Les futurs travailleurs sociaux (assistants sociaux, éducateurs spécialisés, conseillers en économie sociale et familiale, éducateurs de jeunes enfants...) ont manifesté ces derniers mois pour demander à l'Etat et aux collectivités locales de les aider financièrement pour qu'ils puissent effectuer leurs stages et finir leurs études. En effet, le décret d'application du 31 janvier 2008 de la loi sur l'égalité des chances de 2006 prévoit, sauf exceptions, une gratification de 398 euros mensuels pour les stages à temps plein de plus de trois mois . Mais des employeurs du secteur social, des associations surtout, n'ont pas les moyens de verser cette somme et certaines ont dû "gelé" les stages promis à des étudiants.
"Ce ne sont pas des entreprises qui nous accueillent, précise Estelle Bonnier, étudiante à l'Institut Régional et Européen des Métiers de l'Intervention Sociale (IREIS) de Firminy,
mais des structures à but non lucratif... Ce décret a été fait sans concertation avec les intervenants du secteur social..." Et sans finances pas de stages, et sans stages professionnalisant, c'est évidemment l'obtention du précieux diplôme qui est menacé puisque celle-ci dépend de la validation de leurs acquis. Drôle d'embrouillamini.
Leur durée peut varier selon les écoles et les cursus mais globalement, les étudiants doivent en effectuer au moins deux de plus de trois mois. Estelle Bonnier et Sabrina Harbouche, par exemple, qui ont rencontré Bernard Bonne, se destinent respectivement aux métiers d'Educatrice spécialisée et Assistante sociale. Leurs stages durent 2 mois, 4 mois et 9 mois pour la première; 3, 6 et 5 mois pour la seconde.
"La gratification, c'est donner une valeur concrète au stage", tient à expliquer Estelle Bonnier. Ce n'est pas (seulement) affaire de lutte contre la précarité des étudiants; ce n'est pas non plus une bourse.
La décision d'accorder une aide financière, qui reste à valider par un vote de l'assemblée le 23 juin prochain, constitue donc
"une avancée importante", selon Bernard Bonne et les étudiantes.
"C'est le Conseil général qui paiera, précise bien l'élu qui ajoute qu'il demandera à l'Etat
"s'il est prévu une compensation puisque c'est une dépense supplémentaire non prévue". "Mais je ne me fais pas trop d'illusion", avoue-t-il. Il espère néammoins que cette mesure fera
"boule de neige" dans les autres départements. Autre aspect pragmatique de cette annonce (qui reste à confirmer officiellement, rappelons-le, mais qui devrait passer sans trop d'encombres, de l'aveu même de Bernard Bonne), l'occasion pour le Conseil général de mettre en place des concertations plus suivies avec le centre de formation et les structures bénéficiaires.