Petit zOOm sur "Méli Mélo" est les difficultés que rencontre l' Association Accompagnement Loisirs.
 
" Méli Mélo " a ouvert ses portes le 23 novembre 1999. Il s'agit d'un lieu de rencontres issu d'une association, Association Accompagnement Loisirs (AAL), elle-même née du regroupement de plusieurs organismes gestionnaires de Services d'Accompagnement à la Vie Sociale stéphanois. Elles ont pour noms ADAPEI Loire, Trait d'Union, Vivre la Vie, Chantespoir, AREPSHA... Derrière ces sigles un peu barbares et ces noms joyeux se cachent des associations d'aide et d'accompagnement de personnes handicapées intellectuelles.
 
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"Petites vacheries entre voisins"
par l'atelier théâtre du Méli Mélo 
 
Pensé à la manière d'une "courroie de transmission " entre les personnes handicapées et la vie de la cité, " Méli Mélo " a  un fonctionnement transversal qui permet de développer efficacement la solidarité entre tous. Sa mission est éducative et répond aux principes de l'Education Populaire.Les hommes et femmes accueillis à "Méli Mélo" (soit 60 personnes) ont assez d'autonomie pour vivre en appartement mais ont besoin d'un étayage supplémentaire pour les week-ends, les vacances... Deux salariés et des bénévoles leur apportent donc un enrichissement articulé sur deux axes: personnel, par une approche des activités centrées sur l'individu, et social, par une incitation à participer d'abord à la vie du lieu et ensuite à aller vers l'extérieur. Des activités d'expression (théâtre, arts plastiques, yoga...), sportives et culturelles (visites touristiques) participent de cette idée et permettent aux adhérents d'améliorer leur savoir-être, d'affronter le regard des autres, de rester sujets de leurs propres projets de loisirs.
 
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Lors de sa création, l'AAL bénéficiait semble-t-il du soutien total du Conseil général, convaincu de sa pertinence. Courant 2006, le contexte a évolué. Les financeurs se sont dégagés progressivement du financement des services " qui n'ont pas de légitimité intitutionnelle ancrée dans la réalité économique et politique ".  Aujourd'hui, David Magnin, responsable de la structure, évoque " une situation critique ".
 
Que se passe-t-il avec le Conseil général ?

"A l'heure actuelle, notre principal financeur ne nous reconnaît plus. En 1999, il avait incité au regroupement des associations pour fournir un outil commun lié aux loisirs. Depuis deux ans, nous n'avons plus d'interlocuteur et nous subissons des baisses budgétaires: -15% en 2007, par rapport à 2006; ce qui représente - 18 % de nos besoins réels. "
 
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Qu'est ce qui d'après vous motive ce désengagement  ?
 
" Une évolution du contexte légal. La loi de 2002 avait rénové l'action sociale et nous étions alors à l'avant-garde de cette dynamique. Celle de 2005 marque un changement. D'abord, elle s'adresse plutôt aux handicapés physiques et on a l'impression que les personnes déficientes intellectuelles sont oubliées. Dans le même temps, misant sur l'intégration, elle tend à assimiler les lieux comme "Méli Mélo" à des formes de ghettoisation. Alors que nous faisons justement des tentatives d'intégration. On se considère comme le fauteuil roulant des handicapés intellectuels. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'aide matérielle physique autour d'elles qu'il n'y a pas un étayage réel. Et celui-ci est absolument nécessaire."

Que vous répond le Conseil général ?

"Nous avons rendez-vous le 6 juillet... Pendant ce temps, notre activité doit baisser. Au mois d'août, on proposait des sorties à la journée. Pour éviter de creuser la trésorerie, le CA a décidé de les annuler. Nous étions la seule structure ouverte."

Dernière question. Quel est votre avis de professionnel sur cette idée d'intégration des personnes handicapées. Présente-t-elle des dangers ?
 
"Mon avis c'est qu'à prôner à tout-va l'intégration, on véhicule l'idée de la personne handicapée hyper-compétente. Mais pour les déficients intellectuels avec qui on travaille, leurs performances au quotidien c'est se lever, se laver, aller travailler. On est loin de Rain Man. Il faut imaginer la difficulté pour ces personnes à être intégrées tout le temps. C'est comme si on voulait intégrer chez les Lakers un type qui joue au basket le dimanche. On début, il est gratifié; le lendemain, il est fatigué. Au bout de trois jours, il est largué."
 
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Post-scriptum:

L' Association Accompagnement Loisirs retrouve le sourire après des mois difficiles. En effet, la structure et le Conseil général semblent avoir trouvé un accord.

David Magnin, par voie de communiqué: " La direction de la Délégation à la Vie Sociale du Conseil Général de la Loire nous propose de continuer à nous subventionner dans un cadre hors médico-social comme association oeuvrant aux loisirs de personnes handicapées et valides (ce qui nous laisse encore plus de liberté de gestion financière). Cela nécessitera un ajustement statutaire qui sera à l'orde du jour du Conseil d'Administration de septembre. Nous attendons une confirmation écrite de leur part."

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