Les représentants de six Régions du Massif Central se sont donnés rendez-vous dans les locaux de l'agglomération du Grand Roanne, mardi 26 août, pour faire le point sur l'état d'avancement de leur politique en faveur du massif et valider les statuts du premier Groupement d'intérêt public (G.I.P.) interrégional créé en France.
Il y a un an, à Vulcania (Puy-de-Dôme), une Convention, signée entre l'Etat et les six régions du Massif Central marquait le dernier jalon en date d'une politique d'aménagement du
territoire et de développement économique au profit des massifs
montagneux qu'avait inaugurée la "loi montagne" en 1985. Cette-dernière instituait les comités de massif pour les 6 massifs métropolitains, dont le plus grand en superficie est le Massif Central, et prônait le développement économique et la protection des espaces naturels montagneux en associant l'Etat, les acteurs socioprofessionnels et les collectivités territoriales. La convention signée en 2007, avec le soutien de l'Europe, opérationnelle jusqu'en 2013, fait suite au shéma de massif adopté fin 2005. Elle inaugure une dynamique de projets structurants et fédérateurs,
" au lieu d'une logique de simple compensation de handicaps et de saupoudrage".

A gauche: Christian Avocat, président du Grand Roanne
Trois grands objectifs ont été fixés:
- Accueillir de nouvelles populations pour faire face au déclin démographique, en structurant et en faisant la promotion de l'offre d'accueil, et en maintenant les services aux habitants et entreprises
- Créer de la richesse industrielle, agricole et forestière, en renforçant l'attractivité et la compétitivité des territoires, en s'appuyant sur les atouts humains et en valorisant les savoir-faire. Pour illustrer la richesse forestière à travailler, le président de la Région Rhône-Alpes rappelle que seulement 30% du bois dans notre département est exploité. Et de citer en exemple l'entreprise Ossabois, à Noirétable.
- Améliorer l'accessibilité du massif, en ouvrant en particulier le territoire auvergnat, en améliorant ses liaisons ferroviaires et en développant les hébergements touristiques...
Le G.I.P. interrégional, qui sera officialisé début 2009 au Congrès des Régions de France, doit offrir un cadre juridique et un outil de gestion à la coopération renforcée que les Régions veulent mettre en place.
"Ce n'est pas une nouvelle structure bureaucratique, explique Jean-Jack Queyranne,
mais bien un moyen d'animer cette politique." "Depuis 2000, les massifs doivent gérer les crédits avec l'Etat, les Régions, l'Europe... souligne René Souchon, Président du Conseil régional Auvergne et actuel président de la commission permanente du comité de massif.
Nous avons décidé de trouver une structure souple permettant le partenariat entre régions pour gérer au mieux ces crédits."
Le Massif Central: 15% du territoire français et 3,7 millions d'habitants
La Bourgogne a été intégrée dans le shéma de massif adopté fin 2005, cadre général des futurs programmes 2007-2013.
C'est la première fois en France que six Régions (Auvergne, Bourgogne, Languedoc-Roussillon, Limousin, Midi Pyrénées, Rhône-Alpes) se réunissent pour penser ce qu'elles présentent comme un nouveau mode de gouvernance, permettant de présenter un interlocuteur unique auprès des autorités nationales et européennes, et assumer la maîtrise d'ouvrage d'études stratégiques sur leur massif.
"Il y a beaucoup de travail à faire ensemble et l'Europe est très attentive, poursuit René Souchon.
Il y a dans notre volontarisme politique matière à exemple pour d'autres territoires d'Europe." Il a souligné par ailleurs, concernant l'agriculture, qu'
"il n'y a pas assez de projets à caractère interrégional".
Au sein du G.I.P. interrégional du Massif Central, constitué pour 6 ans, chaque Région dispose d'un nombre de voix égal, soit 2 par Région. Son président sera Jean-Paul Denanot, le président de la région Limousin. Un budget de 163 ME financé par l'Etat (61,2 ME), les six régions (61,2 ME) et l'Europe (40,6 ME) sera consacré aux projets de développement publics ou privés présentant une véritable plus-value plurirégionale. 10 millions d'euros ont déjà été engagés dans la rénovation de villages de vacances et la réhabilitation des sites naturels et culturels emblématiques que sont le Mont Gerbier de Joncs (Ardèche) et La Chaise-Dieu (Haute-Loire).
Autour des deux présidents présents à Roanne, Jean-Louis Gagnaire
et les vice-présidents et conseillers représentants les autres conseils régionaux, Laure Deroche, maire de Roanne, Christian Avocat...