
A Marseille, le dispositif porte le nom d'EPA Euroméditerranée. Celui de Saint-Etienne est plus austère: Etablissement Public d'Aménagement à Saint-Etienne. Cet outil puissant,
"avec la souplesse d'une PME", précise son directeur Nicolas Ferrand, a été créé par l'Etat, pour une durée de 15 ans, en accord avec les collectivités pour aider la Ville à réaliser son projet de renouvellement urbain et participer au rayonnement de la grande métropole lyonnaise.
"Apprécié localement et nationalement", par les urbanistes, les
architectes... il oeuvre au développement résidentiel et économique des
espaces compris à l’intérieur de son périmètre de compétence, couvrant
970 hectares, et travaille en lien avec EPORA pour l'acquisition du
foncier. Il vend aussi aux investisseurs. Au programme de ses grands
projets: le développement du pôle tertiaire de Châteaucreux, la
reconversion des sites de la Manufacture et de la Plaine Achille, la
renaissance urbaine des quartiers anciens du Centre-ville...
Le montant total des opérations s’élève à près de 780 millions d’euros dont 390 M€ proviennent de financements publics.
"Notre ambition est de disparaître", déclare Nicolas Ferrand. En attendant, il entame sa seconde année d'existence et poursuit la première phase de sa mission, jusqu'en 2013. Sur ces 7 premières années, les financements publics s’élèveront à 120 millions d’euros, couverts pour moitié par l'Etat et le reste par les collectivités (Ville, Agglomération, Département et Région) pour un chiffre d'affaire de l'ordre de 300 millions d'euros.
Jean-Jack Queyranne était à Saint-Etienne ce 12 juin, pour la première fois dans les locaux de l'établissement. Accompagné du maire Maurice Vincent, qui préside l'EPASE, et de Jean-Louis Gagnaire, Vice-président chargé du développement économique au sein du Conseil régional, il s'est fait présenter le projet qui doit faire d'un ancien territoire industriel une métropole d'équilibre dynamique. Il a confirmé l'engagement de la Région, saluant
"une démarche solide", notant en particulier
"la volonté d'être à l'avant-garde du développement durable". Sa participation s'élèvera à hauteur de 10%, soit 12 millions d'euros. 28 millions sur l'ensemble du programme depuis le premier contrat d'agglomération.
"Nous avons beaucoup oeuvré, avec Jean-Louis Gagnaire pour que la participation de la Région soit à la hauteur des besoins et des ambitions", dit le maire qui souligne la qualité du travail déjà réalisé, évoquant
"l'espoir que représente pour la ville la réalisation la plus rapide possible de ces projets".
Pour les années à venir, plusieurs enjeux prioritaires ont été confiés à l'EPA. Le développement de châteaucreux, érigé en symbole du renouveau stéphanois (75 millions d'euros sur ce seul secteur), se poursuivra, avec une opération s'étendant sur 60 hectares; au nord de la gare, avec la réduction du faisceau ferré et une ouverture vers le Soleil; et au sud avec le quartier des affaires où le siège du Chèque Emploi Service Universel (livraison fin 2011); le projet Maki (fin 2010); la Cité des affaires (fin 2009) s'ajouteront au siège de Casino. Un hôtel encore, des logement aussi, sociaux en partie, et peut-être moins de bureaux. Mais sans doute pas de grands changements en perspective. La mutation de la zone Manufacture-Plaine Achille (100 hectares) au sein d'une ZAC intégrant la Cité du design et un "cluster créatif" (lieux de rencontres de l'innovation scientifique, technique, artistique...). Les premiers éléments d'un programme prévoient également d'accueillir la fac de sciences et ses laboratoires. D'autres projets encores sont envisagés (une base de loisirs au coeur de la plaine Achille...). Dans les quartiers anciens, en complémentarité avec l'ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) l'effort sera poursuivi contre l'habitat indigne, pour l'amélioration de la qualité de vie, la requalification des espaces publiques...