Le laboratoire Hubert Curien a été créé début janvier suite à la fusion entre le laboratoire TSI et le laboratoire EURISE. Associé au CNRS et à l'université de Saint-Etienne, son activité est au coeur du Pôle Optique Rhône-Alpes puisque ses axes de recherche concernent l'optique, les lasers, les nanotechnologies, l'informatique et l'image. Parmi la centaine de scientifiques qui y travaillent, une douzaine d'entre eux vont participer au projet "ELI-ILE" qui a pour ambition de mettre au point un laser d'une puissance unique au monde (
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Mais il n'y a pas que le projet ELI.
"Il y a aussi de vraies applications industrielles, développées à Saint-Etienne, et tout à fait à la pointe au plan international", nous écrit le professeur Eric Audouard. Peut-être la communication institutionnelle est elle moins bonne sur ce type de sujet ? Eric Audouard dirige la Plate-Forme Femtoseconde. Créée en 2000, sa mission est de mettre à la disposition des industriels et des laboratoires partenaires un outil issu de la technologie des lasers à impulsions ultra brèves.
Les domaines d’application concernent la santé, la lutte anti contrefaçon, la chimie, la microélectronique, l’automobile, la micro-fluidique, l’aéronautique et l’optique intégrée. Contrairement aux lasers conventionnels, qui produisent un rayonnement lumineux continu ou des impulsions longues (jusqu'à la nanoseconde), le laser Femtoseconde génère en effet de très brefs flashs lumineux, de quelques dizaines de femtosecondes (une femtoseconde c’est un millionième de milliardième de seconde). Les applications développées sur la plateforme concernent par exemple le micro-usinage (micro découpe et micro perçage de tous types de matériaux), mais aussi le marquage laser sur différents supports.
Puissance et précision permettent de percer et découper tous types de matériaux comme le diamant, le cuivre, le titane, l’inox, le nylon, l’alumine, le verre, le bois et même le papier. Grâce à la brièveté des impulsions, on obtient des contours très propres autour de la zone traitée, sans bavure ni altération du matériau. Par exemple, ce procédé est adapté à la fabrication des micro-roues en alumine utilisée en horlogerie. De même, les impulsions ultra brèves pourraient trouver une application dans la fabrication d'implants cardiaques (stents) biorésorbables (c'est à dire pouvant être éliminés par l'organisme) au lieu des stents actuels qui restent en place et font courir au patient le risque de complications.
Le partenariat entre la Plate Forme et les laboratoires ou les industriels a pour but la réalisation d’essais et peut aller jusqu’à la fabrication de petites séries, dans un contexte de confidentialité adapté à l’activité industrielle. Mais tout au long du processus d'industrialisation, il faut veiller à la "communication" entre les différents acteurs. C'est pourquoi, en 2003, la Société Impulsion est née de ce début d'activité de la Plate Forme et conforte sa crédibilité industrielle.
"Parce que, explique Eric Audouard, l
es structures nées dans de nombreuses universités ne sont pas seulement des "plate-formes" technologiques permettant un développement technique. Elles doivent permettre une rencontre des personnes dont les intérêts professionnels ne sont sans doute pas identiques, mais qui peuvent apprendre beaucoup les uns des utres par une meilleure connaissance réciproque, non pas seulement des savoirs faire ou des savoirs scientifiques mais aussi des problématiques plus globales."