Le
3 octobre, le Conseil général de la Loire avait assigné en référé
pour "diffamation" le cinéaste Eric Rohmer et la Sarl Rezo Films,
distributrice du film "Les amours d'Astrée et de Céladon".
Le Tribunal de grande instance de Montbrison a débouté le Conseil général de la Loire dans ses poursuites, déclarant "irrecevables" les poursuites engagées sur la base de la loi de 1881 sur la diffamation par voie de presse, "en l'absence de délibération prise par l'assemblée départementale". Il a soulevé aussi "un second motif d'irrecevabilité" dans le fait que l'auteur de la musique et les producteurs de cette oeuvre cinématographique ne soient pas visés par les poursuites, au même titre que le réalisateur et la société Rezo Films, distributrice du film.
Le 28 septembre, le Tribunal de
Montbrison avait déjà débouté le Conseil général, considérant que l'article 1382
du code civil, cité dans l'assignation, n'était pas valable. Pascal Clément, demandait la suppression de l'avertissement au contenu "erroné"*,
ainsi qu'une somme de 3.000 euros au titre du préjudice subi.
La présidente du tribunal avait déclaré "nulles et de nul effet" les
assignations à l'encontre de Rezo Films, et estimé
ne pas avoir été valablement saisie. Reprenant les arguments de l' avocate des sociétés cinématographiques, la
juridiction avait expliqué dans ses attendus que "les passages dont le caractère erroné et péjoratif est allégué relèvent des seules dispositions de la loi du 29 juillet 1881",
relative à la diffamation par voie de presse, laquelle obéit à un
régime procédural particulier, qui dans cette affaire n'avait pas été
respecté.
* "Malheureusement,
nous n'avons pas pu situer cette histoire dans la région où l'avait
placé l'auteur; la plaine du Forez étant maintenant défigurée par
l'urbanisation, l'élargissement des routes, le rétrécissement des
rivières, la plantation de résineux. Nous avons du choisir ailleurs en
France, comme cadre de cette histoire, des paysages ayant conservé
l'essentiel de leur poésie sauvage et de leur charme bucolique"
Brève en date du 20 septembre:
réaction des Verts
"Les Verts comme tous les foréziens sont blessés qu'un cinéaste comme Eric Rohmer puisse réaliser un film à partir de l'oeuvre d'Honoré d'Urfé sans utiliser quelques éléments du patrimoine forézien. D’autant que les rives du Lignon restent à nos yeux assez bucoliques et assez dignes de se revendiquer comme décor naturel à un film dont le succès ne vaudra sûrement pas celui du roman qui l'inspira. Le même cinéaste aurait sans doute pu éviter d'expliciter son choix dans le générique du film.
Mais force est de constater que si procès il y a, les avocats du cinéaste vont avoir des arguments de poids. En effet, notre département est un des derniers de France à ne pas posséder un Conseil à l'Architecture, à l'Urbanisme et à l'Environnement.
La plaine du Forez a été, sous l'action de la majorité de droite, coupée en deux par une autoroute et transformée par des dizaines de routes secondaires dont les dernières se construisent encore. Une majeure partie de la plaine du Forez a disparu sous les coups de l'urbanisation, de l'industrialisation et des zones commerciales issus du déménagement par la majorité départementale de l'agglomération stéphanoise dans la Plaine.
Sans les associations de protection de la nature, jamais les bords de Loire ne seraient devenus un écrin de verdure, ils auraient juste été transformés en digues de bétons. Combien d'étangs ont disparu sous les coups des bulldozers ? Combien de charmants petits pigeonniers ou autres lavoirs ont été rasés ? Les contrats de rivière traînent en longueur sans parfois aboutir réellement comme par exemple pour la Mare. Les différents recours pour destruction du patrimoine se suivent et se ressemblent mettant la Loire à l'index.
Les Verts souhaitent un changement rapide de conseil général pour avoir une nouvelle majorité départementale qui loin des discours à la Don Quichotte et des conférences de presse tapageuses, agisse enfin pour la beauté de ce département."
Les VERTS Loire