" C'est quelque chose d'exceptionnel. Les Magistrats, qu'il soient syndiqués ou pas sortent de leur réserve" , nous fait remarquer une jeune juge aux Affaires familiales. A l'instar de leurs collègues des autres tribunaux,  les magistrats et quelques avocats se sont rassemblés sur les marches du Palais de Justice de Saint-Etienne ce 23 octobre 2008, devant une banderole sur laquelle on pouvait lire en grosses lettres "Justice bafouée Démocratie en danger". Des affichettes portaient d'autres slogans: "Assez d'émotion, place à la raison" ou bien "Dati Ministre de l'Injustice".

Cette journée d'action, à l'appel de deux syndicats, l'Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la Magistrature (SM), forte du soutien des avocats, des éducateurs de la Protection judicaire de la Jeunesse et des gardiens de prison, devait faire entendre leur "extrême colère" face à la politique du "tout carcéral" et du  "tout sécuritaire"de la Garde des Sceaux. Dans le hall du Palais de justice des motions en provenance d'autres tribunaux étaient affichées. "Elles sont toutes différentes. Leur diversité montrent qu'elles n'obéissent pas à un mot d'ordre mais qu'elles ont jailli spontanément et sincèrement", devait déclarer une "robe noire". On relève notamment dans celle du Tribunal de Saint-Etienne "que les magistrats ne peuvent plus supporter les injonctions contradictoires de la Garde des Sceaux". "On ne peut à la fois organiser le démantèlement de l'accompagnement éducatif pour les mineurs au profit du tout carcéral et dans le même temps désigner les magistrats comme responsables des suicides de mineurs en prison".

Allusion à la convocation nocturne de magistrats ayant eu en charge le dossier du mineur qui s'est suicidé dans une prison de Metz. Ils dénoncent l'exploitation politique des "évènements dramatiques" et "une attitude qui dresse les citoyens contre leur Justice"; de même que les pressions "inadmissibles exercées" par la Ministre de la Justice. Laquelle, toujours d'après le texte, "pour éviter de s'interroger sur les conséquences de sa politique pénale, les rend collectivement responsables aux yeux des citoyens des dysfonctionnements réels ou supposés de l'institution judiciaire."

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