Estimant que quelques communiqués ou prises de position « extrêmement agressives et mensongères à l’égard de la municipalité » ont été diffusées sur internet, par tract ou publiées dans la presse, le Maire de Saint-Etienne tient à informer les lecteurs sur les décisions prises par la Municipalité concernant les populations Roms. « Je ne peux laisser dire n’importe quoi ni salir l’action de mes adjoints qui, depuis plusieurs mois, sont investis sur ce difficile dossier », écrit Maurice Vincent.
« Laissant à quelques extrémistes la responsabilité d’utiliser à des fins purement politiciennes une situation aussi dramatique, je me contenterai de rappeler les faits, comme ce fut le cas dans le courrier envoyé le 15 juillet en réponse à une demande du réseau de solidarité avec les Roms », ajoute le maire.
" 1/ Dès mon élection, la situation des Roms de Montplaisir a été prise en considération par l’équipe municipale. M. Coynel, 1er Adjoint, a pris contact avec les associations et les populations concernées.
2/ Nous avons rapidement rétabli le chauffage dans un des bâtiments pour offrir enfin des conditions de vie minimales et mettre un terme à une situation humainement insupportable.
3/ J’ai alerté la Commission Européenne et le Parlement européen sur la situation de ces populations car c’est à ce niveau que doit s’esquisser une politique globale en leur faveur, impliquant la Roumanie, seule voie susceptible de mettre un terme à leur errance dans toute l’Europe avec parfois des risques de crise gravissime comme par exemple en Italie.
4/ Concernant la situation de Montplaisir, j’ai fait explorer diverses solutions. Il est ainsi apparu que seulement 3 familles, depuis deux ans, avaient pu obtenir un emploi et par suite un logement, s’inscrivant donc dans un processus d’intégration qui se poursuit.
5/ Il s’est aussi avéré, à l’inverse, que le fonctionnement de l’occupation générait des dérives de plus en plus organisées que personne ne peut encourager. Parmi elles, outre les questions de salubrité, la dégradation des conditions de sécurité pouvait laisser craindre un risque majeur d’incendie de l’école et donc de péril pour les adultes et les enfants. L’intervention à ma demande, des services de la ville sur les installations électriques n’a jamais pu régler définitivement cette question.
6/ Le contact maintenu avec les associations a d’ailleurs conduit à un consensus sur la nécessité de ne plus laisser perdurer l’utilisation de ce lieu, devenu dangereux et de moins en moins toléré – quoiqu’en disent certains reportages – par les riverains. J’ai ainsi clairement annoncé lors du Conseil municipal du 30 juin que, dans ces conditions, la municipalité ne s’opposerait par à une évacuation devenue inévitable. J’ai aussi indiqué qu’il fallait privilégier les solutions les plus dignes, notamment celle d’un retour accompagné des familles en Roumanie, avec un pécule et des perspectives de réinstallation.
7/ Ce n’est pas la municipalité, faut-il le rappeler, mais la Préfecture qui s’est chargée de l’évacuation, conformément au droit. S’y opposer aurait signifié le choix municipal de maintenir coûte que coûte l’occupation, alors même que personne de sérieux ne le souhaitait et que, je le rappelle, la sécurité des personnes était clairement mise en danger. En toute responsabilité, j’ai estimé que mon devoir était de ne pas s’opposer à cette évacuation en dépit du caractère toujours douloureux de ce type d’opération. Je considère que toute autre décision eût été irresponsable.
8/ J’ai souhaité, dans la discrétion, un accompagnement social plus marqué pour les familles disposant encore d’allocations familiales. Il s’avère que ceci n’a pas été possible, je le regrette. Mais j’observe aussi que l’évacuation s’est passée sans violence, ce qui ne saurait être négligé. L’intervention des services municipaux a également permis que les familles retrouvent la plus grande partie de leur mobilier.
9/ Je sais que certaines associations de soutien aux familles Roms, refusant de voir dans l’accompagnement une mesure acceptable, auraient souhaité que d’autres solutions (propositions de travail, de logement…) soient faites aux familles. C’est là que nous atteignons les limites de l’action d’une municipalité : il est impossible de s’engager dans de telles voies, sauf à pénaliser celles et ceux qui, régulièrement installés sur notre territoire, attendent eux aussi qu’une solution leur soit proposée. Je regrette que ces associations refusent de le comprendre.
Vouloir pérenniser une situation de précarité invivable pour les familles Roms n’a pas de sens. En l’absence de solution concrète, parce qu’il n’y en a pas à notre niveau, confrontée aux drames humains et à l’extrême complexité de ce dossier, notre équipe municipale a veillé à garantir la dignité des familles dans le cadre de ce que je considère comme la moins mauvaise des solutions.
Je remercie tous ceux qui, à la Mairie et dans les autres institutions, se sont impliqués et les assure de mon soutien. Avec eux, je reste évidemment attentif aux cas individuels qui pourraient encore se poser."
Maurice Vincent
Maire de Saint-Etienne