Saint-Etienne n'est pas la Roumanie et la Loire n'est pas qu'un fleuve PDF Imprimer Envoyer
Écrit par FI   
On a beau essayé de remettre les châteaux de la Loire à leur place, et  le Gros Plan du pays nantais et les Vins de Loire, rien n'y fait. Notre département porte son nom comme un fardeau. C'est ce qui ressort, pas seulement, d'une étude réalisée par "ACME Consultants" fin 2007-début 2008, et dont les conclusions ont été approuvées par le Comité Départemental du Tourisme de la Loire fin mai dernier. C'est à se demander s'il ne faudrait pas changer le nom de notre département...

Cette étude d'Image avait pour objectifs principaux, d'une part, de définir l’identité touristique du département; cette identité devant positionner la Loire comme destination reconnue au plan touristique, et donner les grands axes de la stratégie de communication pour la construction d'un plan d’action.

Elle constitue la première action de la 1ère des 4 orientations du schéma départemental de développement touristique de la Loire 2008-2012 :
1- Donner à la Loire une Image de destination touristique,
2- Structurer et qualifier l'offre touristique,
3- Engager une démarche marketing,
4- Conforter le Tourisme dans son rôle structurant des territoires

De l' étude de notoriété réalisé par BVA, via un omnibus sur 1010 personnes de 15 ans et +, il ressort que seulement 16 % des répondants ont des repères justes du département.  Près de 30 % font une confusion immédiate avec les châteaux de la Loire, la région nantaise, les vins de Loire et la moitié évoque un univers paysager générique du fleuve Loire sans éléments d’attribution spécifiques du département. Et pourtant, "on a des châteaux plus anciens que ceux de la Loire, un jalonnement historique très intéressant en de nombreux lieux (Charlieu…)", souligne la synthèse communiquée par le CDT. Et Le Corbusier !

Certains propos rapportés lors des interviews avec les acteurs externes (tours operators, agences de voyages, concepteurs de séjours) sur l’ensemble de la France, sont savoureux et témoignent d'une absence de notoriété fortement handicapante pour les concepteurs: “ J’ai envie de dire que c’est neutre, peut être un peu comme une campagne habitée ” (aucun élément d’aspérité n’émerge spontanément); “ Le gros point faible c’est que nos clients ne connaissent pas ” ou encore “ il faut communiquer pour que ça devienne une alternative ”. Le patrimoine naturel  de la Loire doit donc  mieux être "vendu dans ses aspérités", dans  sa diversité (Parc du pilat, Monts du Forez, etc).

A noter aussi une connaissance du département totalement dépendante d’un passage effectif dans celui-ci, en l'occurence une notoriété inexistante au-delà du football et de Saint Etienne. Seuls d’anciens résidents ou visiteurs arrivent à s’exprimer sur le département. Avec le plus souvent une vision parcellaire, limitée à la zone de visite. Lesquelles visites dans le département sont elles-même très liées à la présence de connaissances sur place. Ainsi, la moitié des visiteurs ont de la famille ou des amis dans la Loire. Une proportion qui grimpe à 60 % pour les 25/34 ans et à 86 % pour les ouvriers.

Et pourtant, le département recèle une "belle matière première". Patrimoine artistique, industriel, artisanal, naturel, humain, design, etc. Mais voilà, rapporte la synthèse " on [les professionnels du tourisme] ne sait pas comment la travailler."

L'étude met encore en avant un certain nombre d'handicaps de l’offre. En premier lieu, cette image résiduelle de “ ville sinistrée ” qui reste encore associée à Saint Etienne. Elle s'éternise vraiment. En 1969 déjà, Michel Durafour écrivait une lettre au journal Le Monde et dès ses premières lignes poussait "une gueulante": "Une certaine image de marque de la ville - maisons noires, crassiers en bordure des rues, tramways archaiques - date d'une époque révolue depuis longtemps ! Je me demande d'ailleurs si les choses ont jamais été telles ou si des romanciers les ont inventés ainsi à leur usage."  L'ancien député-maire aura peut-être entendu comme nous, il n'y a pas si longtemps, les Guignols de l'info moquer Saint-Etienne, en faire la Roumanie en France.  Toujours est-il que "Saint-Etienne ne joue pas encore positivement son rôle de ville phare au sein du département", note l'étude.

Il y aussi le fleuve Loire "peu valorisé et souffrant d’un manque d’aménagement." "La réconciliation des habitants avec leur fleuve est une étape nécessaire à la redynamisation du tourisme", peut-on lire. C'est primordial, puisque "Loire", le département, renvoie trop souvent au fleuve Loire.

En outre, l'offre touristique est rarement complète pour accueillir un visiteur en un lieu donné: "les 4 clés de la réussite, de l’assurance de la satisfaction du visiteur sont rarement présentes simultanément", à savoir Hébergement     +     restauration     +     centre d’intérêt     +     commerce local, services.

Autre point d'écueil, " un référencement insuffisamment travaillé sur Google". Ce n'est pas négligeable en effet puisqu' Internet est le seul support sans frontières qui permet une mise à jour constante des informations.

Le document que le CDT nous a transmis pointe encore du doigt les carences en signalétiques et notamment la faible signalisation routière du patrimoine architectural. Nous pouvons donner au moins un exemple qui nous semble flagrant. Rien, ou si peu, n'indique sur l'A72 ou la N82, depuis ou vers Saint-Etienne, la présence à Andrézieux-Bouthéon du château de Bouthéon. C'est pourtant un des joyaux du Forez.  Sans parler du manque d’indication des curiosités, des points d’hébergement, des restaurants...

Sur la base des points clés de l’identité du département tels  qu’ils ont été mis à jour, plusieurs axes de communication ont été suggérés à destination de 5 types de publics: les bobos, les familles avec jeunes enfants - le manque d'activités ludiques est aussi mise en avant - les retraités actifs, les couples "tendresse" - le Forez n'est-il pas le berceau du roman d'amour ?, les sportifs, groupes et scolaires). Ils sont tous sous-tendus par la même idée : La Loire est une terre de découvertes originales et diversifiées.

A suivre...