16 familles, sur les 65 concernées à l'origine, habitent encore la cité Séverine, à Saint-Etienne, promise à la démolition. Elles estiment qu'Alliade, la société HLM propriétaire, exerce "des pressions importantes pour obtenir leur départ le plus rapidement possible, sans tenir compte de leurs souhaits."
Dernièrement, elles ont écrit collectivement au Maire de St Etienne et
au Directeur Départemental de l’Equipement pour leur demander de venir
les rencontrer. Elles souhaitent leur expliquer en détail la situation
et les méthodes qui selon elles seraient actuellement employées par
Alliade. Sur le portail pour l’accès aux droits sociaux (lien en fin de texte), on peut lire que "
les habitants s’inquiètent car Alliade ne s’est pas comporté de la
sorte avec ceux qui ont été relogés. Les locataires restants ont autant
le droit de choisir leur logement que ceux qui l’ont fait. Quant aux
propositions de relogement, elles ne correspondent pas aux critères de
choix établit auparavant par les habitants. Les souhaits ne sont pas
respectés car il n’y a pas de correspondance entre les souhaits et les
propositions. Les derniers restants se sentent menacés à l’approche de
la date prévue de congés."
Dans un communiqué, le groupe Alliade écrit que " lors de ces
derniers mois d’accompagnement, certaines familles refusaient
l’ensemble des propositions qui leur était faites (jusqu’à 9
propositions dans certains cas, parfois même en l’absence de visite des
lieux…), en dépit de la pertinence et de la bonne adéquation des
différents paramètres de recherche : secteur, typologie, ressources de
la famille…". Déclarant entendre "l’inquiétude de certains" compte-tenu que "la période dite « de congé » est souvent un moment difficile pour les familles locataires", il précise aussi que « c’est [cette procédure légale] qui est mal perçue par les familles."
" Nous le savons et essayons de leur expliquer que nous continuons à
les accompagner comme nous l’avons fait depuis l’origine, mais que les
délais sont plus courts et que nous sommes dans l’obligation de
formaliser les propositions, " poursuit la société. « Pour certains d’entre eux, 4 à 5 propositions de logements ont été
faites avant cette période de congé. Nous avons essuyé autant de refus,
parfois dans des immeubles neufs, chez d’autres bailleurs, en
centre-ville etc… Depuis le démarrage de la procédure légale, deux
propositions ont encore été faites à l’une de ces familles, sans
résultat. Les relogements sont aujourd’hui considérés comme
prioritaires par l’ensemble des bailleurs et l’offre mobilisée n’est
pas « extensible » à l’infini. Compte tenu des difficultés que
rencontrent de nombreux ménages pour ce loger aujourd’hui, ces refus à
répétition peuvent, en effet, être difficiles à comprendre »…
« En outre, la gestion quotidienne de proximité a été et sera maintenue jusqu’à la fin. Les parties communes et extérieures sont régulièrement entretenues par une association, notre gardien d’immeuble est encore sur place et nous assurons la sécurisation de la cité, même si nous déplorons quelques actes de vandalisme, notamment dans la permanence dédiée au relogement », précise Alliade.
La cité Séverine:
La cité Séverine a été construite comme une cité d’urgence, dans les années 60. La durée de vie devait être limitée dans le temps mais la cité a été maintenue. Les réhabilitations successives (1984, 1991,1996) et une démolition partielle en 1998, n’ont pas permis d’améliorer de manière durable les qualités techniques de la résidence (structure, humidité, enclavement…) et donc le cadre de vie des habitants. Séverine a dû également déplorer un problème d’attractivité et d’image qui rendait difficile l’arrivée de nouveaux locataires.
L’ensemble de ces éléments a trouvé écho dans le Programme National de Rénovation Urbaine qui vise à redynamiser des « morceaux de ville », à les inscrire durablement dans la Ville, en renouvelant notamment l’offre de logements, de commerces/services/équipements/transports à l’échelle de bassins d’habitat pertinents.
L’ANRU a ainsi validé le dossier de la Ville de Saint-Etienne pour le relogement des ménages habitant la cité Séverine, dans le cadre d’un processus d’accompagnement adapté, et la démolition de la cité. Cette démolition, fixée initialement début 2008, a été reportée à fin 2008, "afin de ménager un temps supplémentaire pour l’accompagnement au relogement", précise le groupe Alliade. Les programmes et planning de relogement et de démolition sont intégrés à la convention ANRU, et validé par les partenaires.
Un travail de mémoire a été réalisé par les habitants, soutenu par les partenaires et Alliade Habitat. Il a démontré toute l’implication des acteurs du site pour que cette phase de transition, avant le départ de Séverine, se passe au mieux. Exposé à l’Hôtel de Ville, à l’Ecole d’Architecture de Saint-Etienne puis au siège national de l’ANRU, ce travail a remporté le prix de la communication publique, à Strasbourg à l’automne dernier ( voir article )
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