Portail régional Saint-Etienne Forez depuis 1999


Accueil arrow Actualités arrow Musique rom au kiosque (Màj)

Météo

Saint-Etienne, France
C
+ de détails
+ prévisions à 10 jours

Forums

Musique rom au kiosque (Màj) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Image C'est bien parti pour être le roman-feuilleton de l'été à Saint-Etienne. Depuis l'expulsion de leur squat de Montplaisir, le 17 juillet, les Roms, au nombre de 70 environ, dont une quinzaine d'enfants, ont transformé le kiosque de la Place Jean Jaurès en abri de fortune. Ils dorment aussi dans des toiles de tente plantées dans le gazon à deux pas de la Préfecture. Les habitants du squat de la rue Salengro ne devraient pas les rejoindre. "Expulsés en douceur", selon les termes du Réseau de solidarité,  les 25 personnes qui y habitaient (dans un précédent article, nous écrivions deux familles, ce qui était en deça du nombre réel) ont trouvé un autre squat au Crêt de Roc.

Les membres du Réseau de Solidarité, et les représentants d'autres associations solidaires, ont rencontré des adjoints de la municipalité et le directeur du cabinet du maire. Ils ont pu leur communiquer les 2300 et quelques signatures d'une pétition qui condamne unanimement l'expulsion de Montplaisir. Une "évacuation" selon le lexique de la mairie qui assume totalement. Ce que n'encaissent pas les associations, c'est d'une part le gâchis du travail scolaire et périscolaire effectué en faveur des enfants, et les conditions de l'expulsion. Les Roms n'ont pas eu la possibilité de récupérer leurs biens et les locaux ont été volontairement dégradés. Des pneus ont été brûlés, en présence d'employés et de policiers municipaux, afin d'éviter tout retour. Pour SOS Racisme, "le respect de la dignité humaine a été bafoué et les droits de l'enfants sacrifiés au nom d'une politique locale inhumaine. Déplacer de façon continuelle cette communauté, tenter de les parquer sur des terrains vagues ou abandonnés, ne fait que démontrer cette volonté persistante de se débarrasser d'une communauté devenue trop visible."

romschels.jpg
romchels.jpg
Le squat de la rue Salengro

L'opposition bien sûr s'en lèche les babines. Après avoir salué le calme dans lequel s'est déroulée l'évacuation du squat de Montplaisir, "ainsi que l'efficacité de M. le Préfet et de ses services", le groupe "Union pour l'avenir des Stéphanois" écrivait que c'est "un comble pour une municipalité de gauche." On peut lire de semblables appréciations sur des blogs locaux  anarchisants. " On est loin de la gestion  humaniste prônée par M. Vincent et ses amis communistes lorsqu’ils étaient  dans l’opposition", poursuit le groupe de Jean-Jacques Rey. " A présent qu’ils sont aux affaires, ils sont confrontés à la  réalité et paient leurs excès de démagogie", souligne-t-il. Reste que Maurice Vincent n'a jamais fait des gorges chaudes de la difficile gestion de ce problème par la majorité précédente. Et le groupe d'opposition demande maintenant des éclaircissements sur l'affaire des pneus. Les Verts, sensibilisés de longue date, évoquent pour leur part une "expulsion inhumaine" et demandent à la nouvelle municipalité "de se ressaisir et d'organiser sans délai une concertation avec les familles Rroms, avec les pouvoirs publics, et avec les associations, pour trouver des solutions d'un hébergement digne."

kiosqueroms.jpg

Mais revenons au principal. Les associations et les membres du Réseau de soutien, instrumentalisés, pour le groupe d'opposition de droite, fanatiques pour  Maurice Vincent, demandent surtout le relogement des personnes. "Sur trois lieux différents,  compte tenu du nombre de personnes, et avec un poste de coordinateur", précise un membre du Réseau de solidarité. Terrains ou locaux, peu importe, mais dans de bonnes conditions. La mairie pour sa part, toujours d'après les membres du Réseau, camperait sur ses positions. Elle met à disposition un terrain, à Montmartre, sur les hauteurs de la ville, avec WC et eau, l'électricité devant venir après l'installation. Mais les Roms et les associations refusent. "Il y a des gravats, des pierres, des ordures, le chenil tout proche et la boue par temps de pluie. C'est pire qu'au Clapier", déclare Georges Gunther. On se souviendra au passage qu'au Clapier, ce sont des bulldozers qui avaient réglé la question du campement rom, sous la municipalité Thiollière."Dans trois mois, c'est à nouveau l'expulsion pour risques sanitaires", ajoute Georges Gunther, avant de souligner encore: " Ils s'appuient sur la loi, nous avons la légitimité des droits de l'homme".

Pour conclure cette brève, les gens du kiosque ont improvisé un concert ce soir. Il y avait pas mal de monde autour et la musique était belle.

romsconcert.jpg
> Lire aussi la mise au point du maire

>> A propos du squat Salengro: "Où vont les Roms ?"

Brève du 17 juillet

L’ANAEM organisait le 17 juillet le départ vers la Roumanie d'un certain nombre de squatteurs de l'ancienne école de Montplaisir, à Saint-Etienne. Les membres du Réseau de solidarité avec les rroms que nous avons questionné ce matin rue de Terrenoire ne connaissaient pas exactement le nombre de volontaires. Quelques dizaines sans doute. Mais on sait déjà ce qu'ils pensent de ce procédé:  " des voyages coûteux,  qui ne servent à rien puisqu'ils reviennent en France, sinon à alimenter les quotas d’expulsion, et qui détruisent le travail de construction des associations."

Certains membres du Réseau avaient passé la nuit dans les locaux. D'autres arrivent aux premières lueurs du jour et improvisent un petit déjeuner. Ils savent que le Préfet de la Loire a accordé à la municipalité le concours des forces de police pour évacuer les familles qui vivent à Montplaisir.  Ils s'attendent donc à l'intervention des policiers et craignent "que des pressions s’exercent sur les familles pour les contraindre à partir."

romexpulsix.jpg

Les Roms en partance sortent leurs baluchons. Deux autocars arrivent vers six heures suivis de peu d'une armada de CRS, de gendarmes  et de policiers en civil. Plus de vingt camions. Tout le paté de maison est bouclé et les citoyens français invités à sortir du périmètre. " Un déploiement insensé", de l'avis d'un membre du Réseau de solidarité. "A l'intérieur des locaux, on ne sait pas ce qui se passe", s'inquiète un autre. A huit heures, les cars affrêtés par l'ANAEM et les forces de l'ordre étaient encore sur place. Les Roms qui ne partiront pas, eux, resteront sur le trottoir. Ils pensent déjà à d'autres coins de rues plus tranquiles...

romexpulsdx.jpg

PS: Un communiqué de la Préfecture précise que 41 adultes et 15 enfants ont pris le bus les conduisant à l’aéroport Saint-Exupéry pour un vol à destination de la Roumanie. 65 personnes "ont été conduites hors du squat."

Le communiqué indique par ailleurs que "cette action répondait à l’attente de nombreux riverains qui avaient fait part de leur mécontentement en soulignant les nuisances causées par l'occupation illégale de ce site" et que la situation des occupants de nationalité étrangère fera l'objet, au regard des lois relatives au séjour en France, d'un examen particulier par la préfecture. Celle-ci fera notamment application de la possibilité de reconduire à la frontière celles qui ne peuvent justifier de ressources suffisantes pour assurer leur subsistance.

romexpulsrom.jpg

romexpulscq.jpg

romexpulsqt.jpg

romexpulstrs.jpg

Photos: FI

Écrit par FI