L'artiste de Saint-Médard n'est pas inconnue des lecteurs de FI. Une de ses toiles illustre notre entretien avec Clarisse Lauras ("Les Arméniens de Saint-Etienne") et nous lui avions consacré un petit article à propos de son "voyage en Arménie". On retrouve sur la chapelle les réalisations qu'elle affectionne, comme sorties d'un rêve, et que ses origines arménienne teintent d'Orient. Le cheval, comme symbole de la liberté, le jeune berger, protecteur des plus fragiles, la femme main sur le coeur montrant l'oiseau de paix, parce que Madeleine Ossikian croit au rôle primordial de la femme pour que l'humanité trouve la paix. " Une Paix qui ne soit pas confisquée par qui que ce soit mais qui doit permettre de vivre ensemble parce qu'aucune religion ne suscite ou ne permet la destruction."
Ecoutons Jacques Brosse, un des animateurs de la paroisse Sainte-Marie Madeleine en Gier nous raconter une belle histoire:
"Le lieu, l'idée, la réalisation et la portée de la fresque "multi-culturelle" de la chapelle du Grand-Pont méritent qu'on s'y penche encore. Le lieu d'abord: au coeur d'un quartier de Rive de Gier réputé difficile avec de nombreuses communautés se côtoyant. Une chapelle presque face à face avec la récente mosquée. Une idée: celle de Jean-Pierre Laronze, qui fait la démarche d'aller rencontrer, pour sa gouverne personnelle, pour en savoir plus, les responsables de la mosquée, où il est accueilli les bras ouverts. Il en ressort avec une question : Pourquoi de telles incompréhensions entre religions ?
L'idée folle, dit-il, de rapprocher, au moins localement, nos communautés germe en lui. Mais comment arriver à ce résultat?
Ayant par ailleurs quelques talents artistiques, il fait connaissance lors d'un salon de Madeleine Ossikian (la bien-nommée) et de sa peinture. Mme Ossikian accepte de travailler le projet. Fort de cet accord, Jean-Pierre Laronze contacte Jean-Michel Peyrard curé de la paroisse et Mahmoud Manesri, secrétaire général de la mosquée du Grand-Pont. Tous vont travailler sur ce projet. Sans l'engagement et une certaine prise de risque de JM Peyrard et Mahmoud Manesri, son idée serait tombée à l'eau. Dirigeant de l'entreprise Labema, Jean-Pierre Laronze s'implique à fond dans ce projet et prend en charge, à la manière d'un sponsoring, les frais liés au travail de Mme Ossikian ainsi que la fourniture de la peinture acrylique nécessaire. Monsieur Fournier, dirigeant de l'entreprise ERBA, contribuera à rendre le mur de la façade compatible avec la peinture de la fresque. Ainsi nous voilà avec une chapelle, par ailleurs entièrement rénovée, et dont la façade est recouverte d'une fresque dont l'originalité dans la réalisation et le symbole n'a peut-être pas d'équivalent en France."
Les locaux ont été inaugurés il y a peu. Le Dimanche 28 octobre, les communautés musulmanes et chrétiennes se sont réunies autour d'un couscous géant. La chapelle et la mosquée étaient toutes deux ouvertes. " Une occasion de mieux se connaître et de se libérer de certains préjugés mutuels pour ouvrir une fenêtre d'espoir et de fraternité."