
Les syndicats enseignants, l'UNEF, le principal syndicat étudiant, l'Union nationale lycéenne et les jeunes socialistes, communistes et verts appelaient à faire grève et à manifester ce jeudi 20 novembre. Les derniers chiffres communiqués par l'Inspection académique indiquent un taux de participation de 64,8% dans le premier degré, 24,3% dans les collèges, 16% dans les lycées professionnels, 13,6% dans les lycées et 10% concernant les personnels autres (administratifs...). A Saint-Etienne, le cortège a réuni environ 2500 manifestants (3500 d'après les organisateurs). Ils étaient moins d' un millier à Roanne.
"Pour la première fois dans les écoles, une augmentation de près 15400 élèves s'accompagnera à la rentrée 2009 de la suppression de 6000 postes et de l'annonce de la suppression des réseaux d'aides aux élèves en difficulté " , estiment le SGEN-CFDT, UNSA éducation et le SNUipp-FSU.
7500 postes doivent aussi disparaître dans les collèges et lycées. Les lycéens s'élèvent contre la réforme proposée par Xavier Darcos et demandent des moyens pour les établissements et l’orientation, des professeurs pour leurs heures de soutiens... Ils protestent contre la suppression des filières et celle de la carte scolaire
"qui aboutirait, selon un tract distribué en début de semaine dans les lycées
, à la création de lycées d’élite pour élèves fortunés, accentuant ainsi les inégalités déjà existantes". Les enseignants du LP Albert Camus de Firminy, nombreux dans le cortège stéphanois, s'inquiètent pour leur part de la supression en 2009 de certains BEP comptabilité. Conséquence annoncée en terme d'effectifs: une cinquantaine d'élèves et plusieurs professeurs en moins. Les professeurs de Sciences Economiques et sociales craignent dans les futurs lycées, dont la transformation est encore floue, une forte réduction de leurs disciplines. D'après un enseignant,
" en classe de seconde, les SES, non-obligatoires ne seraient plus que des modules de découverte et seront mis en concurrence avec d'autres disciplines qui elles pourtant font partie de l'enseignement obligatoire: Histoire-géo, maths...".
Egalement mobilisés, les personnels des écoles maternelles,
"pour le maintien de l'école maternelle dès 2 ans" et,
en tête de cortège à Saint-Etienne, les professionnels des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED). Rééducateurs de l'Education nationale ou Maîtres d'adaptation, ils travaillent en lien avec les psychologues scolaires pour apporter un "soutien pédagogique ou/et comportemental" aux élèves dont le comportement inhibé ou violent, par exemple, entraîne des situation d'échecs. Ils sont une centaine dans la Loire. 1/3 des postes dans notre département seraient menacés en tant que tel, soit 30 à 40 postes. Sylviane Alcarez fait partie du RASED. Elle est amenée à travailler dans 26 établissements ligériens. Pour elle le danger c'est la suppression de ces postes très spécialisés par une sédentarisation et leur réaffectation sur des fonctions ordinaires.
"C'est comme de supprimer toutes les spécialités médicales et de ne faire que des médecins généralistes" , dit-elle.