Selon le bilan environnemental dévoilé mardi 28 août, la Coupe du monde de rugby, qui débutera le 7 septembre prochain, devrait être responsable de l'émission de 570 000 tonnes de CO2, le principal gaz à effet de serre.
570 000 tonnes de CO2, en 45 jours de compétition, c'est autant que les émissions annuelles de ce gaz par les Iles Samoa, un des pays participants. Selon l'Agence De l'Environnement et la Maîtrise de l'Energie (ADEME), l'organisation du tournoi à elle seule va générer 46 000 tonnes équivalent CO2, soit 8% des émissions totales. 84% des émissions totales seront dues au déplacement des personnes. La consommation totale d'énergie dans les 12 stades pour les matches de la compétition (4, 7 millions de kWh) correspond à 73.000 ampoules de 60 W allumées sans interruption pendant la compétition.
Afin de réduire l'impact écologique de cet évènement sportif, l'ADEME a proposé un Programme Environnement axé sur la lutte contre le changement climatique qui se décline en deux axes pratiques:
- Mise en oeuvre d'actions concrètes pour limiter les émissions et les impacts
- Développement d'une campagne de communication et de sensibilisation
Sur le plan énergétique, Saint-Etienne Métropole, associé à des partenaires, vient de finaliser la mise en place de 2 600 m² de panneaux photovoltaïques sur une partie de la toiture de la tribune Pierre-Faurand du stade Geoffroy Guichard, créant ainsi la plus importante installation photovoltaïque de France métropolitaine. Associé à l’ensemble de son action en faveur d’un développement durable formalisée dans le cadre de son agenda 21, Saint-Etienne Métropole entend via ce projet participer à la lutte contre le réchauffement climatique par le développement des usages et de la production des énergies renouvelables, en l’occurrence ici le photovoltaïque. Grâce à ses 800 plaques, ce sont 70 tonnes de CO2/an qui devraient être épargnées à la planète.
Outre l'ADEME qui participe à hauteur de 100 000 euros (avec des crédits européens) sur l'investissement total du projet (1 845 000 euros HT), cette initiative atypique est le fruit d'un partenariat entre Saint-Etienne Métropole, le groupe Tenesol, la Caisse des Dépôts, EDF et la région Rhône-Alpes.
Tenesol (filiale des groupes Total et EDF, spécialisée dans l'électricité photovoltaïque) avec ARSELOR a développé le module ARSOLAR (bac acier photovoltaïque) adapté à la réalisation de cette toiture photovoltaïque de grande taille. "Cette opération est exemplaire, a indiqué le Directeur Général de Tennessol, parce qu'elle est née d'un partenariat avec les collectivités. Aussi parce qu'elle a été montée en seulement huit semaines et qu'elle est la première de cette taille à proposer un produit innovant qui répond aux soucis de l'intérêt bâti ."
Cette opération est aussi la première soutenue par la Caisse des Dépôts sur le territoire métropolitain, après une première expérience menée sur l'île de la Réunion. La société qu'elle a fondée avec le groupe Ténésol assure les deux tiers de l'investissement et prend en charge la maintenance de l'exploitation pendant vingt ans. Elle perçoit le revenu de revente de l'électricité à EDF. Par l'intermédiaire de ce bail, la communauté d'agglomération, propriétaire du stade, met à disposition la toiture et investit 214 300 euros. Au terme du bail, elle deviendra propriétaire de l'installation.
L'accompagnement d'EDF sur ce projet s'inscrit pour sa part dans le cadre d'un partenariat de longue date avec l'agglomération stéphanoise, visant à un développement territorial respectueux de l'environnement. Sa participation s'élève à 100 000 euros. Elle achètera l'énergie produite pour la réinjecter sur le réseau publique.
La Région enfin, qui peut se flatter d'être parmi les plus dynamiques dans le domaine de la maîtrise de l'énergie et du développement durable, devrait participer également à hauteur de 100 000 euros.
La puissance de la centrale est de 216 750 Wc. Il est prévu de produire environ 205 000 KWh/an, en comptant sur 955 heures d'ensoleillement. Les recettes attendues sont de de 112 987 euros/an mais les résultats d'exploitation devraient arriver à équilibre la onzième année, pour une rentalité globale assez faible.
Le principe
L’énergie électrique photovoltaïque résulte de la transformation directe de la lumière du soleil en énergie électrique par l’intermédiaire de cellules semi-conductrices. Raccordées entre elles, elles produisent un courant qui, une fois ondulé, a les caractéristiques du courant EDF et, à ce titre, peut être injecté dans le réseau. L’innovation technique réalisée ici à grande échelle consiste à la réalisation d’une centrale photovoltaïque par l’installation sur la tribune ouest d’une couverture en bac acier photovoltaïque « standard », où les cellules semi-conductrices sont intégrées en usine dans la partie creuse de l’onde d’un bac-acier traditionnel.
Les systèmes proposés au stade sont les systèmes de la gamme Ténésol : Connectis – Arsolar, gamme complète offrant des générateurs standards et modulables de façon à obtenir la puissance souhaitée. L’intérêt de ces systèmes est qu’ils ont été mis en oeuvre dans un souci d’optimisation des branches de modules sur les onduleurs. On est ainsi certain d’obtenir la puissance maximale compte tenu des capacités des onduleurs.
Les panneaux seront raccordés au réseau basse tension et l’énergie produite sera revendue à EDF au tarif légal (2007) de 0,55 centimes d’€ par KWH, s’agissant d’une technique intégrée à l’architecture.
Fonctionnement et perspective énergétique au stade Geoffroy-Guichard
Jusqu’à présent, le stade consommait une énergie électrique variant autour de 1 300 000 KWH par an pour un budget de 114 929 € TTC. Cette énergie était consacrée au chauffage et à l’éclairage des locaux administratifs et techniques, ainsi qu’aux espaces réceptifs. Ceci, hors éclairage du terrain puisqu’une installation autonome est consacré à cet usage sensible. Parallèlement à l’installation de la centrale photovoltaïque, Saint-Etienne Métropole a engagé plusieurs actions visant à réduire la consommation d’énergie :
La première action déjà engagée consiste en la réintégration des activités entourant les compétitions dans le bâtiment et d’abandonner la structure provisoire installée dans la cour d’entrée. Ainsi, un chapiteau de 450 m2 utilisé pour l’accueil de V.I.P. lors des matchs a été démonté cet été. L’accueil se réalise désormais dans des salons nouvellement aménagés au 1er étage, en lieu et place des bureaux occupés par le club, réimplantés sur le site du club à l’Etrat. Le chauffage de ce chapiteau était assuré par 9 aérothermes électriques de 15 KW, utilisé environ 25 fois par an en pleine puissance durant 5 heures ainsi que tout l’hiver en fonctionnement hors gel. L’économie d’énergie escomptée se chiffre, à environ 120 000 KWH par an.
La deuxième action envisagée, se traduira par une formation complète des utilisateurs à la conduite du système de gestion centralisée, de façon à optimiser l’utilisation et le chauffage des locaux. Le diagnostic énergétique réalisé en collaboration avec l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) et la région Rhône-Alpes permettra ensuite de mettre à jour les autres sources d’économie. L’engagement des actions issues de cette analyse sera planifié à court terme pour les plus légères en termes d’investissement. Une autre série d’actions sera conduite dans le cadre du projet d’augmentation de la capacité du stade et des divers aménagements qui seront alors entrepris.
Parallèlement, dans le cadre de la coupe du monde rugby, une mise en lumière des quatre façades du stade, d’une puissance totale de 36 KW, essentiellement à partir des diodes électroluminescentes, système économe en énergie, est engagée, pour une durée d’utilisation de 1 000 heures par an soit environ 36 000 KWH.