
Le plan de "retour à l'équilibre des finances" du CHU a été voté par le Conseil d'administration ce 23 janvier 2009.
Résultat: 16 votes "pour" et 15 "contre".
Au second tour, puisqu'au premier tour une égalité parfaite n'avait pas départagé les suffrages: 15 voix "pour", 15 "contre" et 1 abstention.
Le vote, attendu durant tout l'après-midi par plusieurs dizaines de salariés, a été accueilli avec colère. Non seulement pour son résultat mais aussi parce que le scrutin s'est déroulé à bulletins secrets.
"Vous êtes des lâches !" , ont lancé certains des salariés.
" Sans les personnels, vous n'êtes rien !" , ont-ils fait savoir aux médecins qui composent une partie du Conseil d'administration. D'autres ont évoqué
"une mascarade". Quelques insultes ont fusé.
"La démocratie s'est exprimée" , s'est mollement insurgé un élu socialiste du Conseil d'Administration.
" Mais... nous on ne vous a pas accusé d'être des putschistes" , lui a rétorqué un délégué syndical, allusion aux évènements de l'Assemblée nationale. "
Ce Conseil d'Administration ne signe pas la fin de l'histoire" , a-t-il ajouté.
"Vous êtes aux ordres de Sarkozy", a lancé un autre aux administrateurs.
Avant la séance, le personnel s'est exprimé contre "la suppression des emplois et des lits".
Le Conseil d'Administration du CHU, que préside Maurice Vincent, est composé d'élus locaux, de représentants du personnel, de représentants d'associations d'usagers, de l'ordre des médecins, des infirmières, de la direction, etc. Les élus socialistes ont voté contre le plan,
"malgré l'épouvantail de la tutelle", ainsi que l'avait laissé entendre une personne assistant aux débats et qui informait ses collègues à l'extérieur. Charles Malécot, dans un communiqué reçu ultérieurement, estime au contraire qu'ils ont pris
" le risque considérable qu’il soit rejeté et donc que le CHU soit mis sous administration provisoire de l’Etat." " Nous allons tout faire à présent pour que les futures décisions du Conseil d'administration dans le cadre de ce plan de retour à l'équilibre voté de justesse ne se traduisent pas par des suppressions d'emplois dans un contexte économique et social déjà éprouvant pour nos concitoyens ", écrit le député Régis Juanico.
Le CHU de Saint-Etienne accuse un déficit global d'une trentaine de millions d'euros. Le projet d'établissement prévoit un gain de recettes de 15 millions d'euros en essayant de créer des activités et une économie de 15 millions sur les dépenses. L'économie à réaliser sur le budget des cuisines serait par exemple de 1 million d'euros. " Comme ces objectifs, selon toutes vraisemblance, ne seront pas tenus, on va vers une suppression de 400 à 800 emplois " , nous indique Jean-Pierre Laroche (CGT). Les premiers sacrifiés seront les contractuels et les non soignants. "On va aussi vers une externalisation de toutes les autres prestations: cuisines, nettoyage, blanchisseries... avec l'entrée de grosses boîtes privées et avec des pertes à prévoir pour l'économie locale".
Mais comment combler les déficits de la trentaine d'hôpitaux concernés sans passer par des mesures aussi drastiques ? " Aujourd'hui , répond le syndicaliste, avec le mode de financement des hôpitaux, on n'a pas les recettes suffisantes et les frais augmentent. On nous met dans le rouge, on nous asphyxie délibérément et on cherche après des artifices pour le faire fonctionner autrement ". En diminuant le personnel, en entraînant des roulements encore plus difficiles à tenir, en diminuant des lits donc la qualité de la prise en charge et de l'accès aux soins... "L'avenir, demain, c'est une hospitalisation privée où, quand on aura 2000 euros à mettre sur la table, on pourra avoir ce qu'on veut..."