Dans la Loire, 294 unités de distribution (UDI) fournissent l'eau aux habitants. Elles peuvent être exploitées par la collectivité publique en régie directe (pour 174 d'entre elles) ou en sous-traitance par une société privée (120). Les plus petites UDI et les plus nombreuses sont logiquement situées dans les secteurs montagneux (20 % de la population). Les plus importantes sont celles de Roanne et Saint-Etienne qui représentent l'alimentation de 33% de la population. 38 UDI d'importance moyenne (de plus de 3500 habitants) sont localisées dans la plaine du Forez, les vallées du Gier et de l'Ondaine (47% de la population).
Mais la responsabilité de la distribution incombe aux collectivités, qu'elles soient communes ou syndicats intercommunaux. C'est à elles d'assurer d'une surveillance continue de la qualité de l'eau qu'elle servent à leurs populations. Chaque année, le responsable de production ou de distribution d'eau desservant une population de 3500 habitants adresse à la DDASS un bilan de fonctionnement. Le service Santé-Environnement s'attache à contrôler les pratiques des exploitants et mène une expertise sanitaire de ses résultats d'analyse.
"Nous apportons le regard et l'action d'un organisme indépendant ", souligne Michel Ferrand, ingénieur en chef du génie sanitaire et responsable du Service Santé et Environnement. Avec lui, deux autres ingénieurs et trois techniciens sont aussi chargés de trouver les causes aux dysfonctionnements éventuels. Selon les cas, ils visitent les installations et la DDASS peut imposer les mesures correctives. En dernier recours, le Préfet peut demander toute mesure de gestion pour protéger la santé des consommateurs. "
On gère aussi les actes d'autorisation et on veille à ce que les produits et procédés de traitement correspondent bien aux normes". En ce qui concerne les analyses, qu'effectue la DDASS pour les petites collectivités, leur fréquence, nature, etc, le programme a été fixé en avril 2008 par le Préfet de la Loire. Il comporte en moyenne 4 900 prélèvements/an.
"L'eau est une des denrées les mieux surveillées du monde, terriblement surveillée ", souligne Gilles May-Carle.
"Et l'Europe renforce encore ces contrôles." Selon le bilan 2005-2007, 97% de la population de la Loire a consommé une eau de qualité bactériologique satisfaisante. A titre de comparaison, 85 % de la population durant la période 1999-2001.
" Ce qui place la Loire dans les 30 premiers départements pour la qualité de l'eau" , précise le directeur de la DDASS même s'il reconnaît que l'objectif d'une eau à 100% 0 défaut sera très difficile à atteindre en raison des nombreuses zones de montagne où les sources peuvent être assez facilement contaminées par une pollution de type organique, par un animal par exemple. 21 271 habitants restent desservis par une eau qui a subi épisodiquement des contaminations microbiologiques durant cette période et 13 unités de distribution alimentant 4 810 habitants ont fait l'objet d'une interdiction de consommation et de restriction temporaire. Cette dernière est encore maintenue pour 3 UDI desservant 213 habitants et ce, jusqu'à ce que des mesures soient mises en oeuvre. Il peut s'agir de dispositifs de désinfection ou dans le pire des cas de la fermeture de la ressource pour mettre en place un autre raccordement.
" Les eaux du département sont assez faiblement minéralisées", poursuit Gilles May-Carle. "
Pour éviter qu'elle ne soient trop corrosives, l' intervention vise à les reminéraliser". C'est ce qu'a fait il y a quelques mois la station de la Martinière à Saint-Chamond-L'Horme, appartenant au syndicat intercommunal des eaux de Saint-Chamond. 562 700 habitants ont été alimentés par une eau faisant l'objet d'un traitement de reminéralisation. 91 600 habitants (12% de la population) sont desservis par 186 UDI présentant une eau faiblement minéralisée. Ce qui nécéssitera la mise en place d'installations.
Concernant les nitrates, deux UDI délivrent une eau dont la teneur moyenne est de l'ordre de 43mg/l. Le seuil étant fixé à 50mg/l. Depuis 1980, une quinzaine de collectivités ont été obligées d'abandonner 34 ressources (7 puits et 27 sources) présentant des teneurs en nitrate élevées.
Concernant enfin les pesticides, 98,5% de la population a consommé une eau conforme pour les paramètres mesurés.