Une cinquantaine d’étudiants étrangers “ candidats ” à la Promotion 2008 Jeunes Ambassadeurs de Saint-Etienne ont été accueillis lundi 22 octobre dans les Salons de l’Hôtel de Ville. Venant de 22 pays, ils sont tous inscrits en fin de cycle dans les formations et établissements d’enseignement supérieur stéphanois partenaires. Une quarantaine d'entre eux, pour une période de six mois, vont être mis en binôme avec un "coach", responsable ou cadres d’entreprise du territoire.

 

Le programme

Profondément ancré dans le tissu économique, le programme Jeunes Ambassadeurs a été lancé  en 1999 dans le Rhône avec pour objectif de dynamiser le rayonnement international de Lyon en créant un réseau de pointe pour les relations internationales des entreprises locales. Par la mise en place de liens durables entre les étudiants étrangers de haut niveau et les dirigeants d’entreprises, il s'agissait aussi de favoriser les partenariats internationaux à venir des entreprises de la région.
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Courant 2003-2004, sous l’impulsion de la Région Rhône-Alpes,  le programme, symbole d'une "région ouverte sur le monde" (Maurice Vincent) a été proposé à d’autres villes de la région et finalement initié à Saint Etienne où il a bénéficié du soutien de Saint-Etienne Métropole, du Département de la Loire et de la CCI de Saint Etienne-Montbrison. Depuis son lancement, ce sont 658 étudiants issus de 63 pays différents qui ont été diplômés Jeune Ambassadeur de Lyon ou de Saint Etienne. A noter que l'année prochaine, selon Pascal Nadobny, Vice-président de l'association Jeunes Ambassadeurs qui coordonne et développe l'opération à l'échelle régionale, le programme pourrait s'étendre au pôle universitaire de Grenoble.

A Saint-Etienne, depuis un an, la coordination locale est assurée par Catherine Lin, chef de projet à Saint-Etienne Métropole. Le programme stéphanois se fonde sur trois principaux axes :

-  Le développement du territoire à l’international,
-  L’accueil des étudiants étrangers sur le territoire dans le cadre de l’internationalisation de l’offre de formation,
-  Le développement de passerelles durables entre les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, les entreprises et les acteurs culturels et institutionnels stéphanois.
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Pascal Nadobny, Vice-président de l’Association Jeunes Ambassadeurs

Les étudiants du programme à Saint-Etienne

Les étudiants étrangers candidats au programme sont en fin de cycle de formation d’ingénieurs, en année de spécialisation dans les grandes écoles de Saint-Etienne et/ou inscrits en master professionnel, master recherche, ou doctorat à l’université. Ils sont tous issus de l’ISTASE (7 candidats), l’ISEAG (15 candidats) et autres disciplines de l’Université Jean Monnet (5 candidats), l’ESC (5 candidats), l’ENSMSE (9 candidats) et l’ENISE (13 candidats). L’an prochain, l’Ecole d’Architecture et l’Ecole Supérieure d’Art et Design devraient également participer à cette opération et "apprendre des Stéphanois les vertus locales" , pour reprendre les mots de Georges Ziegler.

22 pays sont représentés par ces jeunes candidats: Algérie, Argentine, Brésil, Chine, Colombie, Corée, Côte d’Ivoire, Egypte, Equateur, Espagne, Iles des Comores,Italie, Liban, Maroc, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Slovaquie, Tunisie, Ukraine, Venezuela, Vietnam.

Pendant leur cursus à Saint-Etienne, les futurs jeunes ambassadeurs bénéficient d’un accueil sur mesure : contact privilégié avec un coach, planning de visites d’entreprises, découvertes culturelles et sportives dans notre région. En retour, ils ont pour mission de faire valoir leurs connaissances dans leur pays d’origine, de répondre aux demandes d’information des entreprises françaises, de favoriser et de faciliter les contacts avec des partenaires étrangers.
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Catherine Lin

Coachs et projets

Le panel des "coachs" qui se sont mobilisés pour suivre un futur Jeune Ambassadeur Stéphanois  est très riche, allant de la PME aux grands groupes internationaux. Parmi eux, de plus en plus d’élus de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Saint-Etienne Montbrison et de représentants des clubs d’entreprises. Parmi les entreprises d'accueil, citons Gibaud, Casino, Clextral, Chocolats Weiss, Micel, Antarès, Verney Carron, E. Itec, Facettes...

Annie Barnier dirige Antarès, une société privée installée à Saint-Priest en Jarez depuis 1993. C'est la première fois qu'elle participe au programme et qu'elle va "coacher" un futur Jeune Ambassadeur. "C'est important pour les entreprises locales, et pas seulement les grands groupes, de pouvoir rencontrer des étudiants originaires de pays étrangers. Ils sont nombreux dans notre région mais on ne le sait pas toujours. Pour ce qui est d'Antarès, nous dit-elle, c'est particulièrement intéressant car nous proposons des formations linguistiques et des services de traduction et d'interprétariat. Nos activités  nous conduisent donc tous les jours à être  en relation avec l'international et je suis très heureuse de pouvoir "coacher" un jeune qui vient d'un pays étranger.  Nous pourrons lui offrir  des ouvertures sur d'autres entreprises de la région qui interviennent dans le secteur international. Il trouvera aussi chez Antarès un plus dans la mesure où nous proposons des prestations en lien avec un large choix de langues. Pas seulement l'anglais ou l'allemand mais aussi l'arabe, le japonais, le polonais, le hongrois..."

Annie Barnier devra attendre le 12 novembre pour rencontrer son étudiant. "Pour l'heure, on prend des contacts, on rencontre des jeunes, on répond à leurs questions..." Comment imagine-t-elle son futur protégé ?  "Je n'ai pas dans la tête un profil type, répond-elle, quoique je sois très intéressée par les pays de l'Est,  mais au-delà de l'aspect "business" de cette opération, il y a surtout le côté "coaching" et relationnel; je veux dire par là l'aspect humain et cuturel. Cela signifie recevoir des jeunes chez nous, leur montrer comment on vit à Saint-Etienne et dans le bassin stéphanois. Et les écouter aussi, entendre ce ce qu'ils ont à dire sur leur environnement et leur culture. Après peut-être,  qui sait, aurons-nous des échanges, des mises en relation qui pourront étendre nos activités dans leurs pays respectifs... " Pas de préférence non plus pour une école en particulier, même si, avoue-t-elle, sa sensibilité et son parcours la porterait plutôt vers l'Ecole de Commerce.
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Comme tous les participants, le jeune qu'accueillera Annie Barnier aura aussi la possibilité de proposer un projet de rapprochement entre Saint-Etienne et sa région d’origine. Parmi les projets les plus originaux, les plus réalisables recevront  un Trophée lors de la soirée de clôture de la Promotion et seront suivis dans leur réalisation. Ainsi l'année dernière, Valeriia Zasiedatielieva, étudiante ukrainienne (Kiev) à l’ESC Saint-Etienne a vu son projet sélectionné. Coachée par Gilles Maller (Clextral), elle a proposé un rapprochement économique entre Saint-Etienne et Kiev et plus largement entre la Loire et l’Ukraine dans le secteur de l’agro-alimentaire. Deux régions en effet qui ont en commun un fort potentiel dans ce secteur d’activité, la filière agro-alimentaire ligérienne étant 1ère en région Rhône-Alpes et celle de Kiev ayant toujours été reconnue comme le grenier à grain de l’URSS.




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