altDans le cadre de son tour de France des Droits de l'Homme, la secrétaire d'Etat s'est arrêtée à Saint-Chamond et Saint-Etienne. Dans la vallée du Gier, Rama Yade est allée à la rencontre de l'association « Les enfants avant tout » , qui oeuvre pour la protection de l'enfance en Haïti, avant d'animer à Saint-Etienne une « réunion citoyenne » sur le thème de la politique française dans le domaine des Droits de l’Homme.

« Nous, Français, avons une antériorité sur laquelle nous sommes attendus », a d’emblée déclaré Rama Yade, pour planter le décor. Celle des idéaux de la déclaration des Droits de l'Homme que notre vieux pays, qu’elle rajeunit un peu, doit porter  loin. Mais qui doit composer, elle est bien placée pour le savoir, avec les « tiraillements » de la politique, c’est à dire l’économie. Mais « tant que la France voudra rester la France, cette voix des Droits de l’homme doit continuer à exister ». Et si elle évoque la « crédibilité » de la France dans ce domaine, elle reconnaît volontiers  « que nous ne sommes pas exemplaires », évoquant ce que chacun sait au niveau national: les prisons, la situation du logement... « Comment parler de Droits de l’Homme avec des gens qui n’ont plus le droit de vivre décemment ? » , a interrogé quelqu’un dans l’assistance. Bref, ce n’est pas le meilleur des mondes et les temps sont durs, pour certains plus que pour d’autres c’est entendu et « les choses ne sont pas parfaites mais c’est le génie des démocraties de reconnaître leur perfectibilité ».

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Et dans un monde mouvant qui voit l’émergence de nouvelles puissances, chacune avec leur spécificités culturelles et cultuelles, la secrétaire d'Etat a tenu à rappeler que la France devait travailler en partenariat. Citant en exemple le cas de l’homosexualité, proscrite dans 80 pays, il ne s’agit certes pas « d’apparaître comme des pays qui veulent imposer leurs positions aux autres ». Et d’autant plus, sans doute, dans les pays qui ont vu passé, avant l’ère des « puissances relatives » plus de Bugeaud que de Brazza. En deux mots: Humilité et Force.

Malgré ces précautions d’usage, Rama Yade a vite été renvoyée aux contradictions françaises, stéphanoises aussi (terre d'accueil certainement mais dans des conditions  matérielles qui n'étaient pas des plus enviables dans le passé) et où des chemins tortueux, de la Roumanie à la Pologne, via Bruxelles, mènent aujourd'hui aux Roms ou aux Tchétchènes. « Tous les pays le font » , a-t-elle répondu par exemple sur la question du renvoi des sans papiers, soulignant que les centres de rétention sont visités régulièrement et évoquant le cas récent d’Afghans qui n’ont pas été expulsés, faute de garanties suffisantes pour leur sécurité. « Sur la question des Droits de l’Homme, on ne sera jamais tranquilisés », dit-elle. Mais elle s’insurge devant des raccourcis un peu faciles. Les Airbus à la Chine ? « Vous n’avez pas vu que le Président a reçu le Dalaï Lama ? » , rétorque-t-elle.  « On se bouge, on se mobilise ». Et de livrer quelques chiffres: 150 ONG rencontrées en un an; 2900 interventions individuelles... « Ce travail on peut le critiquer mais il faut reconnaître  qu’on fait des choses ...» . Trop ou pas assez, ou pas assez bien, selon les goûts.

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