" On est passé d'une période de saga à une période de réalité. " Pierre Moscovici, venu à Saint-Étienne animer une réunion publique consacrée à Barack Obama a plusieurs fois insisté sur ce point, invitant son auditoire
"à une forme de sobriété". Tant il est vrai que la Parousie ne devrait pas déclencher autant d'enthousiasme que cette dernière élection américaine.
"Nous ne sommes plus devant un mythe, il faut le juger comme un président américain. Il y aura fatalement ombre et lumière. "
L'ancien Ministre délégué aux affaires européennes répondait à l'invitation du Mouvement des Jeunes Socialistes de la Loire. Accompagné d'Olivier Richomme, maître de conférence à Lyon II, il s'est exprimé devant une assemblée assez fournie dans laquelle avait pris place de nombreux jeunes. Les députés socialistes Jean-Louis Gagnaire et Régis Juanico étaient également présents.
Olivier Richomme a abordé les questions de la politique intérieure. Le député du Doubs a pour sa part axé son intervention sur la politique étrangère à venir du 44e président américain. Si pour l'universitaire, l'enjeu de cette investiture est de changer l'image des États-unis, ce qui relèvera surtout de ses choix de politique internationale, il s'agit aussi de
"redonner confiance au peuple américain". Et si la Réforme de l'Assurance maladie - qui serait un message fortÂ
"sur la place de l'État au centre du contrat social" - est évoquée, ce sont surtout les mesures de relance économique qui sont attendues. Elles seront consacrées à des dépenses d'infrastructures: réfection de ponts et de routes, d'écoles...permettant de remettre l'Amérique au travail.
"Un autre champ de bataille assez intéressant à suivre", sera, selon Olivier Richomme, la question de la fiscalité. "
Un sujet délicat aux États-unis", souligne-t-il.
Après avoir dressé le glorieux palmarès de l'administration Bush en matière de politique extérieure, Pierre Moscovici a donné son point de vue. C'est d'abord celui de tous: "
on attend que les USA reviennent au monde". En Israël aussi, où la précédente administration avait déserté, par un réengagement des États-unis dans la tradition des présidents démocrates. Mais que personne ne se fasse d'illusion. Les États-unis ne marchanderont pas la sécurité de l'État hébreu. Sur les conflits où sont engagées les troupes américaines, le retrait d'Irak est prévu à l'horizon 2010-2011, ce qui est en soit une bonne chose mais qui suscite aussi de grosses craintes. Et la question afghane ne doit pas être oubliée.
"Je ne crois pas davantage qu'on puisse gagner une guerre en Afghanistan", déclare Pierre Moscovici. Quant à  Guantanamo, l'ancien ministre socialiste estime que
"les Américains ne fermeront pas sans que les Européens soient prêts à prendre leur part du fardeau ". L'Europe justement.
"Le mot "Europe" ne figure pas dans son discours d'investiture", fait-il remarquer.Â
"Un président des États-unis est toujours élu pour défendre les intérêts des Américains" , rappelle enfin l'ancien ministre socialiste, espérant que l' Europe saura être prise au sérieux. Mais de ce président-là , il loue aussi
"la force tranquille" et, pour l'heure,
"la grande constance". Rien à voir avec une forme de
"faiblesse agitée", de celle qu'on pourrait déplorer dans nos contrées...