

Parce qu'elle collecte toutes sortes d'objets qu'elle ré-emploie, l'association Chrysalide a obtenu en avril 2007 le label national de “ recyclerie – ressourcerie ”. Les recycleries – ressourceries sont issues d’un réseau national développé dans le nord de la France et dont l’idée fédératrice est de réduire les déchets produits, les réutiliser et les recycler.Mais dans le cas de Chrysalide, l’application de ce principe de développement durable est associée à une vraie démarche d’insertion.
Située anciennement rue Desjoyaux à Saint-Etienne, Chrysalide récupère des objets divers (vêtements, mobilier, vaisselles, disques...) encore en bon état auprès des particuliers. Ils font ensuite l’objet d’un diagnostic et d’un contrôle pour être nettoyés, réparés ou détournés de leur usage. Stockés dans le magasin de l’association, ils sont achetés par de nouveaux clients, leur vente à petit prix apportant à l’association une part d’auto-financement. Les produits revalorisés sont également proposés à la vente lors d’une grande brocante organisée annuellement par l’association. Quant aux pièces qui ne sont pas réutilisables , elles peuvent servir de pièces détachées. Dans tous les cas, l'objectif est de préserver au maximum les objets de l’enfouissement et d'affirmer le credo du développement durable: pour une consommation éco-responsable !

Chrysalide emploie aujourd’hui 4 personnes à titre permanent et 23 salariés. L’ensemble des salariés regroupe des personnes bénéficiaires du RMI, en situation de grande précarité et percevant les minima sociaux. Les salariés sont recrutés par l’association sur la base de contrats d’avenir. Le principe : le Conseil général verse à l’association le montant de l’allocation RMI qui le reverse ensuite à ses employés. L’Etat assure aussi le complément de financement de ce type de mesure. Pendant ce temps, les personnes restent inscrites dans le dispositif RMI et en conservent ainsi les droits. Ce dispositif a le mérite de financer de l’activité plutôt que de l’assistance. De plus, dans le cadre de sa politique en faveur de l’insertion des bénéficiaires du RMI, le Conseil général attribue à l’association la somme de 57 000 € à l’association pour l’aider à accompagner un public en grande difficulté.

Généralement, à l’initiative d’un travailleur social, un demandeur d'emploi peut être orienté vers l’association pour apprendre à se mettre ou se remettre au travail. Cela leur permet de reprendre progressivement des réflexes et des habitudes de personnes “ actives ” : respecter un rythme imposé et des horaires, vivre et collaborer avec ses collègues, atteindre des objectifs… Sandrine et Hanane travaillent à Chrysalide depuis trois semaines et s'attachent à faire, 26 heures par semaine, du magasin une caverne d'Ali Baba parfaitement propre et rangée. C'est par l'entremise d'un travailleur social du PLIE que Sandrine a postulé à l'association et décroché ce travail, embauchée pour deux ans : " J'étais en fin de droits et je vis seule avec mon fils de 16 ans. Ce travail change beaucoup de choses, aussi bien financièrement que moralement. C'est très important pour moi d'être active et de pouvoir cotoyer des personnes." Les salariés de l’association font l’objet d’un accompagnement individualisé pour préparer leur réinsertion. Hanane et Sandrine, "très heureuses d'être là", savent aussi qu'elle ne resteront pas éternellement au 28 rue Desjoyaux mais, grâce à Chrysalide, envisagent l'avenir plus sereinement.