LIANE est une association de protection de la Nature, de l’Environnement et de la Qualité de vie active dans les Monts du Lyonnais depuis 20 ans. Dans un courrier adressé le 25 juillet dernier à Jean-Louis Borloo, l'association faisait remarquer au ministre à propos des analyses effectuées à Chazelles-sur-lyon (les 4 et 10 juillet suite à la pollution au nickel causée par l'entreprise Beru TDA) qu'il lui semblait "anormal que ces actions aient été si tardives".
"Elles se sont déroulées un mois après la pollution et après une forte pluviométrie. Quel impact aurait’ il eu en cas de plus grave pollution ? Il nous semble important que vous agissiez pour remédier à ces dysfonctionnements" poursuit l'association qui s'interroge aussi à propos d'une autre pollution éventuelle, bien plus ancienne, au mercure cette fois en lien avec les chapelleries d'antan. L'association réclame la mise en place sur la commune d'" une enquête réelle sur les pollutions plus anciennes (mercure, arsenic….) et une cartographie exacte de ces pollutions" ainsi que "la réalisation d’une étude épidémiologique pour les maladies liées au mercure" et "un dispositif d’analyse gracieuse pour nos concitoyens souhaitant connaître si leurs terrains sont ou non pollués par des métaux lourds."
Au moment où se tient le Grenelle de l'Environnement, LIANE nous indique dans un courrier que cette lettre a reçu une réponse. Les services du Ministre auraient contacté le Préfet de la Loire à ce propos. Cependant, les jours passent et pas de nouvelles. " Peut-on consommer nos produits ? s'interroge l'association par la voix de son président André Ulmer. Où en est la commission de suivi regroupant les associations ? Qu’en est t'il des possibilités d’analyse gracieuses pour les personnes suspectant d’avoir un sol pollué (nickel mais surtout pollution ancienne au mercure) ? Où en sont les indemnisations des personnes pollués par le nickel et de celles qui n’ont pu consommer leurs légumes ? Une réunion d’information se déroulera t’elle comme demandé ?"
L’association, qui n’a pour l'heure reçu aucune nouvelle de l’administration, a également adressé un autre courrier (le 2 octobre) à Mme Chantal Clerc, Directrice du secrétariat général du Grenelle de l'Environnement. Espérant "que cette idée généreuse de Grenelle n’accouche pas de quelques mesurettes et corresponde réellement à des actions d’envergures afin que nos descendants puissent encore profiter d’une planète en bon état", elle réitère ses demandes et réclame " un suivi efficace des risques de pollution et mise en place systématique sur les secteurs à risques de Commission Locale de Suivi; la mise en place de réactions rapides et non pas comme sur notre secteur une analyse des sols pollués un mois après la pollution et des pluies importantes, la transparence réelle et information rapide des associations et particuliers, le nettoyage des zones polluées en associant les associations et habitants, permettre aux personnes habitants des secteurs pollués de pouvoir analyser gracieusement leurs sols; et enfin, lorsque la pollution est avérée, la mise en place rapidement d’une dépollution et dédommagement des personnes touchées."
Vue aérienne de l'entreprise BERU TDA de Chazelles, spécialisée dans la bougie d'allumage.
Beru TDA: rappel des faits
Le 22 juin 2007, La Tribune Le Progrès révélait une pollution au nickel à Chazelles-sur-Lyon suite à un dysfonctionnement du système de ventilation de l'entreprise Béru TDA. L'incident, qui s'était produit la première semaine de juin, amena la préfecture de la Loire à interdire aux riverains la consommation des végétaux autoproduits hors serre, dans un rayon de 500 mètres autour de l'usine. L'activité de l'atelier de traitement de surface responsable fut suspendu jusqu'au 27 juin, date à laquelle il reprit ses activités compte tenu, après inspections, d'une concentration de nickel inférieure (0,134 mg/m3) à la moyenne admise (5 mg/m3).
Courant juillet, les résultats d'analyses effectuées sur les sols, eau et végétaux prélevés dans le rayon de 500 mètres circonscrit autour du site furent présentés à la sous-préfecture de Montbrison. Ces résultats n'incitèrent pas à la prises de mesures autres que celles décidées en juin par les autorités.
La Préfecture a communiqué le 3 août le Document de synthèse relatif à l'examen des conséquences de l'incident survenu dans l'entreprise BERU TDA à Chazelles sur Lyon début juin 2007 sur l'environnement et la santé de la population riveraine.
Concernant la santé des personnes, il indique que "lors de l'incident, l'exposition respiratoire aiguë des habitants proches de l'installation n'a pas entraîné les effets respiratoires associés au nickel. Il est cependant possible que des particuliers aient ressenti une gêne respiratoire temporaire pouvant également être liée à l'acidité des gouttelettes."
Pour ce qui est de la qualité des eaux souterraines, le document mentionne que trois prélèvements sur quatre ne contiennent pas de nickel et que "seule une valeur de 9,6 microgrammes par litre a été mesurée à proximité de l'usine. Elle est inférieure à la valeur réglementaire pour les eaux potables (20 µg par litre)." Concernant les eaux en surface, "seuls quatre récupérateurs d'eau de pluie très proches de l'usine révèlent des traces de nickel avec des concentrations supérieures à la limite de qualité pour les eaux potables. Il a été décidé que ces eaux seraient récupérées et traitées dans la station de traitement des eaux de l'usine BERU TDA."
A propos de la qualité des sols, il ressort que "la parcelle impactée en bordure immédiate de l'usine devra faire l'objet de travaux de décapage de la couche très superficielle de terre végétale (moins de 10 cm a priori) et de son remplacement par de la terre végétale saine."
Concernant les végétaux, la Préfecture a sollicité l'avis de l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et a décidé, dans l'attente de cet avis, des dispositions suivantes applicables dans le rayon de 500 mètres autour de l’usine et pour les végétaux destinés à la consommation :
"b) Végétaux présents au mois de juin 2007, ayant beaucoup poussé depuis l’incident (par exemple : pommes, poires, tomates, oseille, tilleul…) :
- Par précaution et dans l’attente de l'avis de l'AFSSA, ces végétaux ne doivent pas être consommés.
c) Végétaux mis en place depuis le 1er juillet 2007 :
- Ils peuvent être consommés sans problème puisqu'en l’absence de pollution atmosphérique, il n'y a pas eu de dépôt de nickel sur la plante et que les doses de nickel dans les sols respectent les normes françaises."