirables. Ils comportent trois familles principales, selon leur cible : insecticides, herbicides, fongicides (pour lutter contre les champignons et les moisissures comme le mildiou). Le domaine de l’agriculture reste de loin le plus grand consommateur de produits phytosanitaires avec 90% des utilisations en tonnage.
L’objectif de l’étude, première d’un programme élaboré sur cinq départements de Rhône-Alpes, est d’évaluer la présence ou l’absence de phytosanitaires sur deux typologies de sites localisés à proximité de zones d’épandage. Pour la Loire le secteur de maraîchage et de grandes cultures du sud de la Plaine du Forez. Les mesures permettront d'alimenter une base de données constituant un observatoire, utile dans le cadre du suivi de mesures de réduction de l'utilisation de produits phytosanitaires.
Les mesures réalisées sur 76 molécules actives pendant une durée d’un an montrent que, sur l’un et l’autre des deux sites, 60 % des substances ont été détectées, voire quantifiées, au moins une fois dans l’air, ce qui confirme bien la présence d’une partie des pesticides épandus dans ce compartiment de l’environnement à proximité des zones d’épandage. Sur l’un et l’autre des deux sites, la majorité des concentrations relevées est faible, inférieure à 0,5 ng.m-3.
Trois molécules (trifluraline, pendiméthaline et lindane ) sont quantifiées dans plus de 80 % des prélèvements sur les deux sites. Pour la trifluraline et la pendiméthaline, l'étude souligne que l'omniprésence ces deux herbicides est probablement liée à leur caractère très volatil. Le lindane est un cas spécifique : cet insecticide, interdit depuis 1998 en agriculture et utilisé comme produit de traitement du bois jusqu’en 2006, est le 2ème pesticide le plus retrouvé sur le territoire national. Cette présence pourrait être due à une revolatilisation depuis les sols ou à des apports d’autres pays. En effet, sa persistance dans les sols est grande, trente à quarante ans dans les sols agricoles européens ; elle l’est également dans l’air : plus de dix-sept semaines.
Hormis ces trois composés, le classement des substances par fréquence de quantification, c’est-à dire le nombre de fois où la substance a été retrouvée par rapport au nombre total de prélèvements, est spécifique du site. De manière générale, sur le secteur forézien, dans le groupe des substances quantifiées plus d’un tiers du temps, la moitié sont des herbicides (maraîchage/grandes cultures) alors qu’en secteur drômois d’arboriculture/viticulture, ce sont les insecticides et les fongicides qui sont les plus fréquents. En outre, sur le site forézien, les molécules sont plus diversifiées, le chlorothalonil (fongicide cultures légumières et grandes cultures), la trifluraline déjà évoqué (herbicide céréales et choux) et le propachlore (herbicide poireaux, choux, sorgho) sont les principaux contributeurs à la charge globale.
" En comparaison des autres études menées sur le territoire national, le taux de présence semble plutôt supérieur sur les deux sites étudiés ", note l'étude. Ceci peut provenir de différentes raisons telles que la diversité des cultures environnant les sites, la durée de la campagne (1 an) qui permet d’appréhender tous les types de traitement ou les méthodes de prélèvement et d’analyse.